Dieus qui les repostailles voit
Et qui les cuers îles genz connoist,
A qui l'en ne puet riens cmbler.
Ne par fuir ne par celer.
Ile noz preuz nos semont et prie ;
Mes nous sommes gent esbaliie
Oui de noz preuz n'avons que fere... (v. 1-7)
3. Le prosateur a fait un contre-sens dans la traduction de ce pa5-a^ Près d'ilec ot une cité Ou li preudons île vérité
'Et pour ce, depuis, pour éviter toul honneur el vaine gloire, s'en ala demourer en ungdeserl : ou il finasa vie. Et ala son aine en paradis9.
\près sa mort, Ulixès et Âscanius l'enterrèrent, qui estoienl dévotes personnes et servoient Dieu soigneusement, et se tenoient ou temps d'esté ou boys, et en \\er en la cité. Quant Ascanius3 entre lez gens se trouvoit, a son avis Dieu mieulx servoit que quant il
estoil en son reclusage
l Adonc Ulixès le réconforta et le fist confesser
bien dévotement, puisse mis trent tous deux en oroisons en ce lieu, tant que par le moyen du bon conseil et des prières de Ulixès, Nostrc Seigneur pardonna le peebié a Escanius, comme il fut seeu depuis : car, quant Escanius fut mort, il vint mercier Ulixès de son pardon, et que par lui estoit a salvacion : en luy requérant que les gens alast ammonestant de prier lez ungs pour lez aultres, car c'est une chose a Dieu monlt plaisant, et est une des principales branches de charité, après Dieu amer.
Ce récit se divise en deux parties : la première, double en étendue de la seconde, est tirée d'un conte des Vies des Pères en vers5, publié par Méon sous le double titre De la damiselle qui ne vot encuser son ami, ou De eele i/ui mist son
Aloil sovent por porchacier
Ce dont au cors avoit meslior.
Acointié i ot un bourgois
Qui estoit riches et cortois.
Li preudons leenz reperoit
Quant il en la cité venoit.
Moult i estoit Ijîen receuz
El d'uns et d'autres chier tenuz,
Sanz ce que mie n'i mengoit
Ne au gésir ne tlemoroit... (v. 71-82). 1. I.;i partie du texte que j'omets ici occuperait environ r>8 lignes. ■>. [ci se termine le conte en \crs.
.'î. Dans la suite ce personnage est toujours appelé Kscanius '1 La partie du texte que j'omets ici occuperait environ 10 lignes. T>. Le u* :'.'i. Ermite accusé, do la liste de G. Paris (Romania, XIII, i4o). La source première du conte est l'Historia Lnusiaca, cap. CXLI. (Migne Patroloyie lutine, LWIII. col. 1207).
6o CHAPITRE XI
enfant sus l'ermite t Souveau Recueil de Fabliaux et Contes, II, j). 129-138) '.
Du prologue en 54 vers, exhortation morale, qui ne se rapporte pas plus à la légende qu'elle introduit qu'à celles que le rimeur a précédemment nuitées, le prosateur n'a gardé que le début 17 vers), qu'il a rejeté, suivant un procédé qui lui est cher, après les premières lignes de sa narration. en les plaçant dans la bouche de l'ermite. Il a de même supprimé dans le conte les proverbes (v. 93-98, 1 'i")-4*>. 190-96), les développements (v. 89-93, 217-24) el les discours (v. 157-72, 184-90) qui ne sont pas indispensables à l'intelligence du récit. Il adonné des noms aux personnages, qui n'en axaient pas dans l'original : l'ermite s'appelle Olivier de Blanche Espine, le bourgeois Lucrecien de Lusignen, sa fille Olimpiade, l'amant de celle-ci Adrien. Sauf ces modifications, le dérimeur suit pas à pas son modèle.
\ la suite de ce conte, une transition assez gauche en amène un second, qui n'a avec lui aucun rapport, et dans lequel on emit entendre, comme dans le premier, l'écho de rimes supprimées -.
Ce nouveau récit esl composé de deux anecdotes (pion rencontre souvenl dans les ouvrages d'édification : celle de l'homme pieux qui se plaint de prier mieux au milieu du monde que dans la solitude, et qui apprend que c'est un effet de sa vanité, stimulée par les louanges du public ; el celle de l'homme pieux qui, ayant cédé aux tentations de la chair3, est sur le point de se livrer au désespoir, lorsqu'un autre homme pieux lui rend confiance en la miséricorde divine; après sa mort, le pécheur apparaît à son sauveur pour le remercier de lui avoir procuré le salut. Cette dernière anecdote est le sujet du conte X^ du présent recueil ; les dernières lignes des deux récils sont à peu près identiques. La source de l'un et de l'autre paraît être un conte des Vies des Pars en vers, dont il sera parlé à propos du n° \\ .