Nouvelles études sur la restauration juive après l'exil de Babylone
Nous savons que ce n’est pas toujours en se prolongeant que les discussions se rapprochent de leur terme. Si nous n'avions eu qu'à défendre, contre des objections qui ne nous auraient
point paru fondées, les conclusions auxquelles nous avaient
conduit nos études antérieures sur la Restauration juive après
l'exil de Babylone, nous eussions préféré attendre, sans rentrer
en lice, le verdict impartial de la critique. Cette attente rési-
gnée est de mise, là surtout où les données des problèmes à résoudre sont à la fois trop compliquées et d’un caractère trop délicat pour que l'accord puisse s'établir du premier jour, et assez abondantes pour permettre qu’on laisse au temps luimême le soin de dissiper les hésitations (1).
Nous avons cru cependant devoir reprendre à fond l'étude
de notre sujet. C’est que, cette fois comme dans une occasion
antérieure, nous avons eu à soumettre à un examen attentif
des théories nouvelles et d'apparence parfois séduisante, tou-
chant lesquelles nous ne pouvions espérer avoir suffisamment
indiqué les éléments d'appréciation dans nos travaux précédem-
ment publiés.
(1) Néhémie et Esdras, 1890 p. 6 s.
Nous n'avons pu, sans doute, nous abstenir bien souvent de.
rappeler des considérations que nous avions déjà ne Ke de ailleurs. Plus d’une fois même nous nous sommes vu dans l'obli- mur gation de les exposer avec un surcroît de détails. Nous espé- sûr
rons toutefois nous être borné en ceci à ce que les exigences
d’une discussion sérieuse et objective réclamaïent de notre part.
Aussi est-il à peine besoin de prévenir le lecteur que le présent ouvrage n’est pas destiné à remplacer, pour l'ensemble, nos.
dissertations précédentes sur le même sujet. Il ne fait, au con- |
traire, à plusieurs égards, que les compléter.
Peut-être pourra-t-on nous reprocher d’avoir fait, çà et là, | la part trop large à la critique de certaines opinions isolées. Cependant, si l'on veut sous la forme considérer le fond, on
reconnaîtra, croyons-nous, que nous n’en sommes pas moins.
resté fidèle à ce principe, que l'intérêt relatif de la polémique doit toujours rester directement subordonné à l’intérêt plus
absolu de la vérité à rechercher et à mettre en lumière. Nous
nous sommes efforcé, en tout cas, de garder ce principe
comme notre règle.
Lorsque la seconde édition (1895) de la Jsraetische und
Jjüdische Geschichte de Wellhausen nous est parvenue, notre -
ouvrage était terminé et les deux premières parties en étaient
entièrement imprimées. Partout où le livre du critique allemand
est cité sans indication de l'édition, c’est la première (1894).
qui est visée. Dans la seconde, en dehors des questions pour
lesquelles nous avons pu en tenir compte, nous n’avons guère à relever d'ailleurs que l'avis exprimé par l’auteur touchant la hste des familles juives renfermée aux chap. II d’Esdras et VII
de Néhémie. Cette liste ne représenterait en aucune manière le
dénombrement des Juifs revenus de la captivité sous le règne
de Cyrus ; ele serait + au Aou un état de F population de la
province palestinienne à à une époque plus récente ; « das erhellé, dit. Wellhausen, aus der Ueberschrift, aus den Wohnorten,
aus der hohen Gesammisumme und aus den Darihken » (1). Com-
parez, pour la question prise dans l'ensemble, le $ 2 de la
première section de nos Nouvelles études (2) ; pour ce qui regarde en particulier l'inscription qui figure en tête de la liste, p. 32,
34, 35, 36 s., 64; pour les localités qui y sont mentionnées,
p. 180 s. nof. 2 ; pour le chiffre élevé du total p. 40-66 ; pour les dariques, p. 148 ss., coll. pp. 35 s., 37 s., 261 ss.
Louvain, 21 J anvier 1896.