CHAPITRE VIII. m
qu*eUe emporta les serrures , les persienoes , verrous et ferrements, sans oublier un clou : c'était un dégât complet; et il me fallut débourser cent ducats pour eiAcer les traces de ces insectes dévastateurs.
Personne ne jouit plus que mol du côté comique des clioses; mais, dans cette occasion, au milieu de mes rires , un fatal trait de lumière me passa dans Tesprit. Rien ne pouvait m*arriver comme aux autres hommes. Une influence maligne et sardonique s'attachait a moi. Mes querelles de famille, le désordre de notre fortune , mes procès, l'affaire du charcutier, tout révélait une puissance ennemie et cachée. Je devais m'attendre h la retrouver devant mes pas jusqu'à ma dernière heure, et jusque dans les moindres détails : k vingt-cinq ans , je pouvais la braver sans le secoui*s des signes de croix et de l'eau bénite; mais ne devait-elle pas, tôt ou tard, devenir plus forte que moi? Elle m'accabla, en effet, quand mon sang, appauvri par l'âge, et surtout quand mes imprudences lui eurent donné plus d'empire sur ma pauvre cervelle.
Sans doute en se voyant découverte, mon étoile hostile jugea prudent de se voiler un peu. Après tant de pers^utions, elle prit un congé de quel(^ues mois; mais, hélas! elle m'envoya, en son lieu et place, l'amour, cette autre puissance diabolique , la plus fertile de toutes en malheurs, insomnies et déboires.
(ÎHAPITRE IX.