‹ Nouvelles italiennes et siciliennes (volume 2)Chapitre 125 sur 132 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

eret. Je n'oublierai jamais les faveurs que j'ai régnés de vous , signor comte. Vous seul au monde m'avez parlé avec sincérité et dans mon intérêt. Daignez m*accorder votre pardon, votre pitié, et l'honneur de vous embrasser.

Le pauvre Truffaldin me pressa entre ses vieux bras; il me jeta un dernier regard attendri de ses gros yeux pleins de larmes; puis il s'enfuit en*fcourant, et je demeurai seul , errant dans Venise , privé de mes chers acteurs, plus âgé de vingt-sept ans que je n'étais k leur retour de Lisbonne. 0 mon cœur ! ô comédie nationale ! autour de moi pas une tôte qui porte encore le goût de cet art si particulier, si éminemment italien ! Mais je deviens pathétique... Essuyons bien vile la joue sur laquelle m'a baisé ce Truffaldin : le drôle avait mangé de l'ail. Sans qu'on y prenne garde , j'essuierai du même coup cette larme qui s'échappait de ma paupière, et j'irai dîner, bien fier d'avoir réussi a paraître philosophe, pour ne pas dire insensible.

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