‹ Nouvelles études orientalesChapitre 37 sur 99 · Év. 8. Math, ch.v, v · texte numérisé non relu

Év. 8. Math, ch.v, v

dans un sens mystique, ces paroles avaient été généralement comprises dans un sens matériel.

Puisant toutes ces citations dans les prophètes et non dans le Pentateuque, s'exprimant par paraboles et annonçant le jour de la délivrance, Jésus, comme le montre M. Derenboui^, parle la langue des hagadistes, mais il est impossible de le considérer, comme l'un, fût-ce le plus grand, d'entre eux. En effet, il ne se contente pas de faire espérer l'apparition prochaine du Messie, il veut qu'on croie qu'il est venu et qu'on le reconnaisse dans sa personne. Encore ne lui suffit-il pas qu'on voie en lui le Messie, fils de David, que promettent les livres prophétiques, il a sur la divinité et sur ses rapports avec elle des idées particulières, qui furent nécessairement un sujet d'étonnement et de scandale pour la synagogue officielle .

il reste encore beaucoup à dire à la libre critique sur la nature et sur l'origine de ses idées. Une telle question ne pouvait être traitée incidemment dans une histoire générale de la Palestine, et M. Derenbourg a sagement fait de l'éviter. Mais il est parfaitement dans son sujet et dans son droit lorsqu'il montre que

les représentants de la synagogue officielle dans le Sanhédrin de ce temps-là, c'est-à-dire les juges qui ont condamné Jésus, étaient, non des Pharisiens, mais des Sadducéens, non des docteurs, mais des prêtres présidés par un pontife avili. Il n'y a que des Sadducéens qui pussent procéder, en matière pénale, avec cette célérité et cette rigueur. Il n'y a qu'un calife, un grand prêtre dévoué à la domination étrangère, un membre de la famille vénale et corrompue de Hanan, qui pût être le bras et la tête d'un pareil tribunal. Les Pharisiens, au contraire, les docteurs de la loi, avaient horreur du sang et de la peine de mort. Leur indépendance et leur amour de la justice les firent bannir de l'assemblée qu'ils illustrèrent si longtemps par leurs vertus et leurs sciences; et, lorsque sous le règne d' Agrippa, leur protecteur, ils y rentrèrent un instant, ce sont eux qui, par les sages paroles de Gamaliel, firent remettre en liberté les apôtres accusés de blasphème et menacés du dernier supplice. Mais l'histoire est restée pour eux aveugle et implacable, et il est rare que ceux-là qui se piquent de libre pensée aient la force de se mettre au-dessus d'une iniquité si invétérée.

TRAITÉ DES BERAKHOTIl

Traduit, du Talniad, par Moïse Schwab.

Nous possédons depuis nombre d'années des versions françaises des Védas, des lois de Manou, du Zend-Avesta, du Coran, les livres classiques de Gonfucius, des plus importants parmi les livres canoniques du bouddhisme. Seul, parmi les monuments religieux de l'Orient, le Talmud, à part quelques fragments, n'a encore été traduit ni dans notre langue, ni dans aucune autre langue européenne. Et cependant il n'y en a pas qui intéresse plus directement les peuples chrétiens. Les traditions qui en font la base ont pris naissance au moins deux siècles avant le christianisme et se sont développées en même temps que lui pendant cinq ou six cents ans. Ce sont ces traditions qu'on voit à chaque instant mentionnées dans l'Évangile et

dont la connaissance est souvent nécessaire pour le comprendre. Les paraboles et les proverbes du Talmud ont une étroite parenté avec ceux qui nous ont été transmis sous le nom de Jésus, et il n'y a pas jusqu'aux expressions, aux métaphores et aux tournures rie phrase les plus habituelles du Talmud, qu'un œil un peu exercé ne reconnaisse dans le texte grec et latin du Nouveau Testament.

Ce n'est pas que le Talmud ne tienne depuis longtemps une très grande place dans les controverses théologiques et dans les recherches de l'érudition. Les uns, comme Wagenseil, Eisenmenger, l'abbé Chiarini, y ont cherché des arguments en faveur de la persécution, et, grâce à certains passages tronqués et envenimés par une interprétation malveillante et choisis avec soin dans ce chaos d'opinions contradictoires, la plupart dépourvues de toute autorité, ils atteignaient assez facilement leur but. Les autres, comme Buxtorf, dans son Lexicon Talmudicum, Jean Bodin, dans la Mépublique, et Jean Selden, dans ses nombreux et substantiels écrits sur le droit hébraïque, se sont contentés d'en expliquer ou d'en résumer quelques parties, celles qui excitaient le plus leur curiosité

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de savauc,uu qui se rattachaient à l'objet de leurs études habituelles. D'autres, enfin, tout récemment, Font exploré au profit de la géc^raphie et de rhistoire ou en ont tiré des monographies instructives et intéressantes. Nous avons rendu compte nous-mêmes de deux remarquables ouvrages de MM. Derenbourg et Neubauer.

Ces travaux ne sont pas les seuls dont les lois traditionnelles du judaïsme aient été Tobjet. A la fin du xvi^ siècle, un savant hollandais, un savant chrétien, Surenhusius, a traduit en latin la Mischna^ dont une traduction allemande a été publiée dans la seconde moitié du xviii* siècle *. Mais la Mischna n'est pas le Talmud, elle n'est que le texte des discussions talmudiques conservé à l'état de tradition orale par les plus anciens docteurs, de ceux qu*on appelle les pères de la Synagc^ue, jusqu'au moment où, pour le sauver de l'oubli, on jugea nécessaire de l'écrire. Ce travail de rédaction, probablement commencé avant lui, a été terminé vers Tan 219, par Juda le Saint. La langue qui y est employée est l'hébreu proprement dit, à peine altéré par le temps, et n'offre

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