‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 15 sur 87 · Ms. duisete, Amourete : disete · texte numérisé non relu

Ms. duisete, Amourete : disete

7. « Piena e copiosa di tutle quelle cose che alcuna puô desidcrare, c brievemente, fuor che d'una, non mi posso rammaricare ; e questa è che gli anni del mio marito son troppi, se co' miei si misurano. Per la quai cosa di quello che le giovani donne prendono più piacere io vivo poco contenta. » (Boccace).

8. « E grandissimo diletto prendea nelle cacce » (Boccace). Ce détail manque dans le passage correspondant du poème latin ; mais Mathieu présentera le mari comme un grand chasseur, lorsque Lidia tuera son épervier.

cause de se lever et de non a sa femme toucher. A elle ce monlt desplaisoit ; aultre chose n'en pouoit faire au regard de son mary. Se appensa de faire ung amy qui a son besoing la secourroit, du gieu d'amours la contenteroit aucunnement. Leans demouroit ung bel jeune clerc ^ nommé Raymonnet, qui sage de son aage, advisié et secret^ estoit, que^ son amy en feroit. Pour venir a son entente, lui faisoit d'amour maint signe, regard et contenance, luy ottroyoit et acordoit tout ce qu'il vouloit. 11 a ce riens n'entendoit, ne a quoy ce montoit point n'y pensoit ne ne savoit *, son cuer point n'y avoit. Le vouloir d'elle point ne comprenoit, dont grant mal elle soufifroit. Elle ce voyant et appercevant s'appensa de prendre moyen pour luy dire ; si dist a une sienne servant, nommée Yolant : « Ma par faittè amye, vous savez que en vous me lie ^, vous diz tous mes affaires et secrez, car bien le valez. Se promettre me voulez que doresenavant devant tous me servirez et obéirez, que ce que vous chargeray acomplirez et mes secrez sans révéler garderez, je vous avray monlt chiere, ma servante serez la première, du mien largement vous donneray, jamais ne vous fauldray et pour ma très parfaitte amye vous tendray. » Quant elle a ce oy, son cuer fort s'en resjoy, pensant qu'elle en aroit proufit, grant plaisir et délit ^: luy dist : (( Ma très chiere dame et maistresse, veez cy celle qui est toute vostre, tenez pour certain, seurement. Commandez tout ce qu'il vous plaira et je

1. L*ami dans le poème latin est un chevalier; Boccacc en a fait un serviteur, sans préciser sa fonction.

Page 1