‹ Nouvelles glanes historiques normandes puisées exclusivement dans des documents inédits [microforme]Chapitre 21 sur 23 · nt · texte numérisé non relu

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« ordre à ce que la ville et les rues fussent tenues « nettes, tant les grandes rues que les petites; qu'ils « ne font exécuter les ordonnances touchant les rete- | « nues et latrines ordonnées être faites ès maisons et | « édifices que l’on à fait depuis lesdites ordonnances, | « Enfin, les dessus dits ne font rien de leur debvoir « sur toutes ces choses qui sont néanmoins du fait de « la ville et de la police d’icelle, tout estant au plus « grand désordre et confusion qu’il peut être porté. (1) ;

Cependant, à moins de deux années de là, ce dé- 1 sordre était devenu bien plus grand, si grand même k que, pour en arrêter les progrès, le Parlement dut maintes fois unir ses efforts à ceux du Bureau de Police.

— 56 — | « mandies, pilleries et roberies ; qu'ils ne donnent |

C'était, d'ailleurs, le moment où les premiers émissaires de Martin Luther se répandaient en Normandie et notamment à Rouen; la propagande y était déjà

fort active dès la fin de 1523, puisque le Parlement, 7 À dans le mois de décembre de cette même année, avait | fait saisir un grand nombre de petits livres, et en avait

ordonné la destuction par le feu. Ges petits livres, ap-

portés à Rouen ei distribuës par des étrangers venus, | paraît-il, en assez grand nombre, avaient produit dans | la population une agitation que les prédicants de &enève et d’autres villes où la réforme tenait ses principaux établissements, entretenaient à plaisir. Par suite, la tranquillité publique était profondément troublée. Souvent, durant la nuit, des clameurs s’élevaient, des rixes avaient lieu dans les rues, et le paisible habitant,

(1) Archives du Palais, arrêt du 3décembre 1522, ‘

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le bourgcois, n’osait plus se hasarder à sortir le soir et à parcourir ces rues tortueuses que l'absence de toute espèce d'éclairage laissait dans la plus profonde obscurité; on ne pouvait faire un pas hors de chez soi sans être muni de sa lanterne, et encore cet objet pouvait-il, parfois, devenir, pour celui qui le portait, plns dangereux qu'utile, puisqu’en cas de mauvaise rencontre, l’agresseür, demeuré dans l'ombre, voyait sans être vu.

Cet état de choses amena, pour notre viile, l’invention du réverbère, ainsi que cela résulte d’un arrêt du Parlement en date du 9 juillet 1524, dont voici les termes :

« Afin d'éviter le bruit et le danger des boutefeux que l’on dit estre espartys en grand nombre dans le « Royaulme;

« Veu l'avis ou délibération faite en l'hôtel commun ù

« Et le procureur général entendu sur la forme de « faire le guet durant la nuit en la ville de Rouen,

« La cour ordonne :

« Premièrement, en suivant ce qui déjà a été ordonné « et commencé de faire, que ès maisons où il y a fe- «nestre sur rue, de six maisons en six maisons, les « demeurants ou tenants lesdites maisons, seront te- « nus chacun en leur tour, selon le roole qui en sera « faict, avoir et tenir lanternes, et dedans icelles une « chandelle qu'ils alumeront à l'heure de dix heures « du soir et jusqu'à quatre heures du matin, ct, se « faire se peult, mettront lesdictes lanternes en une « corde qui sera mise de travers de ladicte rue, de fe- « nestre en aultre, à ce que lesdictes lanternes et chan- « delles puissent rendre plus grande clarté;

€ Ordonne en outre que de vingt maisons l'une, sera

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« prins ung homme de sorte ct quallité pour faire ie | « guet par les rues durant la nuict; lequel homme | « ainsy prins se Liendra à l'huis de la maison dont il | « sera prins, en tel lieu que ceulx qui seront de guet | « des autres maisons se puissent voir et entendre l’ung |

« l’autre. Et seront lesdicts hommes pour faire ledict « guet prins par les quarteniers, centenniers, cinquan- « tennicrs et dixainicrs selon le rôle qu'ils seront te- « nus de faire, et lesquels quarteniers et tous ces der- « niers seront tenus de lournoyer ou faire lournoyer « quelque personne dont ils se conficront pour veoir sy de « nombre de gens sera fourny.

« À quoy faire seront contraincts les gardes du « guet. » (1)

En 1552 et surtout en 1559 la prescription relative à l'éclairage des rues fut renouvelée ; l'arrêt de 1559 enjoignit expressément « à tous les mananis et habitants « de mectre ou faire mectre fallots ou lanternes chacun « en sa maison qui portent telle lumière sur ces rucs « que l’on puisse veoir et connaître Îcs personnes qui « passcront, » (2)

C'était par de semblables ordonnances que le Parle-

ment complétait, quand les circonstances Ie demandaient, les règlements que, dès l’origine, il avait confiés à la vigilance de son bureau de la police. I] en fut toujours ainsi. Du haut de son siége souverain, il étudiait les nouveaux besoins que créaient les événements, et, tout en laissant au baïlli sa liberté d'action dans une certaine mesure, il le surveillait et Jui venait

(1) Palais-de-Justice, arrèt du Parlement, 9 juillet 1524. (2) Arrûôts des %3 mars ot 5 avril 1559

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