III \P1THE
qui es toit sur le jardin, et s'en yssy par l'uys de la chambre el puis le ferma; et appella l'oste, devanl le jour, et lu\ disl : u Beaux hostes, ne vous desplaise de la paine que je vous faiz. il me convienl estre aux plais de Vendosme, ou je perdray mou procès. Vecyqueje vous doybz. Au regard de mon compaignon, je le laisse mal disposé. Je vous prie que bien eu pensiez el le laissez reposer jusques a heure de prime, qu'on lu\ appareille ung poulet aux herbes. » La porte luy fui ouverte, et s'en \s>\ hors, et l'oste se râla couchier. El lors le larron tout coyement par dessus le mur du jardin rentra par la fenestre en la chambre dont il estoil party. Il print le marchant qu'il avoit estouffé el tousses vestemens et abillemens, et tout gentement lez inisl ou fous du lit. puis refist le lit et dedens se coucha. L'endemain, a heure de prime, l'oste cl l'ostesse le vynrent veoir. luy demandèrent quelle chiere il faisoit el comment se sentoit, en luy disant que son compaignon a luy se recommandoit et qu'il estoil partj a la mynuit. H respondy (pie petitement se sentoit el «pie confession vouloit. Quant il fut confessé el qu'il cust fait son testament, on luy aporta a menger ; tout ce qu'il prenoit hors remettait, les yeulx roulloit, contenance faisoit d'estre très fort malade, par son lit se degettoit, comme homme qui .se meurt. Quant se vint sur le tart, il s'apaisa ung peu. puis a requis que seul on le laissas! affin qu'il print repos. Quant l'oste el les gens s'en furent alez et que l'uys fut clos, il se leva et tyra le mort du fons du lit et le coucha et mis! dedens le lit. el le couvryt de ses robes, et print son argent et s'en yssy par ou il esloit revenu, comme dit est. Environ xi heures de îuiyt. que l'oste et l'ostesse se vouloient aler coucher, vindrent veoir comment leur hoste le faisoit, ilz le trouvèrent mort ; adonc l'ont anoncié a justice el fut en terre bouté et son service fait.
NOUVELLES FRANÇAISES ni \\ SIECLE 07
Quant ce larron eust ce confessé, fui trainé el pendu comme droil etjustice le requeroit. El pour ce il fait hou savoir en quelle compaignie on se met.
I.i' [ > ii'-i c 1 1 1 . ■ de ne pas accepter un inconnu pour compagnon de voyage esl assez souvenl illustré dans la littérature écrite nu dans la tradition maie par quelque histoire de vol ou (le meurtre. Mais le sujet principal de la nouvelle que je publie est moins l'assassinat même que l'artifice imaginé par le bandit pour dissimuler son crime, ci cet artifice je ne l'ai rencontré nulle part ailleurs. C'est peut-être une histoire \ raie.