PRÉFACE XV
grandes hypothèses, soit les textes sacrés, soit les documents nouveaux de l'histoire des religions. M. Franck est resté un philosophe surtout préoccupé d'idées générales, et un critique d'une école qui tend à disparaître, peu complaisante aux nouveautés contestables, et plus disposée à défendre les résultats acquis qu'à s'aventurer dans la mêlée des plus récents systèmes. Il a mis son rare talent d'exposition, si clair et si limpide, au service des spécialistes de l'orientalisme; il a jugé, discuté, vulgarisé leurs travaux ; il les a fermement avertis ; il leur a signalé certains périls ; il a rapproché, comparé les solutions, fixé l'indiscutable, dégagé le vraisemblable, éliminé le paradoxe et la fantaisie. Il est difficile d'analyser avec plus de netteté, de tirer plus logiquement les conséquences des choses, de faire entre les époques et les croyances des parallèles plus suggestifs, de mieux extraire des textes la leçon philosophique ou morale. Surtout, que d'occasions heureusement saisies pour faire plus exactement connaître le judaïsme, pour en marquer, en traits profonds, le
caractère et le génie ; pour exposer la législation du peuple juif, pour fixer la physionomie vraie des Pharisiens, des Esséniens, des Sadducéens ;