‹ Nouvelles expériences sur la force psychiqueChapitre 4 sur 25 · S 5 18 EO O® &Q · texte numérisé non relu

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au-dessus du point d’appui (1), est placé un large vase de verre I, rempli d’eau. L est une barre de fer massive, munie d’un bras et d’un anneau M N, dans lequel repose un vase en cuivre hémisphérique dont le fond est percé de plusieurs trous.

La barre de fer est à 2 pouces de la planche A B; le bras et le vase de cuivre M N sont ajustés de telle sorte que ce dernier plonge dans l’eau d’un pouce et demi, et se trouve à 5 pouces et demi du fond du vase I, et à 2 pouces de sa circonférence. Si l’on secoue ou si l’on frappe le bras M ou le vase N, cela ne produit sur la planche A B aucun effet mécanique ap-

(1) Dans mes premières expériences avec cet appareil dont il est question dans la lettre du professeur Stokes et dans ma réponse (page 44), le vase de verre n’était pas tout à fait au-dessus du point d’appui, mais était plus près

de B.

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préciable, qui puisse impressionner la balance. Si l’on plonge dans l’eau la main dans toute sa longueur au point N, cela ne produit pas sur la balance la moindre action sensible.

Gomme la transmission mécanique de la puissance de M. Home est par ce moyen entièrement supprimée contre le vase de cuivre et la planche A B, il s’ensuit que le pouvoir de la force musculaire est complètement éliminé.

Fig. 6.

Pour plus de clarté, je diviserai les expériences en groupes 4,2, 3, etc., et, dans chaque groupe, je choisirai un exemple spécial pour le décrire en détail. Mais rien n’est exposé qui n’ait été répété plus d’une fois, et dans certains cas contrôlé en l’absence de M. Home, par le moyen d’une autre personne qui possédait un semblable pouvoir.

Dans la chambre où, les expériences se faisaient (ma propre salle à manger), il y a taujours eu une lumière amplement suffisante pour voir tout ce qui se passait.

Expérience I. — L’appareil ayant été convenablement disposé avant l’entrée de M. Home dans la chambre, il y fut introduit, et fut prié de mettre ses doigts dans l’eau du vase N. Il se leva, et y plonga le bout des doigts de sa main droite; son autre main et ses pieds étaient

tenus. Lorsqu’il dit qu’il sentait un pouvoir, une force ou une influence s’échapper de sa main, je fis marcher le mouvement d’horlogerie,

Fig. 7.

et presque immédiatement on vit l’extrémité R de ta planche descendre lenlemen? et rester aissée pendant dix secondes; puis elle descendit un peu plus bas, et ensuite elle remonta a sa hauteur ordinaire. Ensuite elle descendit de nouveau, remonta tout à coup, baissa encore graduellement pendant 17 secondes, et enfin se

au’tTafin a dp a ^ eUr n ° rmale ets V maintint jusqu a la fin de 1 expérience. Le point le nlus bas

marqué sur le verre était équivalent à une

Fig. 8.

poussée directe d’environ 5,000 grains. La figura

frJpéf 3 5 °'i GSt , Une re P r °duction de la courbe tracée sur la plaque de verre.

Expérience IL — Le contact par le moyen de leaii ayant été démontré aussi efficace que le contact mécanique, je fus désireux de voir si la puissance ou force en question, pourrait /m-

pressionner le poids, soit par d’autres parties de l’appareil, soit au travers de 1 air. Le vase de verre, la barre de fer, etc., furent donc écartés comme complication inutile, et M. Home plaça ses mains en P sur le support de l'appareil (fig. 2). Une personne de l’assistance plaça sa main sur les mains de M. Home, et son pied sur ses pieds : je l’observai aussi très attentivement pendant tout ce temps. Au moment

Fig. 9.

voulu, le mouvement d’horlogerie fut remis en marche; la marche descendit et monta d’une manière irrégulière, et le résultat fut une courbe tracée sur le verre. La figure 6 en est la reproduction.

Expérience III. — Cette fois, M. Home fut placé h un pied de la planche A B, et par côté. Ses mains et ses pieds étaient solidement tenus par une personne placée près de lui. Une autre courbe, dont la figure 7 est la reproduction, fut obtenue en faisant mouvoir le verre fumé.

Expérience IV. — Cette expérience fut faite

un jour que le fluide (le pouvoir) était plus fort que dans les séances précédentes.

M. Home fut mis à trois pieds de l’appareil;

ses mains et ses pieds étaient solidement tenus. Quand il donna le signal, la machine fut mise

Fig. il.

Secs.

en mouvement; bientôt l’extrémité B de la planche descendit, puis remonta d’une façon irrégulière, comme le montre la figure 8.

Les expériences qui suivent furent faites avec un appareil plus délicat, et en l’absence de M. Home, avec une autre personne, une dame.

Gomme cette dame n’en fait pas sa profession, je ne mentionnerai pas son nom. Elle consentit néanmoins à recevoir tout homme de science que je voudrais introduire dans un but d’investigation.

Un morceau de parchemin mince A, fig. 9 et 10, est fortement tendu sur un cercle de bois. B G est un léger lévier pivotant en D. A l’extrémité B se trouve une pointe d’aiguille verticale touchant la membrane A, et au point G se trouve une autre pointe d’aiguille, faisant saillie hori zontalement, et touchant une lame de verre E

Fig . 12.

F. noircie à la fumée. Cette lame de verre est entraînée dans la direction H G par le mouvement d’horlogerie K.

L’extrémité B du levier est chargée de telle manière qu’elle suit rapidement les mouvements du centre du disque A. Ges mouvements sont transmis à la lame de verre E F et y sont tracés par le moyen du levier et de la pointe d’aiguille G. Des trous sont percés dans les parois du cercle pour permettre à l’air de circuler librement au-dessous de la membrane. Au préalable, l’appareil fut éprouvé par moi-même et par d’autres personnes, afin de nous assurer que ni coup ni vibration sur la table ou sur le support ne troubleraient les résultats : la ligne

tracée par la pointe G sur le verre fumé fut parfaitement droite en dépit de tous nos efforts pour influencer le levier en secouant le support ou en frappant du pied sur le plancher.

Expérience V. — Sans qu’on lui eût expliqué le but de l’instrument, la dame fut introduite dans la chambre, et on la pria de poser ses doigts sur le support en bois aux points L M, fi g. 9. Je plaçai alors mes mains sur les siennes pour découvrir tout mouvement de sa part, conscient ou inconscient. Bientôt on entendit des bruits (bruits de percussion) frappés sur le parchemin, semblables à ceux de grains de sable qu’on aurait jetés sur sa surface. A chaque coup on voyait un fragment de graphite, que j’avais placé sur la membrane, être projeté en l’air à environ un cinquantième de pouce, et l’extrémité G du levier se mouvait légèrement et descendait. Quelquefois les sons se succédaient aussi rapidement que ceux d’une machine d’induction, tandis que d’autres fois, il y avait plus d’une seconde d’intervalle. Cinq ou six courbes furent obtenues, et toujours on vit le mouvement de l’extrémité G du levier coïncider avec chaque vibration de la membrane.

Dans quelques cas, les mains de la dame ne furent pas aussi rapprochées de la membrane que les points L N, mais elles se trouvèrent en N O, fig. 10.

La figure 11, page 63, donne les dessins des glaces employées dans ces occasions.

Expérience VI. — Ayant obtenu ces résultats en l’absence de M. Home, j’étais impatient de voir quelle action sa présence produirait sur finstrument.

En conséquence, je le priai de l’essayer, mais sans lui en donner l’explication.

Je saisis le bras de M. Home au-dessus du poignet, et je tins sa main au-dessus de la membrane, à environ 10 pouces de sa surface, et dans la position dessinée en P, fig. 10. Un ami tenait son autre main. Après être demeuré dans cette position environ une demi-minute, M. Home dit qu’il sentait le fluide passer. Alors je fis marcher le mouvement d’horlogerie, et nous vîmes tous l’index G qui montait et descendait. Les mouvements étaient beaucoup plus lents que dans le cas précédent, et n’étaient pas du tout accompagnés des coups vibrants dont j’ai parlé.

Les figures 12 et 13 montrent les courbes

Fig. i3.

produites sur les glaces*dans deux de ces cas.

Les figures 11, 12, 13 sont agrandies.

Ces expériences mettent hors de doute les conclusions auxquelles je suis arrivé dans mon précédent mémoire, savoir : l’existence d’une force associée, d’une manière encore inexpli-

quée, a l’organisme humain, force par laquelle

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arp. q^ 6S occasions cette force ne peut être accu.ee par mes appareils pendant une heure ou meme davantage, et puis tout à coup elle reparaît avec une grande énergie. Elle est capav-, , a ? ir a une cer taine distance de M. Home (il nest pas rare que ce soit jusqu’à deux ou trois pieds) ; mais toujours elle est plus puissante auprès de lui. v ^

Dans la ferme conviction où j’étais qu’un genre de force ne pouvait se manifester sans la dépense correspondante de quelque autre genre de force, j ai vainement cherché pendant lonartemps la nature de la force ou du pouvoir employé pour produire ces résultats.

Ma ^ maintenant que j’ai pu observer davantage M. Home, je crois découvrir ce que celte force physique emploie pour se développer. En me seivant des termes de force vitale , énerqie nerveuse, je sais que j’emploie des mots qui, p . our . n bie î 1 des investigateurs, prêtent à des significations différentes ; mais après avoir été témoin de 1 état pénible de prostration nerveuse et corporelle dans laquelle quelques-unes de ces expériences ont laissé M. Home, après l’avoir vu dans un état de défaillance presque complète, étendu sur le plancher, pâle et sans voix, je puis a peine douter que l’émission de la force psychique ne soit accompagnée d’un épuisement correspondant de la force vitale.

Je me suis hasardé à donner à cette nou\elle force le nom de force psychique, à cause de sa relation manifeste avec certaines considérations psychologiques, et parce que j’étais très désireux d’éviter que les conclusions précédentes ne fussent classées sous un titre qui, jusqu ici, a été considéré comme dépendant d un terrain d’où les arguments et les expériences sont bannis. Mais comme j’ai trouvé que c était du ressort de la recherche scientique pure, j ai du le faire connaître par une appellation qui fut un nom scientifique, et je ne pense pas qu on eût pu en choisir une autre qui lui convint

“pour être témoin des manifestations de cette force, il n’est pas nécessaire d’avoir accès auprès de psychistes en renom. Cette force est probablement possédée par tous les êtres humains, quoique les individus qui en sont doues avec une énergie extraordinaire soient sans doute rares. Pendant l’année qui vient de s écouler, j’ai rencontré, dans l’intimité de : quelques familles, cinq ou six personnes qui possèdent cette force d’une manière assez Passante pour m’inspirer pleinement la -confiance que, par leur moyen, on aurait pu obtenir de résultats semblables à ceux qui viennent d ttre décrits, pourvu que les expérimerttateurs opérassent avec des appareils plus délicats et sus ceptîbles de marquer une fraction de grain au lieu d’indiquer seulement des livres et des

^Autant que mes occupations me le permettront, je me propose de continuer ces expériences de diverses manières, et de temps en temps,

j’en ferai connaître les résultats. En attendant, j’ai la confiance que d’autres seront amenés à poursuivre cette investigation sous sa forme scientifique. Qu’il soit bien compris cependant que, de même que toutes les autres expériences scientifiques, ces recherches doivent être conduites en parfait accord avec les conditions dans lesquelles la force se développe. •

De même que dans les expériences d’électricité par frottement, c’est une condition indispensable que l’atmosphère soit exempte d’un excès d’humidité, et qu’aucun corps conducteur ne doive toucher l’instrument pendant que cette force s’engendre, de même on a trouvé que certaines conditions étaient essentielles à la production et à l’action de la force psychique; et si ces précautions ne sont pas observées, les expériences ne réussissent pas. Je suis formel sur ce point, parce que quelquefois on a fait des objections déraisonnables à la force psychique, par la raison qu’elle ne se développe pas dans des conditions contraires dictées par les expérimentateurs qui, cependant, repousseraient les conditions qu’on leur imposerait à euxmêmes pour la production de quelques-uns de leurs propres résultats scientifiques. Mais je puis ajouter que les conditions requises sont très peu nombreuses, très raisonnables, et qu’en aucune manière elles ne portent obstacle à l’observation la plus parfaite et à l’application du contrôle le plus rigoureux et le plus exact Juste au moment de faire imprimer, j’ai reçu de mon ami, le professeur Morton, une petite feuille d’épreuves du « Journal of the Franklin Instituts » qui contenait sur mon dernier mé-

moire quelques remarques présentées par M. Coleman Sellers, très éminent et savant ingénieur des États-Unis. La substance de sa critique est contenue dans la citation suivante:

A la page 341 du Quarterly journal of science, nous avons parlé d’une planche d’acajou de 36 pouces de long, sur 9 pouces et demi de large et un pouce d’épaisseur, ayant à chaque extrémité une bande d’acajou d’un pouce et demi de large, qui y était vissée et qui formait pied. Cette planche était placée de telle sorte qu’un de ses bouts reposait sur la table, et l’autre était suspendu à une balance à ressort, et ainsi suspendu il accusait un poids de 3 livres ; c’est-à-dire qu’il s’ensuit qu’une planche d’acajou des dimensions ci-dessus indiquées doit peser 6 livres : 3 livres sur la balance et 3 livres sur la table. Un artisan habitue à manier le bois se demandera avec surprise comment cela peut être. Il consultera sa modeste bibliothèque et trouvera que les savants lui disent qu’une pareille planche doit peser environ 13 livres et demie. M. Crookes a-t-il fait cette planche lui-même? ou bien M. Home l’a-t-il fournie comme une des pièces de F appareil?... Il eût été plus satisfaisant que M. Crookes, à propos de cette planche, eût fait connaître qui l’avait faite... Qu’on découvre que la planche d’acajou de 6 livres a été fournie par M. Home, et lès expériences ne seront plus aussi convaincantes.

Il faut que mes expériences aient vraiment été convaincantes puisqu’un mécanicien accompli, tel que M. Coleman Sellers, n’y peut trouver d’autre fauté que celle qui a été indiquée dans les commentaires que j’ai cités. Il écrit d’une manière si sûre de son fait, et traite si plausiblement des dimensions et des poids, que beaucoup de gens pourraient tenir pour

vrai que j’ai réellement commis l’insigne bévue qu’il signale.

Voudra-t-on croire que ma planche d’acajou pèse bien 6 livres? Quatre balances diverses dans ma propre maison me disent que cela est, et mon fruitier confirme le fait.

Il est facile de s’apercevoir dans quelles erreurs «un artisan» peut tomber, lorsque, pour une connaissance pratique, il se repose sur sa« modeste bibliothèque, » au lieu défaire appel à l’expérience réelle.

Je suis fâché de ne pouvoir apprendre à M. Sellers qui a fait ma planche d’acajou. Il y a environ seize ans que je l’ai en ma possession. A l’origine, elle fut coupée en longueur dans un chantier de bois; elle devint le support d’une chambre à images, et fut ainsi décrite avec un dessin dans le « Journal de la Société de photographie ». du 21 janvier 1876, volume II, p. 293. Depuis, elle a servi provisoirement à la construction de diverses parties d’appareils dans mon laboratoire de physique, et je l’ai choisie pour ces expériences particulières parce que sa forme était plus commode que celle d’autres bonnes pièces de bois.

Mais compte-t-on sérieusement que je répondrai à une question comme celle-ci : « Est-ce M. Home qui a fourni la planche? » Est-ce que mes critiques ne me croient pas en possession d’une certaine dose de bon sens? Et ne peuventils pas s’imaginer que les précautions évidentes à prendre, qui se présentent à eux dès qu’ils s’asseoient pour percer des trous dans mes expériences, ne se sont pas aussi présentées à

moi dans le cours de ces longues et patientes investigations?

Voici ma réponse à ceci et à toutes les autres objections semblables : Prouvez que c’est une erreur en montrant où gît l’erreur; ou si c’est une fraude, en montrant comment s’exécute cette fraude. Essayez ^expérience pleinement et loyalement; alors, si vous rencontrez la raude, dévoilez-Ja; si c’est la vérité, proclamezla. Voila la seule méthode scientifique; et c’est celle-la que je me propose de suivre résolument.

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