‹ Nouvelles genevoises (volume 4)Chapitre 14 sur 20 · UNE ILLUSION DÉTRUITS · texte numérisé non relu

UNE ILLUSION DÉTRUITS

Après les heures d'inspiration viennent les jours d'abattement; la raison reparait à mesure que les douées imagps s'évanouissent.

La pauvre Clarisse recommdiiça fl â'ihquiéter.

— Ou c'est quelqu'un qui a gagné Marguerite, et qui s'amuse à m'épouvanter pour se moquer de moi , se disaitelle, et cela me fait peur; ou c'est moa imagination qui est xaalade, alors je devîenà folle, et c'est affreux î

Cette idée la tourmentait, elle n'osait dire tout ce qu'elle éprouvait à sa mère, dans la crainte de l'inquiéter à son tour; mais on ne la voyait ph» rire, m pttuvn» âme était toute troublée; elle devenait pâle, son beau teint s'àttristdit.

Madame Blandais , attribuant cette mélancolie âii projet de mariage qu'elle avait favorisé, n'osait plus ea parler; mais Tancrède, qui en savait to cause, eirt pitié d'elle; lui-même s'effraya de l'exaltation qu'il avait fait naître ; il se reprocha d'avoir joué avec une imagination trop ardente ^ et pour détruire l'effet trop dangereux d'un rève^ il appela k réalité à son secours.

Un matin dodè 11 fit lotier xmé loge ati Th9ftt]^é-I>^l'ançais, et envoya un coupon de cette loge à madame ^landais, de la part de madame la comtdsee de D***<

Clarisse voulut queationner le domesti^e <|ui avait apporté cette l(^e , il était déjà r«»pàrti. Bllô g'étonna que thadame de D*** ne lui eût pas écrit un mot, mais elle pensa qu'elle avait probablement chargé son domestique d'un» explication qu'il avait oubliée — et la mère et la fille se rendirent au Théâtre- Français, croyant qu'elles y allaient dans la loge de madame deD«*.

DE M. DC BJILXÂC. %êê

«^ La eomtesse n'est pas «leore inivée? damaiida imât&Hi Blandais à l'ouvreuse.

L'ourretise, qui ne savait de qni (m voulait parlée, répondit :

-« Il n'est encore venu personne.

— Il est de bonne heure , dit Clarisse « madame de D*** connaît sans doute cette pièce , elle viendra tard.

On donnait Jngelo — un drame de Yictor Hugo I joué par mademoiselle Mars 1 et madame Dorval !

C'était un choix merveilleux pour une jeune fille de province qui n'était jamais allée au spectacle.

Bh bien ! Clarisse n'écouta pas un mot de l'ouvrage.

EUe oublia qu'il était de Victor Hugo.

Elle ne vit ni mademoiselle Mars hi madame Dorval.

Elle ne vit rien sur la scène, elle ne vit rien dans la salle.

Rien..... qu'un fantôme, un être fantastique dont Taspect la saisit d'épouvante , un inconnu qu'elle reconnaissait, un grand jeune homme au front pâle et mélancolique, aux yeux noirs et brillants, qui se tenait debout à l'entrée du balcon, et qui \t regardait attentivement.

Le même qu'elle avait aperçu chez madame de D*^.

Le même qu'elle avait vu un soir dans la chambre ûb la mère!...

ht même qu'elle avait entrevu on jour dans sa glace !.<•

Le môme qu'elle avait vu dormir au pied de son lit !..«

Le même 1 6 surprise 1 6 bonheur \ peut-être.

À cette vue, elle resta immobile, anéantie. EUe ftit si ires- Née, qu'elle eut peur de se trouver illal. Les sentimenfei lès plus divers l'agitèrent. D'abord, elle éprouva une grande joie de découvrir que celui qu'elle armait en rêve existait réellement; et puis un sentiment de crainte l'attriMà : â y a toujours quelque chose d'amer dans la vérité ; m veyaiàl âbn être idéal parlant, souriant comme un monsieur, elle sa défia de hii.

-^ Oui , c'est quelque jeune fat qui s'est moqué de moi, pensa-t-elle.

Et un doute affreux lui saisit le essiir . Me retomba dans seâ

tM LA GANNX

découragement, et des lannes coulèrent sur ses joues qu'elle songeât à les essuyer.

Madame Blandais, tout occupée ^Angelo^ ne remarqua point rémotion de sa fille, que d'ailleurs elle eût attribuée aux «lalheurs de Catarina.

Clarisse resta quelques moments absorbée par la plus pesante rêverie. Lorsqu'elle releva les yeux , elle s'aperçut qu*il la lorgnait, lui, le bel inconnu, l'idéal défloré ; car elle éprouvait le contraire de ce qui afflige ordinairement ; c'est la réalité qu'on regrette; on dit : « Ce que je croyais exister n'était qu'une vaine illusion... » mais elle, c'est l'illusion qu'elle regrettait ; eUe pleurait son fantôme si cher , elle craignait que la vérité ne lui ôtàt tout son prestige, elle avait peur de ne plus l'aimer.

Pendant l'entr'acte, cherchant à se calmer, elle voulut triompher de son émotion et fixer ses yeux sur lui à son tour, mais elle le vit quitter la place où il était, et sortir de la salle.

Un instinct inexplicable l'avertit qu'il allait venir lui parler, et lorsqu'elle entendit la porte de la loge s'ouvrir, elle éprouva un battement de cœur violent.

Elle sentait que c'était lui 1

C'était lui I

Clarisse n'osait le regarder; elle tremblait.

— Pardon , mesdames , dit-il en entrant dans la loge, madame de D*** n'est pas encore arrivée ?

— Non, Monsieur, reprit madame piandais, cela m'étonne.

— Peut-être ne viendra-t-elle pas , continua Tancrède de l'air le plus naturel. Je l'ai vue ce matin, elle a plusieurs personnes à dtner chez eUe aujourd'hui , elle ne sera sans doute libre que fort tard.

Et Tancrède s'établit dans la loge comme si madame de D*** lui avait dit de l'y attendre ; et , pour mieux expliquer sa présence, il parla d'elle comme s'il la connaissait intime» ment.

Madame Blandais soutenait la conversation. Clarisse ne disait rien, elle écoutait parler Tancrède , sa voix hii plaisait

DE M. DE BALZAC. i65

tant ! son accent avait quelque chose de doux et de loyal qui la rassurait.

— Madame de D*^ est une femme charmante ! disait madame Blandais; si belle, si gracieuse 1

— Elle est ravissante , reprenait Tancrède avec enthousiasme, pleine d'esprit, d'instruction; c'est une personne trèsdistinguée.

Tout cela ne l'amusait à dire que parce qu'il n'en savait rien; il n'avait jamais vu madame de D*** que le jour où il était allé en fraude chez elle; il pouvait la trouver belle, puisqu'il l'avait vue, mais il ne pouvait louer son esprit qu'au hasard.

Il allait continuer et inventer encore d'autres qualités à madame de D***, lorsqu'il jeta les yeux sur Clarisse; l'expression pénible de son visage l'arrêta, il comprit le sentiment de jalousie qui l'avait fait soudain pâlir; et , pour détruire le fâcheux effet des éloges qu'il prodiguait â madame de D***, il ajouta :

— Malheureusement nous allons bientôt la perdre, elle retourne en Italie dans huit jours.

Ces mots furent magiques ; les joues de Clarisse devinrent roses de plaisir, un sourire involontaire éclaira ses traits.

— C'est une mauvaise nouvelle que vous donnez à ma fille, dit madame Blandais, qui n'avait pas suivi ce drame muet; madame de D*^ est sa seule protectrice à Paris, son absence nous fera grand tort.

— Mademoiselle votre fille peut se passer de protectrice maintenant , dit Tancrède d'un ton que Clarisse seule devait eomprendre. — Puis il ajouta pour madame Blandais : — Son talent est déjà célèbre.

^0— N'importe, dit madame Blandais, je regrette madame de D*^, il est bien malheureux pour nous qu'elle parte !

— Vous vous passerez d'elle, croyez-moi , reprit Tancrède; ets'adressant à Clarisse :

— N'est-ce pas. Mademoiselle, que maintenant vous n'avQ3( plus besoin de personne?

LA GÂNNI

il dit oeB mots si tendrement, que Clarisse rougit; eDe baissa les yeux , et ne répondit rïen.

— Parle donc , ma fille, dit madame Blandais ; tu es oiÊmt ôe soir, on ne peut t'arracher un mot. — Qafisse n'est jamais allée au spectacle de sa vie, Monsieur, continua madame Blandais , il n'est pas étonnant qu'elle soit si troublée de àe trouTor ici; elle n'est pauilant pas timide; tous étiez peut-être chez madame de D***, le soir où Clarisse y a dit des vers?

— Sans doute , ïf étds , fépoiidit Tàncf ède , et jamais je n'oublierai ce jour-là : ce fut pottr tïioi tme soirée d*émotions et d'aventures; non-seulement j'ai eu le plaisir d'entendre les beaux vers de inàdiiidiselie et ceux de Lamartine, iàaiâ ebcore je me suis bien amusé. J'avais parié avec un de mes amis , que je garderais mon chapeau sur ma tête tout le temps que Lamartine dirait des vefs, et que përsotine ne s'eti apercevrait.

En écoutant ce récit, madame Blandais et sa fiDe se regardèrent.

— Et j'ai gagné mon pari !

— Vous l'avez perdu, dit vivement Garisse.

Et puis elle fut très-confuse d'àVoîr dit cela.

— Ma fille a raison, reprît madame Blàtidais ; car je me rappelle que ce soir-là , en rentrarijt, elle-même m'a parié , avec étonnement, d'un jeune homme Qu'elle avait remai^qué, parce qu'il avait gardé son chapeau ; àloî^ je lui ai dit que c'était iihpossible, et ({u'elle déraisonnait.

— Eh bien ! c'était exact ; vous le voyez, led choses les plus extraordinaires finissent toujours par s'expliquer.

Ces mots, qui s'adressaient encore à Clarisse , la firent rougir une seconde fois.

La toile se leva, le second acte commença ; madame Blandais se tourna du côté du théâtre , et ne songea plus qu'à la pièce et aux acteurs.

Clarisse voulait écouter, elle ne le pouvait pas ; tantdt elle regardait sans voir, tantôt elle baissait la tête, et restait pion* gée dans ées i*Âvéfièâ, àcéâbléé par une profonde émoUon*-

M^Bi^^ABflHMMi

D£ M. DI BALZAC. Ht

Tancràde remarquant sa préoccupation , lui dit en soivianl :

— Vous n'aimez donc pas le spectacle, Mademoiselle? c'est pourtant mademoiselle Mars qui joue là.

— Ah 1 c'est mademoiselle Mars, dit^Ue.

— Oui, c'est elle qui joue le rôle de Thisbé. Voyez, je ne TOUS trompe pas.

Et Tancrède montrait un petit journal qu'il tenait à la main, où le nom des acteurs était indiqué.

Clarisse se retourna pour lire la page qu'il lui présentait ; mais elle se trouva si près de lui, qu'elle hésita...

Elle osa pourtant le regarder. — Oh I comme alors elle fut troublée!... elle le voyait, lui qu'elle n'avait jamais aperçu qu'en rêve 1... Il était là, il lui parlait, il avouait sa présence... que ce moment était plein de délices !

En la voyant si beiîe et si émue, il oublia le rôle qu'il jouait.

— Clarisse, dit-il avec la plus tendre émotion, me reconnaissez-vous?

Elle le regarda tout étonnée...

— J'ai peur d'être folle, dit-elle.

— C'est Un homme affreux i s'écria madame filandais , que les procédés du tyran de Padoue envers sa femme révoltaient.

Et Ton ne s'occupa plus que d'Angeh.

UN nâVE RÉALISA*

Quand le spectacle fut terminé :

— Puisque madame de D^^ vous abandonne, dit Tancrède, permettez-moi , Mesdames, de vous accompagne!*.

liadame Blandais accepta le bras de tancrède, avec d'autant plus de confiance qu'elle le croyait un ami intime de dette même madame de D*^, devenue un personnage fantastique.

168 LA CAIINX

Tancrôde reconduisit, dans sa voiture , madame Blandai» et sa fiile jusque chez elles.

Arrivé là, il fit semblant de les quitter; mais il prit sa canne de la main gauche, et rentra chez elles invisible , pour savoir oe qu'elles allaient dire de lui.

— Eh bien! tu avais raison, mon enfant, dit madame Blandais en entrant dans sa chambre , ce jeune homme était chez madame de D***.

— Ah ! maman , si tu savais !... s*écria Clarisse ; mais elle n'acheva pas.

En face d'elle , elle avait aperçu Tancrède , qui lui faisait signe de se taire.

Elle fut déconcertée.

Madame Blandais , remarquant son agitation , voulut la calmer, et dit adroitement :

— n est fort beau , ce jeune homme , mais je le crois fort béte; je ne serais pas étonnée qu'il ne fût aimable que comme fluitôme. — Qu'en penses-tu , toi?

— Je lui crois au contraire beaucoup d'esprit, répondit Clarisse, et puis elle se mît à rire, parce qu'elle pensait que Tancrède était peut-être encore là, et qu'il pouvait avoir entendu oe qu'avait dit sa mère.

. Cependant cette présence mystérieuse Tinquiétait. Elle n'osait s'éloigner, et ce ne fut que lorsque madame Blandais lui dit :

— Va te reposer, mon enfant, tuas l'air souffrant, le spectacle t'a fait mal — que Clarisse se dédda à se retirer chez elle.

Elle embrassa sa mère plus tendrement que jamais , et s'éloigna.

Elle marchait pensive et lentement; mais, en entrant dans sa chambre, quelle fut sa surprise , son effroi , en apercevant Tancrède assis devant son bureau ! H avait l'air parfaitement tranquille ; il était établi là comme un frère qui attend sa sœur un mari qui attend sa femme.

Le premier mouvement de Clarisse fût de s'enfuir et 46

l^^^^^r^—^H^^IBÉta

retourner auprès de sa mère ; mais un regard de Tancrède la retint.

— Ne craignez rien, dit-il d*un ton doucement respectueux; venez, Qarisse , j*ai à vous parler.

Clarisse restait immobile.

— Venez donc, enfant, avez-vous peur de moi? depuis le temps que je viens \d tous les jours , vous devriez avoir plus de confiance; pourquoi cette crainte? je ne la mérite pas.

L'accent de reproche dont Tancrède dit ces mots affligea la jeune fille. Elle fit quelques pas vers lui , puis elle s'arrêta. Tancrède fut blessé de tant de défiance.

— Vous ne me comprenez pas, dit-il avec tristesse. Adieu! Et il prit la canne de sa main gauche.

Qarisse ne le voyant plus , enhardie par le regret et l'absence, s'élança vers la place qu'il était censé avoir quittée , et elle se trouva près de lui.

— Quel prodige I dit-elle... Oh ! que j'ai peur !

— Rassurez-vous , Clarisse , dit Tancrède redevenu visible , je vous expliquerai un jour ce mystère; maintenant, je ne veux m'occuper que de notre bonheur. Dites-moi , soyez franche : Voùlez-Yous être ma femme?

— Moi? Monsieur, dit-elle avec embarras; mais... je ne vous connais pas...

— Garisse , vous ne dites pas vrai... c'est mal : me voyezvous donc aujourd'hui pour la première fois? méconnaissezvous votre ange gardien! ajouta-tril en souriant.

— Oh ! non, dit-elle, c'est bien vous I

— N'estrce pas, c'est bien moi que vous aimez?

— Oui, mais pourtant je ne vous connais pas ; dites-moi qui vous êtes, par quel mystère?...

— Ne m'interrogez pas , je ne puis vous répondre encore ; demain, Clarisse, je viendrai parler à votre mère ; elle saura que je vous aime, que je veux vous épouser ; mais ne lui dites rien de nous, tout ceci est un secret qu'elle doit ignorer.

-^ Mais si elle me demande où je vous ai vu ?

-* Dans Tos rêves ; d'ailleurs ne m'avez-vous pas déjà ren-

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contré chez madame de D*^? Â propos, et ce jeune heanw à qvA elle vonlait vous marier?

— G'étmt vous? s'écria Clarisse.

^Moi? non. Vous ne le connaissez donc pas ?

— Je ne Tai jamais vu, je n'ai pas voulu aller chea; madame de D***, le jour où il y était.

— Fort bien, reprit Tancrède en riant, je dirai à votre môre que c'était moi.

— Mais, à moi , vous m'expliquerez la vérité?

— Cela m'est impossible. Ne me demandez pas un secret qui n'est pas le mien, c'est celui d'un de mes amis ; je ne sois pas libre de le confier, même à vous ; je dois iqo taire.

— Je devine, s'écria Clarisse vivement ; cet ami est le propriétaire de notre maison. Je me rappelle l'avoir vu sourire l'autre jour, quand je l'ai rencontré dans le jardin ^ c'est lui qui nous a trahies ; il vous a donné toutes les clefo de notro appartement pour pénétrer chez nous !

Tancrède se mit à rire de cette idée , et comme Ckirisse l'avait adoptée, il la lui laissa. Les personnes qui ont de l'imagination agissent toujours ainsi; elles /eurnissent aux autres l'idée qui doit les tromper.

Cependant les doubles clefs n'expliquaient pas ces apparitions et ces disparitions subites qui effrayaient tant Qarisse; elle insista encore... Tancrède allait se fâcher.

— Vous ne m'aimez pas, dit-il, l'amour n'exige pas tant d'explications...

— Eh bien ! dites-moi seulement, est-ce que vous serez toujours là sans que je le sache?

— Ah ! vous avez déjà peur, Madame, reprit Tancrède en plaisantant.

— Ce n'est pas cela, mais j'aime mieux vous voir.

Et Clarisse, en parlant ainsi, attachait sur lui ses beaux yeux avec tant de plaisir, que cela donnait beaucoup de venté â ses paroles.

Qu'elle était belle alors l Tancrède, qui affeet«l une froideur pleine de di§^té, ne put résister à ce regard, li

^MÉflk^^MrilteHiÉMI

DB M. DE BALZAC. t7i

attira Qarisse près de lui et Tembrassa bien tendrement. Elle pâlit.

— Cest étrange, dikille; il nie semble... un jour... j'ai rêvé... — Et puis elle lui demanda naïvement : — Est-ce la première fois que...

-^ Que je vous embrasse? non ; mais ne m'interrogez pas. Bonsoir, reposez-vous... dormez bien, vous ne révérez pas... dormez, à damain! Adieu, Qarisse, adieu, ma femme.

Et il s'éloigna bien tite^ car il avait peur de Mi Clarisse vit sortir Tancrède par la porte comme un être réel, non plus comme un ftlftténf^. Ses yett le suivirent avec amour.

— Dès qu'elle fut seule, elle se mit à sauter <ié jdié comme un enfant.

— Tout cela est donc Tndî s'écria-trclle , et la joie enivrait iOB CGBur.

Avant de se coucher, elle regarda encore autour d'elle, dans la chambre, pour voir s'il était tout à fait parti... mais réellement il n'était plus là.

Un mois après il y revint — non plus conune un être invisible, mais comme un inaH Mot â qu'elle devait voir auprès d'elle toujours.

Madamame Blandais fut éblouie de ce brillant mariage, qu'elle attribua au talent de sa fille, et qui n'était dû qu'à la merveilleuse canne de M. de Balzac.

La célébrité n'avait fait valoir que le génie naissant de Clarisse ; la cann') bienfaisante avait fait connaître la pureté de sa vie, la simplicité de son cœur, le charme de son caractère. •» La canne , bien au contraire , avait réparé le tort que la célébrité lui avait fait — elle avait appris à Tancrède que les âmes qui se conservent pures dans le monde , sont celles qui vivent d'illusions ; et que, si la célébrité est un flambeau qui jette trop d'éclat sur la vie , la poésie du moins est un saint voile qui couvre et préserve le cœur. Bienheureux ceux qui sont poètes 1 bien malheureux qui ne l'est plusl

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