‹ Nouvelles expériences sur l'adhérence des pierres et des briquesChapitre 2 sur 45 · POSÉES EN BAIN DE MORTIER OC SCELLÉES EN PLATRE · texte numérisé non relu

POSÉES EN BAIN DE MORTIER OC SCELLÉES EN PLATRE

1 . Bot PARTICULIER des expériences. Les expériences , dont il va être question , n’ont pas eu pour but direct de rechercher ou de vérifier les lois de la cohésion ou de l’adhérence des mortiers , mais seulement de reconnaître et de constater une époque à laquelle celles du frottement cessent d’être applicables au glissement des assises et des joints de maçonnerie. .Dans mon précédent Mémoire *, j’ai rapporté un assez grand nombre d’expériences qui prouvent qu’à l’instant de la pose, après vingt -quatre heures et même après huit jours, pour certains mortiers, la résistance des joints dans le sens de leur surface est indépendante de

* Troisième Mémoire sur les nouvelles expériences sur le frottement, pages 31 et suivantes.

2 EXPÉRIENCES SUR L’ADHÉRENCE DES PIERRES ET DES BRIQUES l’étendue de la surface et proportionnelle à la pression. Mais dans ces expériences le mortier, qui , après huit jours de contact paraissait sec, pouvait ne pas avoir pris encore une consistance suffisante pour que la cohésion eût acquis une intensité supérieure au frottement et par suite une influence notable sur les résultats. D’ailleurs l’enlèvement des cintres ou des charpentes de support ne se fait ordinairement que quarante jours environ après la pose et c’était par conséquent vers cette époque qu’il était important, pour les questions de stabilité, de constater le changement qui s’est produit dans la résistance des joints au glissement, lorsqu’après avoir été un frottement ordinaire, elle devient adhérence ou cohésion. On voit que j’ai restreint mes recherches aux seules circonstances qui présentaient quelque connexion à l’étude que j’ai entreprise sur le frottement, et que je n’ai eu en vue que d’assigner en quelque sorte une limite, au-delà de laquelle les lois que j’avais reconnues cessent et sont remplacées par d’autres relatives à un ordre d’effets différent.

2- Disposition de l’appareil. L’appareil employé pour ces expériences est fort simple ; des pierres de gros échantillons , dont la surface supérieure était bien dressée, étaient disposées sur deux rangs parallèles et dans la direction de l’axe longitudinal du banc employé précédemment aux expériences sur le frottement, mais de l’autre côté , par rapport à la poulie de renvoi . L’emplacement, dont je pouvais disposer, était assez vaste pour me permettre d’y placer ainsi trente à quarante pierres sur deux rangs. Les surfaces supérieures étaient mises de niveau avec soin, et disposées de façon qün les pierres les plus basses étaient le plus près de la poulie de renvoi, sur laquelle passait, pour descendre dans la fosse, la corde qui, embrassant par une de ses extrémités la pierre à détacher et sollicitée à l’autre par le poids d’une caisse chargée de boulets, servait ainsi à arracher les pierres, que l’on avait posées en bain de mortier ou scellées en plâtre sur les

POSÉES EN BAIN DE MORTIER Oü SCELLÉES EN PLATRE, premières. Au moyen de celte disposition, la corde, fortement tendue, n’éprouvait aucun frottement sur les assises comprises entre la poulie et la pierre à détacher.

Comme je me proposais tle faire glisser ou d'arracher les pierres parallèlement au plan de joint, il fallait que l’effort de traction fût dirigé dans ce plan même, afin que les pierres ne fussent pas exposées à tourner autour de leur arête antérieure. Pour y parvenir j’ai employé, pour embrasser les pierres à arracher, un cordage de o m ,oi5 de diamètre, de sorte que l’épaisseur de la couche de mortier étant toujours de o m ,oo8 à o m ,oio, le plan moyen de traction était toujours compris entre les deux surfaces de joint des pierres. Mais cette corde étant par sa forme susceptible d’agir sur la pierre supérieure par une partie de sa surface courbe et de la soulever à la queue , comme un coin , ce qui produisait alors un arrachement de l’arrière à l’avant, j’ai remédié à cet inconvénient en arrondissant légèrement les angles postérieurs des pierres et en les garnissant de deux quarts de cercle en tôle forte, qui se posaient verticalement jusqu’à l’assise et sur lesquels venait ensuite s’enrouler la corde ronde, que l’on descendait d’ailleurs le plus bas possible. Au moyen de cette précaution , j’ai totalement évité les arrachemens par rotation , qui avaient fait manquer quelques-unes des premières expériences.

A la corde de o m ,oi5 de diamètre, qui embrassait ainsi les pierres , ou accrochait l’extrémité de la corde tressée méplate employée aux précédentes expériences. La poulie de renvoi et les supports étaient les mêmes, de sorte que la raideur de la corde et le frottement avaient sur la tension du brin horizontal une influence déjà appréciée , et qu’en désignant par P le poids de la caisse et de sa charge,

T la tension du brin horizontal,

on avait, comme par le passé (voyez le premier Mémoire)

EXPÉRIENCES SUR L'ADHÉRENCE DES PIERRES ET DES BRIQUES Voulant reconnaître l'influence de l’étendue de la surface du joint et celle de la pression normale exercée , soit au moment de la pose, soit à celui de l’arrachement, j’ai fait varier les surfaces depuis o^oio jusqu’à o~ , ,o 84 J puis des pierres de même surface ont été posées en bain de mortier ou de plâtre en même temps , les unes sans charge additionnelle, les autres avec une charge composée de boulets contenus dans une caisse placée sur la pierre. Lors de l’arrachement les unes de ces pierres étaient déchargées , avec les précautions nécessaires pour ne pas les ébranler et les autres étaient arrachées avec leurs charges.

Pour rendre les circonstances de l’expérience les mêmes , autant que possible, pour toutes les pierres, on les a mises en place le même jour et arrachées ensuite, après la même durée de contact. Dans la première série d’expériences cette durée a été de 43 jours, et dans la seconde de 48; la différence de 5 jours a été indépendante de ma volonté.

Le mortier était composé de trois parties de sable fin de la Moselle, sans cailloux, et d’une partie de chaux hydraulique de Vallières, près Metz, préparée au rabot à la manière ordinaire des maçons du pays.

B. Disposition des tableaux. Ces détails sont sans doute plus que suffisans pour faire comprendre le mode d’expérimentation adopté , et comment on a établi les résultats contenus dans les tableaux suivans.

La première colonne contient les numéros d’ordre des expériences.

La deuxième, l’étendue de la surface de contact ou de rupture.

La troisième, la pression au moment de la pose, y compris le poids propre de la pierre.

La quatrième, la pression au moment de l’arrachement.

La cinquième, l’effort moteur ou la tension de la corde au moment de la rupture, déduite de la formule T = 0,95 P.

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