Avoit est omis dans le ms
3. Cette substitution d'une mauvaise dent à la bonne est indispensable pour entretenir la crédulité de la victime ; cependant Mathieu n'en parle pas, mais Boccace l'a introduite dans son récit. Par contre la coopération de Pyrrhus à l'extraction de la dent, qui corse très heureusement cette scène dans le poème latin, a disparu de la nouvelle italienne et de la nouvelle française. Chez Mathieu, Lydia feint de n'être pas asscx for le |)our arracher la dent, et l'on envoie chercher le « fidèle ami » pour l'aider :
Accitur Pyrrhus ; pandit que Lydia tractât
Lusca sibi, qua dux ducitur arte doli.
Succedunt thalamo quo luctans Lydia dentem
Succutit et miserum vexât agitque vlrum.
« Pyrrhe, quid est? Quid agis? En Lydia lassa laborat;
Subveniamus ei ; fac cito », Lusca movet.
En, quantus dolor hune urget, quantus labor illam !
Dux gémit et, forsan teste cruorc, dolet.
Acrius insurgit multo conamine quassus :
Excuti tur demum dens et ab ore cadit.
Par suite de cette suppression, l'ami, dans la nouvelle de Boccace et dans la nouvelle française, comme du reste dans la plupart des autres
pour ce bien fait Ten mercia et la baisa doucement, puis elle envoya la dent a Raymonnet. Ainsy du second elle exploit la.
Du tiers après très joliement ouvra. Ung jour messire Guido se levoit et parloit d'amours : joyeux a celle heure estoit. Et elle toute eschevelee de luy s'aproucha, ses cheveulx si fort escouy qu'elle lez y mist au travers du visage de luy, et tantost a sa main lez print et fort lez tint. Ijcz commença a tyrer pour la faire parler, mais elle le print par la barbe, si en tyra ung toupet, comme promis Tavoit. Si luy disl : « Dame foie, vous m'avez blecié. » VA elle luy respondy : « Vous vous moquez, mais vous moy, quant mes cheveulx si fort tyré m'avez. » Et par amourettes luy donna une petite bufle et tout tourna a gieu et a truffe ^ Après a son amy ce touppet envoya, qui grant joye en démena et Ten mercia.
Au quart elle si bien pensa que ainsy en cxploitta. Elle contrefit la malade. Une foiz son seigneur vint vers elle après disncr et luy demanda comment elle se portoit et se grant mal sentoit. Elle dîst que bien allégée se trouvoitet que voulentiers yroit ung petit en leur verger esbatre. Elle luy rcquist que luy et son clerc Raymonnet luy menassent *. Hz le fyrent ; elle se fîst mener dessoubz ung hault perier ; quant fut la, dist : (( Raymonnet, bien vouldroye avoir de ces ^ plus hauUes poires, car elles sont lez plus meures et bien
versions de ce conte, témoigne d'une confiance assez mal justifiée en croyant sans preuve que la dent qu'on lui montre est bien celle qu'il a demandée.