tant que s'ame
Fust de son cors meistresse et dame (v. 5i-5a) '1. Les paroles ici attribuées ;'i t'ermite sont extraites iln prologue du conte in \ rrs :
V'iez péchiez fet novele honte. .. (v. 1 ).
Qui son pechié norrist et queuve... (v. 5).
Por ce lo je tant corri a ivons
(hic noz cuers de bien avivons
Et par confession veraie... (\- 19-21).
". Le prosateur a supprimé l'éloge de l'abstinence de l'ermite (v. 53- 7 - 1. el le récit des ;i — ^;i 1 1 1 - que le diable lui livre sous la forme d'un ours, puis d'un léopard, puis d'un lion (v. 7Î-1S1).
MOI VELLES FRANÇAISES Dl XV SIECLE IOI
soy enyvrer '. Près de son hermitage avoit une rivière et ung moulin, ou quel demouroitung musnier nommé Golinet, qui estoit compère de Mathelin l'ermite. Ensemble souvent repairoient -. Ung jour advint que l'ermite et son compère disnoient ensemble3; si bien but l'ermite qu'il s'en yvra tant l que quant il se leva de la table il ne se savoit soustenir. Quant le musnier se apperceut que l'ermite son compère estoit yvre, il dit a Felizelle, sa femme, qu'elle le remenast en son hermitage; et elle s'en ala avecques luy. Quant ilz furent montez ung roebier, qui estoit assez loing de son hermitage, il se sent) lassé et fut contraingt a soy reposer, et sa comere s'endormy ■"'. Quant l'ermite l'apperceut, il fut tenté tant qu'il la congnut charnelment. Golinet. qui lez suyvoit6, apperceut ce villain meffait. D'ung baston ferré qu'il ienoit en sa main cuida frapper sur l'ermite son compère, mais l'ermite se destourna et osta le baston a son compère et l'en frappa tant qu'il le tua. Quant l'ermite Mathelin fut
i. I>ans le poème, c'est le diable qui exige 'le l'ermite qu'il choisisse entre ces trois péchés. Le prosateur a <lù trouver ce marché trop étrange.
Dessous la ciaule ou cil manoit Une eve et un molin avoit.
1 ii preinlome i ot a munier...
S :ompere fet en avoit ;
Ensemble sovent reperdent (v. 177-83).
3. Le poème raconte l'invitation à dîner et donne le menu du repas (v. 191-316).
'1 Le poète a eu soin d'expliquer cette ivresse : Li preudons se senti hetié, Oui le vin n'avoit pas apri* ; Sien fu de legier seurpris (v. 216-18). 5. Parce qu'elle avait abusé du vin, ajoute le rimeur, pour rendre le l'ait \ raisemblable.
ij. Puisque le meunier ci lez suyvoit », il aurait pu laisser sa femme à la maison et reconduire lui-même son compère. Le poète avait dit, plus intelligemment :
Tant que li muniers l'aperçut :
Car quant en son molin seoit Jusqu'au reclus celui veoit (v. zâo-6 1). Le meunier, étant chez lui. peut s'armer d'une cognée, que le dérimeur a dû remplacer par un bâton ferré.
revenu en son hermitage et il s'apperceut du mal qu'il avoit fait, il en eust telle desplaisance que il en fut en voye de desespoir '. Puis eut en soy repentance du mal qu'il avoit commis, et s"en ala a Homme devers le saint perc. pour soy confesser des cas ; el > ala tout nu et en grant contricion 2. Quant il fut devers le saint pore, il se confessa très dévotement. Le saint père luy encharga grant penitance. laquelle il acomplist. et tellement que Dieu luy demonstra que son pechiéluy es toit pardonné^. Et tant qu'en paradis fut sauvé. Parquoy l'en puet aviser que désespérance ne vault rien au pechieur, mais doit requérir miséricorde*.
Résumé d'un conte des Vies des Pères en vers publié par Méon : De l'Ermite qui s'enivra ou D'un Hermite qui tua son compère et jut a sa commère5 ( Nouveau Recueil, II. p. \-'.\- 186).
J'ai publié ce résumé pour montrer en des notes rapides comment le prosateur a traité son original 6.
I. La scène du désespoir est développée dans l'original (v. 2G7-300). a. Le poète raconte le voyage et le ^'j"llr à Rome (v. 3o5-332).