‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 54 sur 87 · Vit I manoir a destre main · texte numérisé non relu

Vit I manoir a destre main

Qui vieus et decheus estoit (Ibid.).

/i. La partie du texte que j'omets occuperait environ i8 lignes. T). Le n° 27, Paieriy de la nomenclature de G. Paris {Rom.., XIII, p. 2/10). 0. « Son non pas l'estoirc ne nome », dit le conte en vers.

DE 6ALIACHIM ET DE POLIFER, LARRON ET ll^KbRIER

Galiachim ung hermite estoît qui vivoit Hh povrelé, pour acquérir l'amour de Dieu ; mais il estOit fel, despit et orgueilleux, par quoy le bien qu'il fatibit ne luy pourfitoit gueres. Il estoit logic en ung liéti près du chemin, et puoit veoir de son logeiz ceulx ^tui passoient, (fui de leurs biens luy donnoient. Ung larron, nommé Polifer, en ce boiz se tenoit, qui tuoît et desroboit lez passans. L'ermite souvent le veoit; elvenoit menger avec luy ; mais reprendre ne l'osoit, cal* sa crudelité trop redoubtoit. Une foiz Galiachin luy dist : (( Polifer, bien vous devez tenir de mal faire plUé que a ung aultre jour ; il estrinvcncion de la Croix, ou * Dieu mort souffry pour nous rachetter d'enfer ; et y devons plourer noz péchiez, comme bons et dévots crôiltiens. Et sachiez certainement que ne vivrez pas grandlhent,

comme il m'a esté révélé en mon dormant - »

3 II s'en party, de voulenté de retourner a

pechié ; et ainsy comme il avaloit de son hertnltage, il marcha sur sa longue robe et tellement qil*ll Irc-

1. Pour donner à la phrase un semblant de sens, il faudrait faire désigner par ou non pas le jour, mais la croix. I^ conte en vers dit : u Un jor de la Croiz aoree » (vendredi saint).

2. Cette révélation de la mort prochaine du bandit n'existe pâ» dans le texte de Méon ; si c'est une addition du prosateur, c'est la seule qu'il ait introduite dans ce conte.

3. La partie du texte que j'omets occuperait environ 54 lignes.

gÔ CHAPITRE XXIII

bûcha, si que il tumba aval la roche et se cassa le coP. Ainsy mauvaisementdefina, pource qu'il déclina a bien faire et eust desplaisancc du bien qu'il avoit fait.

Récit tiré d'un conte des Vies des Pères en vers, publié par Méon sous le litre De VErmite qui se désespéra pour le Larron qui ala en paradis avant que lui ou Du Larron qui se converti (Nouveau Recueil, II, 202-1 5^ ^,

Le prosateur a omis le prologue (v. i-54), la moralité finale (v. 355-4 10), ainsi que, dans le récit, les sentences morales (v. G3-G4), les réflexions dévotes (i 49-1 58), les développements littéraires (v. 71-83, i4i-48, 1 71-188, etc.). Il a donné des noms aux deux personnages.

1. Le prosateur a supprimé ici trois vers qui certainement existaient dans son original, puisque celui que représentent les mots « se cassa le col » est lié à eux par la rime. Peut-être le châtiment de Termite lui a-t-il paru excessif.

A itanl se brisa le col, Kt li deable de plein vol I/ame lasse que moult amerenl En enfer le vil lraïnerent(v. 3'i3-^C).

2. C'est le n* 12, Meurtrier, de la liste de G. Paris (/?om., XIU, p. 2/10).

DE UERLEUS, HERMITE, QUI CONFESSA ALIZOXNETTE

Herleus * rermite fut homme très dévot ; et avoit son hermitage en ungboiz, près d'une fortresse^; et avoit ung jardin qu'il labouroit pour vivre. De ce lieu ne se vouloit bouger. Sa sustentacion prenoit très sobrement, et le résidu il le donnoit aux povres et omosnoit pour Dieu, et ne faisoit nul trésor 3, se non de vertus ; car il fuyoit tous vices. Prèz de luy, en une ville demouroit une bachellete nommée Alisonnete, qui vivoit luxurieusement et desordonneement. Elle ouyt parler de luy et de sa vie *. Ung jour elle s'en vint vers luy, pour le tempter, disant qu'elle vouloit estre confessée. Illuyenquist discrètement qui a ce l'ammonnestoit ; elle respondy que sa vie amander vouloit. Elle, en se confessant, indiscrètement elle parloit ^ abhominable-

Page 1