‹ Nouvelles franc̜aises inédites du quinzième siècleChapitre 58 sur 87 · tant qne s'anie · texte numérisé non relu

tant qne s'anie

Fnst de son cors moislresse et dame (v. oi-Ba). 'i. Les paroles ici attribuées à Termite sont extraites du prologue du conte en vers :

Viez péchiez fet no vêle honte... (v. i).

Qui son pechié norrist et queuve... (v. 5).

Por ce lo je tant coni vivons Que noz cuers de Lien avivons Et par confession vcraie... (v. 19-21).

5. Le prosateur a supprimé l'éloge de l'abstinence de l'ermite (v. 53- 72), et le récit des assauts que le diable lui livre sous la forme d'un ours, puis d'un léopard, puis d'un lion (v. 73-i3i).

NOUVELLES FRANÇAISES DU XV® SIECLE lOI

soy enyvrer *. Près de son hermiiage avoit une rivière et ung moulin, ou queldemouroitung musnier nommé Colinet, qui esloit compère de Mathelin Termite. Ensemble souvent repairoîent ^, Ung jour advint que Termite et son compère disnoient ensemble 3; si bien but Termite qu'il s'en y vra tant * que quant il se leva de la table il ne se savoit soustenir. Quant le musnier se apperceut que Termite son compère estoit yvre, il dit a Felizette, sa femme, qu'elle le remenast en son hermitage ; et elle s'en ala avecques luy. Quant ilz furent montez ung rochier, qui estoit assez loing de son hermitage, il se spnty lassé et fut contraingt a soy reposer, et sa comere s'endormy ^. Quant Termite Tapperceut, il fut tenté tant qu'il la congnut charnelment. Colinet, qui lez suyvoit^, apperceut ce villain Tneffait. D'ung baston ferré qu'il tenoit en sa main cuida frapper sur Termite son compère, mais Termite se destourna et osta le baston a son compère et l'en frappa tant qu'il le tua. Quant Termite Mathelin fut

1. Dans le poème, c'est le diable qui exige de rermilc qu'il choisisse entre ces trois pochés. Le prosateur a dû trouver ce marché trop (Urange.

-i. Dessous la ciaule ou cil manoit

Une eve et un molin avoit.

Un preudome i ot a munier...

Son compère fet en avoit ; Ensemble sovent reperoient (v. 177-83).

^. Le poème raconte l'invitation à dîner et donne le menu du repas (v. 191-214).

d. Le poète a eu soin d'expliquer celte ivresse : Li preudons se senti hetié, Qui le vin n'avoit pas apris ; Si en fu de legier seurpris (v. 21C-18).

5. Parce qu'elle avait abusé du vin, ajoute le rimeur, pour rendre le fait vraisemblable.

0. Puisque le meunier « lez suyvoit », il aurait pu laisser sa femme à la maison et reconduire lui-même son compère. Le poète avait dit, plus intelligemment :

Tant que li muniers l'aperçut ; Car quant en son molin seoit Jusqu'au reclus celui veoit (v. 2^0-/12).

Le meunier, étant chez lui, peut s'armer d'une cognée, que le dérimeur a dû remplacer par un bâton ferré.

revenu en son hermitage et il s'apperceut du mal qull àvoii fait, il en eust telle desplaisance que il en fut en voye de desespoir ^ Puis eut en soy repen tance du mal qu'il avoit commis, et s'en ala a Romme devers le saint père, pour soy confesser des cas ; et y ala tout nu et en grant contricion *. Quant il fut devers le saint père, il se confessa très dévotement. Le saint père luy encharga grant penitance, laquelle il acomplist, et tellement que Dieu luydemonstraque son pechiéluy estoit pardonné 3. Et tant qu'en paradis fut sauvé. Parquoy l'en puet aviser que désespérance ne vault rien au pechieur, mais doit requérir miséricorde*.

Résumé d'un conte des Vies des Pères en vers publié par Méon : De VErmite qui s'enivra ou D'un Hermite qui tua son compère et jut a sa commère * (Nouveau Recueil, II, p. 178- 186).

J'ai publié ce résumé pour montrer en des notes rapides comment le prosateur a traité son original ^.

1. La scène du désespoir est développée dans Toriginal (v. 2O7-300).

a. Le poète raconte le voyage et le séjour à Rome (v. 3o5-332).

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