‹ Nouvelles expériences sur la force psychiqueChapitre 10 sur 25 · DE LA SOCIÉTÉ ROYALE · texte numérisé non relu

DE LA SOCIÉTÉ ROYALE

„ 20, Mornington Road, N. W., 30 mars 1872.

Messieurs,

Je désire porter à votre connaissance ce fait, qu’en deux occasions récentes les délibérations secrètes de votre Conseil ont été rendues publiques, contrairement à la pratique honorable et salutaire qui avait été en vigueur jusqu’ici.

Dans un article du Quarterly Review (n e 262, p. 343) qu’on comprend être de la plume du docteur W. B. Carpenter, membre de laociété Royale, le chroniqueur dit :

« Pour cette découverte, il fut récompensé (c’est de moi dont il est question) du titre de membre de la Société Royale; mais nous parlons à bon escient en disant que cette distinction lui fut conférée avec beaucoup d’hésitation^ parce que les capacités qu’il avait manifestées dans cette recherche avaient été purement techniques. »

Personne, cela est évident, n’a le droit de révéler ce qui se passe dans les délibérations privées du Conseil.

Dans les discussions qui ont lieu pour l’éligibilité des differents candidats au titre de membre de la Société, il faut nécessairement comparer les titres, et considérer pleinement les mérites de chaque individu; non seulement on doit discuter les capacités intellectuelles d’un homme, mais encore son caractère moral et social, Mais si ces discussions sont plus tard révélées et pu* blues, il n’est pas un homme s’étant présenté pour être admis dans la bociété Royale, dont la réputation puisse etre exempte d accusations fondées sur des ouï-dire et des preuves incomplètes.

De plus, le vendredi 19 janvier 1872, le docteur üarpenter, dans une conférence qu’il fit à Vestry Hall, Chelsea, dit ceci, en parlant d’un mémoire qui était Venu récemment devant vous :

« Il y a un mois que le second mémoire de M. Crookes vint devant le Conseil (de la Société Royale), et une Commission de deux membres fut nommée pour l examiner. Ces Messieurs firent hier leur rapport (18 janvier 1872), et il fut décidé à l’unanimité quê le mémoire serait retourné à son auteur, parce que

d a P rès 1 ^nion de la Société Royale, il n’avait aucune valeur. »

Le docteur Carpenter n’est pas membre de votre onseil ce qu il établit doit donc, si c’est la vérité, être le résultat d ouï-dire ; et quand le mémoire refusé me rut retourné le 18 janvier, il n’était accompagné d’aucunes remarques tendant à confirmer l’opinion que le docteur Carpenter attribue à la Société Royale.

Je le répète : si les délibérations secrètes du Conseil de la Société Royale doivent être rendues publiques de cette manière insolite et irresponsable, la réputation et la situation scientifique de tous les membres de la Société seront à la. merci de n’importe quel conférencier qui voudra bien dire qu’il est dans le secret de vos délibérations.

Que le mérite de tout mémoire traitant de sujets nouveaux et qui passionnent soit l’occasion d’une discussion minutieuse et même personnelle, c’est ce qui

est inévitable et ce qui est la conséquence de la nature du sujet ; mais si des parties de ces discussions, séparées des circoustances qui les accompagnent et les modifient, doivent être publiées sur la foi d’une autorité aussi peu solide que celle de l’exposé travesti de quiconque prétendra qu’on lui a rapporté la substance de la controverse, alors, ou les membres du Conseil ne manisfesteront pas librement leur opinion, ou bien leurs délibérations courront le monde toutes défigurées par la méchanceté de bavards jaloux.

Je prie donc respectueusement le Conseil de la Société Royale de régler cette question de telle sorte qu’elle empêche à l’avenir tout membre de la Société de révéler et de publier les délibérations qui doivent être tenues secrètes.

Je suis, Messieurs,

Votre obéissant serviteur,

William Crookes.

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