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vet, Tamour de la vérité, que lui-môme nous signale la plupart de ces passages, et que, ne résistant pas à leur éloquence, il finit, non par se rétracter, mais par transiger avec luimême, a A force, dit-il, de remplir son imagination de la grandeur de son Dieu, Israël arrive jusqu'au monothéisme, je ne dis pas au monothéisme philosophique, mais à quelque chose qui en approche*. » Mais les prophètes hébreux ne sont ni des théologiens ni des philosophes, et c'est cela même qui fait leur originalité et leur puissance, aux images, aux visions, aux élans de la passion, ils mêlent sans cesse les plus profondes intuitions de la pensée. Ils nous défendent de nous représenter Dieu par aucune chose visible, et ils nous le montrent dans leurs discours, inclinant les cieux pour descendre, assis sur les nuages comme sur un trône, faisant de la terre l'escabeau de ses pieds, remplissant le temple des plis de sa robe, couvrant de sa main, pendant qu'il passe devant lui, caché derrière un rocher, le visage de Moïse, et ne se laissant voir que par derrière. Ils confondent les temps, les lieux, les formes du langage, et l'on
s'expose avec eux à de graves mécomptes dès qu'on veut leur imposer les règles de la logique et de la grammaire. Les autres points sur lesquels je suis en dissentiment avec M. Havet et qui seront contestés, j'en suis sûr, par la presque unanimité des critiques contemporains, i^euvent se ramener à un seul : ce sont les dates relativement récentes qu'il assigne à toutes les parties de l'Ancien Testament, c'est l'extrême jeunesse dont il dote tous les livres du canon hébreu.
A l'en croire. Moïse n'aurait rien laissé que les Dix Commandements. Des cinq livres qui portent son nom et qui forment le Pentateuque ou la Loi, les quatre premiers auraient été rédigés par Esdras au \® siècle avant notre ère, et le dernier, celui qu'on appelle le Deutéronome ou la seconde Loi (Mischna tora), n'aurait vu le jour qu'à l'époque où la Judée était sous la domination des rois macédoniens, moins de trois siècles avant l'ère chrétienne. Les prophéties d'Isaïe, de Jérémie, d'Ezéchiel, en un mot les grands prophètes, qui ne sont pour lui que des pseudonymes, il les fait descendre jusqu'au temps des Séleucides, j usqu'au règne d' Antioehus Épiphane * .