M. GOSSELIN
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Parmi les colonies dont la découverte, ou l’établissement, est due à des navigateurs normands, il en est une avec laquelle la Normandie est toujours demeurée sympathiquement unie ; c'est le Canada. Nulle autre colonie, non plus, n'a témoigné envers notre province des sentiments d'amitié aussi persévérants. Les traditions et les mœurs de ses habitants, l'aspect de ses campagnes, le français même que l’on y parle, tout dans ce pays a conservé, comme une empreinte, les traits principaux de ses premiers fondateurs.
L'histoire du Canada nous doit donc intéresser d’une manière particulière ; mais cette histoire est faite depuis longtemps et, sans parler des relations que les
voyageurs du xvnt siècle nous ont laissées sur les établissements de la nouvelle France, d'excellents ouvrages modernes et tout-à-fait récents semblent ne plus permettre de revenir sur ce sujet.
Cependant, à notre point de vue, il ne saurait être sans intérêt de rappeler encore les premiers essais de colonisation qui furent tentés au Canada depuis Francois 1" jusqu’à Louis XIIT et de rechercher, à l'uide de quelques documents inédits, quel fut le rôle des commerçants Normands dans cette entreprise.
Déjà l’île de Terre-Neuve, découverte en !497 par deux Italiens, Jean et Sébastien Cabot, tous deux au service du roi d Angleterre, avait appelé l'attention du gouvernement français sur ces contrées, C'était, d'ailleurs, l’époque des longs voyages maritimes et des entreprises hardies. François Ier aimait trop les aventures sur la terre ferme pour ne pas essayer d'en organiser une sur la mer. Il rêvait la découverte de pays transmarins, lorsque son amiral, Philippe Chabot, lui présenta Jacques Cartier. Marin aussi expérimenté qu'intrépide, Cartier plut au roi qui lui confia la conduite de deux vaisseaux équipés et armés pouraller à la découverte des pays encore inconnus d’au-delà de Terre-Neuve.
Jacques Cartier partit sàns retard, et après avoir rencontré les côtes du golfe Saint-Laurent et les avoir explorées, il revint en France vers l’année 1534 et rendit compte au souverain du résultat de son voyage ; il lui fit un tableau si animé de la prodigieuse fécondité du pays qu'il venait de parcourir, de la douceur des mœurs de ses habitants, de la richesse des fourrures qu'on y récoltait et dont il rapportait de remarquables
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