‹ Nouvelles experiénces sur les animalcules spermatiques, et sur quelques unes des causes de la stérilité chez la femmeChapitre 4 sur 6 · IG · texte numérisé non relu

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la mort, et il examina l’intérieur des trompes en différens points, ainsi que la matrice ; on ne peut rien de plus précis que les passages suivans : « Nudo conspiciens oculo, nullum masculum semen canis in eâ esse dicere debuissem ; at eamdem mediante bono microscopie ?, summœ mece volupluptati immensam viventium animalculorum multitudinem ; semen nempè canis masculum contemplabar . His peractis , dictam aperiebam tubam , in fine suce crassitudinis , ac ibidem quoque magnam seminis masculi canis contemplabar copiam , quod semen illic vivebat , et hoc modo quoque cum dextrâ egi tuba , ac in eâdem quoque immensam seminis viventis

canis masculi copiam observavi mate -

riant, quâ matrix concita est , observans , majorent adhuc viventium animalculorum copiam deprehendebam »

Plus de trois heures après , Leewenhoeck répéta ses expériences devant un anatomiste distingué, dit-il, et ils purent encore constater ensemble l’existence d’une grande quantité d’animalcules vivans, quoique le temps fût trèsfroid 5 « ac tum ille adhuc mecum videbat magnam copiam viventium animalculorum ....»

Ces expériences établissent d’une manière incontestable la présence des zoospermes vivans

dans la matrice et dans les trompes, plusieurs heures après l’acte de l’accouplement : or, cette vitalité n’est-elle pas une condition essentielle à la fécondation, et peut-on supposer que si ces animalcules viennent à être tués par une cause quelconque , cela soit indifférent au résultat qu’ils paraissent chargés d’accomplir ? Il n’est guère possible d’admettre une pareille opinion, surtout aujourd’hui, après les travaux de MM. Prévost et Dumas, et les expériences de Spallanzani sur la fécondation des œufs de batraciens avec des animalcules morts ne méritant plus grande confiance.

Et d’après cela, les faits que j’ai signalés dans ce Mémoire ne portent -ils pas à admettre que les altérations de la sécrétion vaginale et utérine jouent un rôle important dans les causes de la stérilité , et que les fluides viciés , sécrétés dans quelques cas par les organes génitaux de la femme, peuvent mettre obstacle à la fécondation, en frappant de mort le liquide fécondant? De ce point de vue on entrevoit quelque lumière dans l’histoire encore obscure de la stérilité, et l’on peut non seulement espérer de découvrir ses véritables causes dans bon nombre de circonstances, mais meme d’y apporter un remède efficace et rationnel.

Je ne veux pas m’arrêter à discuter ici ce que

l’on a dit jusqu’à présent sur la stérilité , sur ses causes et sur les moyens d’y remédier ; à part ce qui concerne les anomalies anatomiques , les vices de conformation des organes ou leurs altérations profondes , on est dans une complète ignorance sur les causes de la stérilité chez les femmes; tout ce que l’on a écrit sur les causes générales inhérentes à la constitution , sur les dispositions physiologiques et les tempéramens, est sans fondement, et très-souvent contradictoire; que dire des cachexies scorbutique, vénérienne, scrofuleuse, cancéreuse, des tempéramens lymphatique , sec ou froid , de l’obésité , etc. , que l’on considère dans les livres comme autant de causes de la stérilité, et auxquelles l’expérience vient chaque jour donner un démenti ?

Quant aux méthodes de traitement, on sait combien elles sont vaines et ridicules ; sans compter la foule de drogues dont le charlatanisme a fait spéculation , toute la matière médicale a été passée en revue, et beaucoup de médicamens ont été préconisés comme merveilleux.

Toutefois, parmi la multitude de causes dont on a faitdépendre la stérilité, il me paraît hors de doute que l’on a dû rencontrer juste quelquefois; mais comme on n’était guidé par aucune observation précise, comme on raisonnait àpriori, et pour

ainsi dire au hasard, on a eu le tort de généraliser des faits particuliers, et de confondre ensemble des cas très-différens les uns des autres; je suis loin assurément de prétendre lever tous les mystères qui environnent un pareil sujet, mais il me semble que mes expériences permettront d’agir avec plus de discernement; ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, la leucorrhée a été mise au rang des causes de la stérilité par la plupart des auteurs, et cette opinion est même assez généralement répandue dans le monde; il est évident que c’est une erreur, puisqu’une multitude de femmes affectées de flueurs blanches sont fécondes et même très-fécondes; mais s’il y a, comme je l’ai démontré, des différences essentielles dans la nature des produits de la sécrétion vaginale et utérine, si telle espèce d’écoulement leucorrhéique est compatible avec la vie des zoospermes, tandis que telle autre possède des propriétés mortelles à ces animalcules , on se rendra compte de la diversité des opinions sur l’influence de la leucorrhée; on comprendra que l’opinion admise par une foule d’observateurs ne peut pas être généralisée comme on l’a fait, mais qu’elle ne doit pas non plus être entièrement rejetée; il s’agit seulement de distinguer les faits; je ferai une remarque analogue relative

aux divers moyens proposés pour combattre la stérilité des femmes; parmi ces moyens, les eaux alcalines de Vichy ont joui d’une assez grande faveur; or, en considérant que l’humeur sécrétée par le vagin devient quelquefois tellement acide que les zoospermes ne peuvent y vivre, on comprend le succès que ces eaux ont pu avoir dans des cas de ce genre ; mais on voit en meme temps que ce remède ne peut pas être employé indistinctement, et que s’il a pu réussir en diminuant le degré d’acidité du mucus vaginal, il serait tout-à-fait inutile contre les altérations du mucus utérin qui ne pèche que par un excès contraire, et ne cesse jamais d’être alcalin.

De ces deux causes d’obstacle à la fécondation, la trop grande acidité du mucus vaginal et l’excès d’alcalinité du mucus utérin , qui tuent l’une et l’autre les animalcules , celle-ci m’a paru agir avec plus de force que l’autre; j’ai voulu me livrer à quelques expériences, dans le but de constater d’une manière directe l’influence des altérations du mucus vaginal et utérin , au moyen des acides et des alcalis, sur la fécondation. De l’eau acidulée a été injectée dans le vagin de plusieurs femelles de lapin, immédiatement avant de les livrer au mâle; et après l’accouplement opéré, elles ont été séparées pendant un mois; ces fe-

nielles sont devenues pleines comme dans les circonstances ordinaires, elles ont mis bas à l’époque accoutumée, et la présence de l’acide n’a paru nuire ni à la fécondation ni au développement des petits ; ces expériences on t été répétées à plusieurs reprises sur trois femelles différentes avec les mêmes résultats.

Mais en observant attentivement ce qui se passe dans l’acte de l’accouplement chez ces animaux , on s’aperçoit qu’avant de s’y livrer ils pratiquent certaines manœuvres qui annulent l’expérience; les parties, en effet, sont nettoyées et essuyées de telle façon qu’il ne peut rien rester des matières étrangères injectées; on aurait pu museler le mâle pour éviter cet inconvénient, mais j.e ne l’ai pas fait, et je n’ai pas poussé plus loin ces expériences..

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