VI PRÉFACE
allemand, qui nous instruisait sans nous captiver, qui refroidissait notre zèle et nous faisait descendre d'une température à une autre.
Mon intention n'est pas de refaire ici la biographie de M. Franck. Des voix éloquentes s'en sont chargées, quand nous l'avons perdu. Je rappellerai seulement qu'à son retour d'Italie il ne remonta que pour peu de temps dans sa chaire du collège Charlemagne. Agrégé de Faculté, après avoir été reçu le premier à l'agrégation de philosophie, il était suppléant à la Sorbonne en 1843, et membre de l'Institut, un an après, à trenle-cinq ans, à la suite de la publication de son livre fameux, la Kabbale.
Nous n'avons pas encore prononcé jusqu'ici le nom de Victor Cousin. Est-il possible de le passer sous silence? C'est à cet arbitre de la philosophie d'alors que M. Franck a dû, comme quelques autres, sa rapide fortune; et le temps n'a ni rompu, ni même relâché le lien qui les unissait, formé, d'un côlé, de protection toujours un peu hautaine, mais franchement sympathique, de l'autre, de condescendance reconnaissante. Oui, c'est un trait particulier à M. Franck d'être resté fidèle jusqu'au bout, sinon à toutes les idées de