‹ Nouvelles études sur le choléra asiatiqueChapitre 6 sur 6 · POUR PRÉSERVER L’ITALIE DE LA PESTE CHOLÉRIQDE · texte numérisé non relu

POUR PRÉSERVER L’ITALIE DE LA PESTE CHOLÉRIQDE

A M. le chev. comte Girolamo Orsij docteur-médecin, rapporteur de la Commission nommée, dans ce but, par le 7"^“ Congrès général de l’Association médicale italienne, réunie à Rome au mois d’octobre 1871.

En présence des faits et des désordres déplorables qui, à l’époque des différentes invasions cholériques eurent lieu en Italie et particulièrement en Sicile et en Calabre, et concoururent à augmenter le nombre des victimes de la contagion, tandis que, dans le Milanais, par exemple, de pareils excès étaient inconnus en raison du bon sens de la population, habituée à entendre les récits du comte Alessandro Manzoni, et à n’attribuer le choléra qu’à des causes de l’ordre naturel, il serait opportun, croyons-nous, d’éclairer à ce sujet l’esprit des provinces retardataires de toute la péninsule, au moyen de l’histoire et de publications populaires.

En outre, si l’idée proposée par Antonio Vallisneri, au commencement du siècle dernier, de combattre les maladies pestilentielles au moyen du plus puissant et en même temps du plus inoffensif des parasiticides (comme il disait très-bien, dans cette persuasion, basée sur une induction rai-

sonnée, qu’elles étaient produites par la présence de corps organiques parasitiques); si cette idée était généralisée parmi nous, comme elle est admise et proclamée par un grand nombre de nos collègues, non pas a priori, mais à la suite des résultats merveilleux qu'ils ont obtenus dans les maladies pestilentielles de toute nature, aussi bien celles qui affligent l’humanité que celles des animaux domestiques, il me semble que dans le cas où notre patrie serait encore menacée d’une nouvelle peste cholérique, on pourrait, tout en conservant scrupuleusement les lois sanitaires actuelles, leur adjoindre les mesures suivantes :

1° A toutes les frontières de notre territoire et dans tous les ports, villes ou villages accessibles par mer, il existerait toujours d’abondantes provisions du meilleur sulfure noir de mercure;

2° Le cas échéant, tout individu, quel qu’il soit, qui voudrait entrer en Italie, serait obligé, avant de passer outre, d’avaler, en présence de l’autorité locale, une dose proportionnée de ce sulfure (par exemple, 1 gramme 50 centigrammes, si on avait affaire à un adulte) et d’en emporter avec soi trois autres doses avec le certificat prouvant qu'il a satisfait à cette prescription sanitaire. Quiconque se serait soustrait à cette importante mesure devrait être irrémissiblement somms à la sévérité de la loi.

3° Si l’individu venait de contrées suspectes ou, pis encore, de pays déjà envahis par le fléau, il devrait, durant la quarantaine, prendre ce même remède, soit comme préservatif, soit comme curatif, et, une fois la quarantaine terminée, il serait obligé

d’emporter avec soi six autres doses de sulfure noir de mercure, toujours muni du certificat en question. Quiconque se serait soustrait à l'exécution de cette mesure sanitaire serait irrémissihlement abandonné aux rigueurs les plus sévères de la loi; et cela à l’égard de ceux venant de l’étranger.

Quant à l’intérieur :

4° Il serait rédigé, avec la plus grande clarté possible, une courte brochure destinée à éclairer les populations sur les premiers symptômes du choléra indostanique, symptômes connus sous le nom de prodromiques ou précurseurs. Toutes les communes de l’Etat seraient obligées d’en acheter un certain nombre d’exemplaires et devraient faire en sorte, sous peine de la plus grave responsabilité, que ce petit livre pénétrât chez tous ceux qui, ayant de nombreux domestiques, hommes de peine ou autres, seraient capables de la leur expliquer, afin que, si ces derniers venaient à être surpris par ces symptômes, ils puissent prévenir immédiatement leurs maîtres ou, en leur absence, avaler sans hésitation la médecine susdite, en les prévenant ensuite le plus vite possible.

o° Les communes devraient prendre les mesures nécessaires pour cjue chaque maître, chaque propriétaire, etc., fût suffisamment pourvu d’éthiops minéial pour pouvoir en fournir à tous ceux qui dépendent de lui ou le leur administrer immédiatement aux premiers symptômes du choléra.

6° lout supérieur, quel qu’il soit, devrait dénoncer le plus promptement possible à l’autorité les cas de symptômes cholériques, ou de choléra franchement

déclaré, survenus parmi ses dépendants et particulièrement le nombre des décès causés par le fléau, en signalant aussi sa marche et sa violence. ^

7° Enfin, les mesures proposées dans les articles 2 et 3 regarderaient également ceux fini voyage raient à l’intérieur, notamment si la distance a parcourir était considérable.

Il serait nécessaire, en attendant, de taire disparaître le honteiis abus du monopole, notamment a l’é>rard du mercure, et de ne jamais dissimuler a présence et les progrès de la peste cholérique, si elle venait à se montrer encore en Italie.

Puisque personne n'est forcé de combattre les maladies pestilentielles au moyen du dit sulfure, gouvernement pourrait très-bien se faire adresser L tableaux statistiques exacts des résultats obtenus par ce remède dans les cures du choiera et autre maladies pestilentielles, soit de l'homme, soit des animaux domestiques (1).

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