‹ Nouvelles italiennes et siciliennes (volume 2)Chapitre 129 sur 132 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

n*étaient que des sonnets et des petites poésies de circonstance, dont on s'occupait pendant un jour, et qui mouraient le lendemain de leur naissance. Plus de guerres dramatiques, plus d'assauts, plus d'embuscades ni de batailles rangées autour de la forteresse du Parnasse! De grandes rumeurs politiques s'élevaient dans le nord de l'Europe ,"61 leurs échos répandaient l'élonnement et l'inquiétude en Italie. A présent même, ces rumeurs augmentent de jour en jour. Le lion de l'Adriatique ferme les yeux et feint de dormir sans les entendre. Chaque bouffée de vent qui passe les Alpes apporte quelque mot nouveau ; celui d'égalité arrive au sein d'un nuage orageux ; on cherche k le comprendre ; on le commente de cent façons. Je le t(»ume et retourne sept fois dans ma tête ; et plus j'y songe, plus je trouve (le motifs pour le considérer comme une rêverie philosophique.

Lecteur bénévole, si vous êtes juste, vous me saurez gré de glisser sur l'histoire de mes dernières années; car si je m'abandonnais au radotage, il pourrait m'arriver d'écrire encore tout un volume insipide; je m'en abstiens, parce que j'ai tant perdu de parents et d'amis que je vous promènerais malgré moi dans un cimetière, et parce que mon imprimeur assure que nous avons plus de matière qu'il n'en faut; d'ailleurs, ce serait manquer au bon esprit qui m'a guidé dans l'entreprise de ce travail , puisque je publie ces mémoires par humilité. Vous trouverez k la suite de ce chapitre la pièce des Droguée de V Amours représentée au théâtre San-

â94 MEMOIRES DE CHARLES 60ZZ1.

Salvatore le 10 janvier 1776, et vous pouvez juger par vous-même cette prétendue satire personneOe.

Dix-sept ans se sont écoulés depuis que j'ai écrit œ qui précède. Nous sommes an 18 mars 1797, et j'ajoute ici un dernier mot. Je sens Tenthousiasme qui s'empare de moi. Permettez-moi, de grâce, une tirade pathétique :

c Pendant le doux rêve d^une démocratie impossible, bercés par Tillusion d'une liberté trompeuse, è mes compatijotes , nous voyons apparaître à nos yeux... >

Mais l'imprimeur m'interrompt et me prie de modérer l'ardeur de mon éloquence. Je laisse donc aux gens sérieux et aux historiens véridiques le soin de raconta* ce qui apparaît k nos yeux.

Lecteur patient, je profite de ce que je suis encore en vie pour vous dire un tendre adieu.

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