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quelque temps au fait de la police, rendit en leur présence une ordonnance par laquelle il leur enjoignit formellement pour l'avenir « d’avoir à aviser entre eux | « de s’assembler tous les quinze jours, soit chez le | « lieutenant général du baïilly ou en la chambre du « conseil du Bailliage, pour regarder au fait de la po- « lice et du tout faire un Registre qui sera apporté à « la cour tous les mois. Et ce à peine de 5 livres « d'amende contre ceux qui manqueront auxdites as- « semblées (1).
Cette ordonnance fut maintes fois renouvelée dans le courant du xvi siècle et même avant 1570 : à l’occasion d’une difficulté survenue entre le lieutenantgénéral civil et le lientenant-général criminel, la Cour ordonna que le bureau de la police s’assemblerait non plus de quinzaine en quinzaine, mais deux fois chaque semaine, les lundis et jeudis ; etelle enjoignit aux enquéteurs et aux sergents d'y apporter leurs procès-verbaux. Mais, en ces temps de troubles, le désordre était
tel que malgré le zèle du Parlement, malgré ses ordonnances, le bureau de la police se trouva très souvent empêché de siéger. De 1559 à 1570 il ne s’assembla que très irrégulièrement et, durant plusieurs années, il ne s'assembla pas du tout. Aussi, à la séance de la Cour du 15 octobre 1573, l'avocat du Roi, Bigot, crutil devoir remontrer à Messieurs « qu’à ce temps estoit «a besoin de donner ordre à la police parce que, dit-il, «les regrattiers font des connivences entre eux, et «voyant qu'il ne s'est tenu de longtemps aucune
{1} Arch, du Palais, du 29 juillet 1534
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< chambre de police ni à la chancellerie ni chez le € baiïlly, ils ne la redoutent plus et se livrent aux abus « défendus, à quoi de Brévedent, lieutenant-général, « répondit : Que depuis l'établissement de la police et € l'attribution de juridiction aux commissaires enques- « teurs, il n'avait plus tenu aucune chambre de po- « lice, »
Sur ce, la Cour ordonna « que ladite chambre re= « prendrait ses séances le lendemain, à deux heures « de relevée, en la chancellerie, lieu accoutumé, sous « peine de dix livres d'amende contre ceux qui ne s'y « rendront. » (1!)
Malgré tous ces arrêts, le bureau de la police, pendant toute la seconde moitié du xvi siècle, ne parvint jamais à tenir régulièrement ses séances ; trop de causes s’y opposèrent, et cependant jamais la ville de Rouen n’en avait eu un plus grand besoin. La ville était remplie de gens de toute sorte : d'émissaires de la réforme, de prédicants et surtout de vagabonds qui, profitant du désordre, vivaient à ne rien faire eten mendiant, malgré les centaines d’arrêts qui, à des intervalles très l'Ap— prochés, leur avaient ordonné de vider la ville dans les vingt-quatre heurcs. La désorganisation devenue complète pendant les guerres de la Ligue, et, jusqu'à l'année 1596, les choses allèrent de mal en pis. Après la paix, le Parlement s’empressa de réunir les trois bureaux de police et de leur enjoindre de reprendre chacun leur service. Mais, alors, de nouveaux éléments de désordre étaient venus rendre leur mission plus difficile que jamais. Le licenciement des armées
(1) Arch, du Palais, arrêt du 15 octobre {137
avait jeté dans les villes et dans les campagnes une multitude de soldats dont la plupart ne vivaient que par le vol et le pillage. Habitués depuis trop longtemps aux excès que la guerre entraîne, ils les continuaient en temps de paix; ce n’était point timidement qu’ils se livraient au vol, c'était en plein jour, à main armée; en vain lançait-on contre eux les troupes régulières et les poursuivait-on dans les champs, ils se retiraient dans les forêts, dans les bois, et s’y fortifiaient. Leur audace était telle dans les villes, qu’à Rouen, la cinquantaine, la garde bourgeoise et les arquebusiers étaient mis sur pied à toute heure de jour et de nuit pour ! ‘ar courir sus, Il fallut doubler les serrures des portes, se barricader chez soi pendant la nuit, ct une sentence du bailli prescrivit de veiller avec le plus grand soin à ce que toutes les échelles fussent cachées et mises hors de la portée de ces brigands que rien n’intimidait.
Cela dura jusque vers 1604.
Cependant le Bureau de Police avait pu se réorganiser ; il fonctionnait régulièrement depuis 1597, et si, durant ces dernières années, la ville de Rouen échappa aux pillages dont les gens de la campagne eurent tant à souffrir, c’est à sa vigilance et à celle des gardes bourgeoises qu'elle le Qut,
Maintenant, il serait inutile de suivre plus longtemps le Bureau de Police ; son organisation, ses attributions étant suffisamment connues, il suflit de dire qu'il continua son œuvre en la perfectionnant jusque vers la fin du xvu' siècle, époque à laquelle la création des Licutenants-généraux de Police mit fin à
l'existence des anciens Bureaux et fit entrer cette ad-
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ministration dans une voie nouvelle qui devait bientôt conduire à l’organisation puissante que nous possédons aujourd’hui.
Il nous reste à parler du Bureau des Pauvres et du Bureau de la Santé,
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Extrait du Précis des Travaux de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres là et Arts de Rouen, année 1871-72.
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