PREFACE
Après l'Exposition de 1802, où mon père venait d'obtenir la plus haute récompense ; en faisant allusion à l'industrie du coton, qu'il avait importée en France, le général Ruffin, qui le présentait aux Tuileries, disait au Premier Consul : « Voici un homme qui fera plus de tort à l'Angleterre que « dix de vos vaisseaux de ligne (1) ! »
Le même jour se passait un autre fait dont nous conservons aussi le souvenir, avec orgueil, dans nos archives de famille. J. Fox, que Bonaparte avait invité à sa table, dans la soirée, critiquait assez vivement cette exposition, où il venait cependant d'être reçu avec les plus grands honneurs. Le jeune vainqueur de l'Italie n'y tenait plus ; ses yeux lançaient des éclairs d'impatience et d'indignation : « Je m'en-
(1) Tous les biographes sont unanimes sur le grand fait dont je reporte ici l'honneur à mon père. Ses ouvrages sur l'industrie cotonnière, qui datent déjà de 1788, et les divers perfectionnements que depuis cette époque il n'a cessé d'apporter aux mécaniques à filer, l'attestent avec évidence. On peut consulter à cet égard : Lecarpentjer, Notice nécrologique sur L. E. Pouchet, Athénée de Paris, 4807. — Gujlbert, Mémoires biographiques, 1812, t. II, p. 270. — Michaud, Biographie universelle, Paris, 1823, t. XXXV, p. ÎJ38. — T. Lebreton, Biographie normande, Rouen, 1861, t. III, p. 264. — D r Hœfer, Nouvelle Biographie générale, Paris, 1862, t. XL, p. 910.— Richard Lenoir n'apparut sur la scène industrielle que plusieurs années après L. K. Pouchet; il fut plutôt cité comme fabricant de basins que comme filaleur. Les biographies gardent le plus profond silence à son égard.