‹ Nouvelles études sur le choléra asiatiqueChapitre 5 sur 6 · IV. A M. le professeur Socrate Cadet · texte numérisé non relu

IV. A M. le professeur Socrate Cadet

Tunis, 13 avril 1869.

Monsieur,

Bien que vous n’exigiez pas de moi une prompte réponse, je tiens, cependant, vu la gravité de la question, à vous répondre immédiatement. Qu'y a-t-il en effet de plus sérieux pour des philanthropes que de répandre le plus vite possible, et pour le bien de rimmanité, cette opinion appuyée sur les faits et affirmée par l’expérience, que le choléra, combattu à temps par le sulfure noir de mercure,

cesse d’être ce fléau destructeur si redouté des populations, pour entrer dans la catégorie des nombreuses mal îdies que la science sait guérir et faire disparaître avant qu’elles ne puissent produire de funestes conséquences.

Pour répondre à ceux qui paraissent désireux de connaître le nombre des personnes qui (parmi les 260 auxquelles j’administrai l’éthiops minéral) furent atteintes du choléra et que je vis se rétablir parfaitement, grâce à cet anticholérique par excellence, et venir me remercier eorum cum pedihus, je dirai que ce nombre s’éleva à soixante à peu près, ayant administré l’éthiops préventivement aux deux cents autres.

Qu’il me soit permis d’ajouter ici que si le nombre des personnes auxquelles j’administrai l’éthiops comme remède préventif est trois fois plus considérable que l’autre, cela ne saurait prouver que le sulfure noir de mercure soit peu efficace comme curatif contre le choléra, car en considérant que des 200 personnes qui prirent l’éthiops à doses préventives, aucune ne fut atteinte par le fléau, on reste convaincu que tout en étant le remède préférable quand le choléra s’est vraiment déclaré ou qu’il existe des symptômes plus ou moins manifestes de la maladie, l’éthiops minéral possède une efficacité anticholérique si évidente qu’il sera bientôt reconnu et admis par tous les savants praticiens du monde comme le remède préventif le plus puissant contre le choléra asiatique.

G. B. Gioia.

A M. le docteur Socrate Cadet, professeur de physiologie etc.

Moi soussigné, Giovanni Neri, atteste que : ayant eu l’occasion de lire dans V Osservaiore romano, ainsi que dans la Corrispondenza scientifica di Roma, les remarquables articles de M. le professeur Socrate Cadet, indiquant le sulfure noir de mercure comme un remède souverain contre le choléra, soit comme préservatif, soit comme curatif du terrible fléau, et les savantes observations du célèbre professeur m’ayant pleinement convaincu de son efficacité, je m’empressai, lors de la terrible invasion du choléra à Rome em 1867, de l’adopter comme préventif à l’égard de ma famille, et cherchai à persuader à tous mes parents et à tous mes amis fl’en faire usage, en l’administrant souvent moi-même à l’occasion ; et j’eus la satisfaction de voir que de tous ceux qui avaient suivi mes conseils aucun ne fut atteint par le fléau ; une seule de mes parentes qui avait négligé d’en prendre et d’en administrer à sa propre famille fut gravement atteinte, mais elle triompha cependant de la terrible maladie, en prenant en trois fois 72 grains d’éthiops minéral ; un de ses fils (enfant de 11 ans), ayant éprouvé les premiers symptômes cholériques, avala immédiatement 18 grains du précieux remède qui suffirent à faire cesser ses souflrances et le guérirent ipso facto.

Ceci n’étant que la pure vérité, je crois de mon devoir de l’attester par la présente, persuadé de rendre par là un immence service à riiumanité, en conseillant en outre aux pères de familles de recourir sans hésitation à ce remède aussi économi-

que que sûr dans le cas d’une nouvelle invasion cholérique à Rome.

Rome, 15 mars 1869.

Giovanni Neri.

Moi soussigné, docteur Filippo Rocchi, chirurgien en chef de l’hôpital San Giacomo, déclare avoir obtenu les plus heureux résultats à Rome en 1867, et notamment à la caserne des dragons pontificaux à la Pilotta, dont j’étais le chirurgien major, en administrant le sulfure noir de mercure ou éthiops minéral aux individus alteints par le choléra; j’avais, en effet, donné la consigne aux brigadiers de ce corps d’administrer une dose du précieux remède à tout individu pris de diarrhée; il en résulta que, non-seulement aucun d’eux n’eut besoin d’être transporté au lazaret militaire, mais que les symptômes de la terrible maladie cessèrent bientôt comme par enchantement.

Rome, 18 octobre 1870.

Docteur Filippo Rocchi,

Giirurgien en chef de l’hôpital San Giacomo.

F»FlO F* O s ITI O N

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