‹ Nouvelles études orientalesChapitre 77 sur 99 · Page · texte numérisé non relu

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ses fruits. Faut-il en conclure que cette partie de la Genèse n'a été rédigée qu'après l'exil de Babylone, d'après la même tradition, qui, dans le Zend-Avesta, a inspiré le Boun-Dehesch? Cela est possible, j'irai jusqu'à dire que cela est probable; on ne pourrait le démontrer. Mais qu'elle soit d origine étrangère et que pour cela même elle soit restée sans influence sur l'esprit et sur la vie du peuple hébreu, voilà ce qui paraît incontes t<ible.

Dans les dogmes secondaires de TAncienne Alliance, l'œuvre du temps, le travail de transfiguration ne sont pas moins manifestes que dans les croyances fondamentales. Les anges n'y jouent d'abord qu'un rôle effacé ou ne sont que dos figures sous lesquelles, dans des circonstances passagères. Dieu se rend visible aux hommes Peu à peu ils acquièrent une existence distincte, ils deviennent les ministres de Dieu sans attributs bien définis, et enfin ils sont rangés par classes, par catégories, par légions, ils forment une hiérarchie, une armée céleste où chacun a sa fonction invariable. Les ujfis, comme les séraphins de la vision dlsaïe, chantent les louanges du Très- Haut. D'autres vont porter ses messages aux ser-

viteurs qu'il s'est choisis sur la terre. D'autres sont préposés à la garde des différents peuples. Ils portent des noms en harmonie avec leurs ministères respectifs : Michaël, c'est le grand prince; Raphaël, c'est l'ange de la guérison. Daniel nous parle du prince de la Perse et de celui de la Grèce. Plus tard, sous le règne de la tradition, ils administrent, si Ton peut ainsi parler, par délégation divine, toutes les parties de l'univers.

Le démon aussi à son histoire. Dans la Genèse il nous apparaît sous la forme symbolique du serpent. Mais ce symbole, encore une fois, est d'origine étrangère, il nous rappelle la couleuvre dont Ahriman, dans le Zend-Avesta, revêtit la forme pour séduire nos premiers parents. C'est le livre de Job qui nous le présente pour la première fois dons son costume biblique. Alors il s'appelle Satan, c'est-à-dire Tadversaire, le contradicteur. Ce n'est pas do Dieu qu'il est l'adversaire, car il se présente devant lui ])ourlui rendre hommage avec les autres anges du ciel avec les hulvQ^ Enfants de Dieu, et il obéit docilement à ses ordres.

11 est l'adversaire, le contradicteur de l'homme, non pas du genre humain pris en masse, mais

de tout homme en particulier à qui l'on attribue quelque vertu. Il semble avoir la charge d'accusateur public et de juge d'instruction avec le pouvoir d'éprouver les accusés. C'est ainsi qu'on lui donne la permission de faire soufiFrir Job pour éprouver sa piété. Plus tard, à la suite du rapprochement qui s'établit entre la Judée et la / Perse, il devient un plus grand personnage, non pas précisément l'égal, mais l'ennemi de Dieu, son adversaire personnel, et par suite l'ennemi du genre humain. Il n'a pas concouru, comme Ahriman a concouru avec Ormuzd, à créer le monde ; il se borne à le corrompre et à lui infiltrer son venin qui est le péché.

Voulant cependant lui donner une origine conforme à sa puissance, on en a fait, par une fausse interprétation d'une métaphore d'Isaïe, un archange rebelle. On a placé sous ses ordres une armée de serviteurs aussi nombreuse que celle des anges, et à laquelle la mythologie de la Perse a fourni un fort contingent. Ainsi le fameux Asmodée est le môme personnage qu'un démon féminin du Zend-Avesta, dont le nom est Aschma- Dewa.

La croyance au Messie ne s'est pas non plus

formée en un jour et n'a pas été dans l'origine ce qu'elle est devenue, je ne dirai pas sous l'empire de la tradition et de la dispute des écoles, mais vers la fin des temps bibliques. Le nom hébreu dont nous avons fait Messie (Meschiah)y et dont le grec Christos est la traduction exacte, signifie simplement un homme dont le front, en signe d'élection, a reçu l'huile sainte, ronction sainte. Il est synonyme de roi, et il ne s'applique pas seulement aux rois de Juda et dlsraêl, mais aux rois païens qui exécutent la volonté de Dieu. Isaïe le donne à Cyrus. Qu'y a-t-il donc d'étonnant à ce que plusieurs passages des prophètes, dans lesquels on fait allusion à un futur libérateur, ne puissent s'entendre que d'un prince de la dynastie nationale de David ? Qui donc, si ce n'est un homme, un prince terrestre, se chargera, selon les expressions d'Isaïe^ de rassembler les restes dispersés d'Israël, de réconcilier la maison d'Ephraïm avec celle de Juda et de les conduire toutes deux contre les ennemis du dehors, contre les Philistins, et contre les enfants d'Edom et de Moab? Mais il y a d'autres passages, plus nombreux peut-être, où il ne peut être question que

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