II. Rome, 18 avril
Moi, soussigné, atteste qu’en 1867 je me trouvais
à Albano au moment où le choléra y fit de si terribles ravages, et étant alors préfet au Collège Nazaréen, Je fus témoin oculaire du fait suivant : tandis que le fléau décimait la mallicurciise population d’ Albano, à un tel point que tous ceux qui en étaient atteints, sauf de très-rares e.xceptions, suc-
combaient bientôt à leurs atroces souffrances, le Collège Nazaréen, composé de 80 individus, grâce au traitement de l’éthiops minéral, fut miraculeusement épargné.
Sur 18 individus atteints du choléra, un seul, auquel le sulfure noir de mercure ne fut pas administré, mourut au bout de quelques heures.
Annibalb Jacoboni.
III. A. M. le Docteur Socrate Cadet j Professeur de physiologie à V Université romaine.
Le soussigné, chev. professeur G. B. Gioia, directeur des écoles anglaises de Tunis, atteste par la présente qu’il a administré, durant le choléra qui affligea la régence dans la seconde moitié de 1 867, et cela d’après les conseils de son excellent ami le docteur Baldassare Ferri et conformément à ses prescriptions, l’éthiops minéral ou sulfure noir de mercure à doses préventives et curatives à plus de cent soixante enfants des deux sexes, tous élèves de nos écoles, d’un âge variant de 8 â 20 ans.
Il atteste, en outre, d’avoir administré ce remède durant la même période de temps â une centaine de personnes adultes, des deux sexes, en grande partie parents ou amis des élèves susdits.
Il atteste finalement que parmi ceux auxquels il administra l’éthiops minéral comme médecine préventive, aucun ne fut atteint du choléra, et que de ceux au.xquels il le fit prendre comme curatif, 'un seul, un vieillard dont les forces physiques étaient déjà éteintes par l’âge, f ut emporté par le fléau j le-
quoi, dans un Etat qui compte à peine un million d habitants entre chrétiens, juifs et musulmans, fit, en moins de six mois, plus de 50,000 victimes.
G. B. Gioia.
Nous soussignés, professeurs de langue arabe et hébraïque au collège anglais dirigé par M. le chevalier G. B. Gioia, attestons que le certificat qui précède ne contient que la pure et exacte vérité, ayant été nous-mêmes témoins oculaires du traitement par l’éthiops minéral ordonné par le directeur susnommé et des merveilleux résultats obtenus par ce remède si efficace pour prévenir et combattre le choléra asiatique.
Tunis, 18 juin 1869.
ISACCO Bona,
Professeur de langue hébraïque. •
Giuda Tobia,
Professeur de langue arabe.
(Ces deux documents ont été publiés par le journal florentin la dans son numéro du 4 avril 1869.)