‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863 (volume 2)Chapitre 18 sur 44 · II. Sfjmphôna, ennsonnnles, consonnes · texte numérisé non relu

II. Sfjmphôna, ennsonnnles, consonnes

i“ Hëmiphôna, semi-vocales, semi-voyelles; I, m, n, r, s, ou Hyf/rà, liijuidœ, liquides, 1, m, 11 , r.

2° kphôna, mutæ, lettres non vocales.

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XiiAtdi ntXc'jfjimi; ix^vÛTai [rô ûm 9x&^ôv n irrtûjJLA iroftx-

Catviiv * twv x(t^^v ttâvu xat TrvtûpiiaTc^ iroXXcû jxoM*

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XiUT) bi; To cp, cvTi ‘luXcî w; TÔ IC, àXXà yioviv Ttvà ^u(o^6v tû TrvtûaaTi X. t X. Voir Hudolph von Haumer, SpracAwissenschoJUiche SchriJteUy p. 102; (Jurtius, Grieckische Etymologie, II, p. 30,

(1) Hauiuer, /. c., p. UMl.

lÆÇONS SUR LA Sr.IEKr.E 1)11 LANGAGE.

a. Pxiltt, tenues, U'inues. b. Mêsa, mediœ, moyennes, k. t, p. . g, d, 1).

c. Daséa, aspirattn, aspir»-es.

ch. th, j)h.

On trouve chez les grammairiens de l’Inde une autre classification des lettres, plus parfaite, parce qu’elle est déduite d’un idiome, le sanscrit, qui n’était pas •encore écrit à cette époque, mais que la tradition orale conservait avec soin et dont on avait déjà étudie toutes les articulations. Cette classification se rencontre dans les Prdtimkhyas , ainsi qu’on les nomme, ouvrages consacrés à la phonétique, et qui proviennent de différentes écoles où les textes anciens des Védas se transmettaient de génération en génération avec une exactitude qui dépassait de beaucoup celle des copistes le plus scrupuleusement attentifs. Quelques-uns de ces ouvrages ont été publiés et traduits dernièrement, et peuvent être consultés par ceux qui s’intéressent à ces matières (1).

Dans ces dernières années l’étnde de la phonétique a été reprise avec une ardeur plus vive par des hommes

(I) PrùtliAkhya du Rlÿ-f'éda, par M. Ad. Régnier, dans le Journal asiatique, Paris, <go6-.'>8.

Ttxl und Vebersetzung des Prdtisdkhya, oder der iilteslen Phonetik und Grammatik, dans l'édition que M. Max Mûller a donnée du Rig-Véda, Leipzig, 1836.

Dos FAjasanéyi-Pràtiiàkhyam, publié par le professeur A. Weber, dans les tndische Studien, vol. IV. Berlin, 1858.

The Atharva-S'eda Prdtisdkhya, par W. D. Whitney, Newhaven, 1862. Le même savant distingué prépare en ce moment une édition du Prâtisâkhya du Taittirîya-Veda. Comme les hymnes du Sâmaveda étaient chantés et non récités, aucun l>r!Uisdkhya n'existe pour ce Véda.

TBOISifeMK LKÇON,

descienee, et des assauts ont été livrés, de trois côtés différents, par trois différentes armées, celle des philologues, celle des physiologistes, celle dos mathémati- , ciens. Les meilleurs traités philologiques que je puisse recommander (sans mentionner des ouvrages plus anciens, tels que l’excellent '•traité de Wilkins, 1688), sont les traités qu’a publiés en plusieurs fois M. Alexander John Ellis (1), de beaucoup) le plus exact observateur des phénomènes phoniques, celui qui a • le plus soigneusement parcouru et exploré ce vaste domaine (2). D’autres ouvrages par R„ von Raumer, F. H. du Bois-Reymond (3), Lepsius (4), Thausing (5), peuvent être consultés avec profit , chacun dans sa

(.1) Ouvragi's d'Alexander J. Ellis sur la Phonétique ; « Tke Alphabet of Nature, or contributions towards a more accurate analysis or symbolisation of spokcn sounds, n ith«ome arcount of the principal Phonelical alphabets hitherto proposed. » Ce traité a paru d'abord dans le Phonohjpie Journal, de juin 1844 à juin 1845, Londres et Bath, 1845, in-8°, p. viu,l94. The Essentiale of Phonetles, contenant la théorie d'un alphabet universel, avec son application pratique comme alphabet ethnique afin de ramener toutes les langues, écrites et non écrites, à un système d'écriture uniforme, avec de nombreux exemples.

(2) Getammelle sprachwlssenschaflliche Studien, von Rndolph von Raumer, Francfort, 1863. [Cet ouvrage est fondé principalement sur la phonétique des langues classiques et teutoniques.]

(3) Kadmus , oder Âllgemeine Mphabetik , von F. H. du Bois- Rcymond. Berlin, 1862. [L’auteur a réimprimé dans cet ouvrage des articles publiés à différentes époques depuis 1811 , remplis d'observations ingénieuses et originales.]

(4) Lepsius, Standard alphabet , deuxième éd., 1863. [Cet ouvrage traite du sujet en général , mais il est particulièrement utile pour les langues africaines.)

(5) Das Nalürliche hautsystem der tnentchliehen Spraehe , von l)'' M. Thausing. Leipzig, 1863. [L’auteur a eu spécialement en vue l'enseignement des sourds-muets.)

LKÇO.VS SI K L\ SUKME HL' I-ANGAfiE.

spliLi'L. Les ouvrages physiologiques que j’ai trouvés les plus utiles et les plus racilement intelligibles pour un lecteur qui ii’est pas spécialement engagé dans ces études, ce sontMûller, IJam/ZinoA of P/i/isio/offi/ ; Brücke, Gmudzüÿe rlcr Ph/i.mi/oy/e uud Sf/stemulik der Sftrac/iluute (Wien , 18o<>); Fiinke, Le/irl»ich der P/iif.sio/o- (/ie, et les articles de Czermak dans les Sitzungsherkhie der K. K. Akademic der Wissemt haften zu Wien. Parmi les travaux relatifs aux mathématiques et à l’acoustique, j’ai consulté sir John Herschel, Trea/ise on Sowid, d<yis \'Enci/r/ojiædia Metropolifana ; l’article du professeur Willis : On die Yonèl Soundx and on Reed Organ-Pipex, lu devant la Société physiologique de Cambridge en 1828 et en 1829; mais surtout l’ouvrage classique du professeur Helmholt/. : Die Lehre von den Tonempfindungen (Brunswick, 1809), qui a le mérite si ranï pour un livre allemand d’exposer sous une forme claire, classi({iie et vraiment populaire les résultats des recherches scientifiques les plus minutieuses.

Je ne dois pas manquer ici à appeler l’attention sur les importants services qu'ont rendus ceux qui, pendant’ prés de vingt ans, ont travaillé en Angleterre il faire passer dans la pratique les résultats de la recherche scientifique, en composant et en cherchant à propager un nouveau système « d’écriture abrégée et d’orthographe rationnelle », plus connu sous le nom de Réforme phonétique. Je suis loin de me dissimuler les diflicultés qui s’opposent au prompt succès d’une pareille réforme , et je ne me flatte pas de l’espoir qu'elle sera réalisée par quelqu’une des trois ou quatre générations qui nous suivront immédiatement. Mais

TliOISliîMK I,Et;ON. 12H

je me sens convaincu du caractère de vérité et de raison (jue présentent les principes sur lesquels repose cette réforme: or le respect que nous inspirent naturellement la raison et la vérité, (|uoiqu’il puisse être endormi ou intimidé par instants, a toujours fini par avoir le dernier mot, et par peser dans la balance d’un poids irrésistible. Il a rendu les hommes capables de renoncer à leurs préjugés les plus chers, et à leurs cultes les plus sacrés , qu’il s’agît des lois sur les céréales, de la dynastie des Stuarts, ou des idoles du paganisme ; et je ne doute pas que. notre orthographe irrationnelle n’ait le même sort que toutes les superstitions dont les hommes ont fini par se déj)arrasser. 11 est déjà arrivé que des nations ont changé leurs signes de numération, leurs lettres, leur chronologie, leurs poids et leurs mesures. Peut-être M. Pitman ne vivra-t-il pas assez longtemps pour voir le résultat de ses efforts persévérants et désintéressés; mais on n’a pas besoin d’èti-e prophète pour assurer que ce qui maintenant est hué par la foule devra l’empor ter un jour ou l’aufre, à moins que l’on ne trouve, pour combattre ce système, autre chose que quelques mauvaises plaisanteries déjà usées. Il y a, parmi les objections que l’on fait à ces projets de réforme orthographique, un argument qui devr'ait, à ce qu’il semble, avoir grand poids aux yeux du linguiste : celte réfoi-me, dit-on, ferait, dans un grand nombre de cas, disparaitre des lettres qui témoignent de l’étymologie des nrots. Je ne puis pourtant prendre cet argument très au sérieux. Dans les langues, la pr'ononcialion change d’après des luis déterminées, tandis'que , dans les idiomes modernes, pour ne parler que de ceux-ci en ce moment, l’orlho-

124 LKCONS SI R l,A Sr.lENOC I>1' LANfiAGE.

graphe a changé de la manière la plus arbitraire, de sorte que si notre orthographe suivait la prononciation des mots, elle serait en réalité plus utile à celui qui étudie le langage au point de vue critique que notre système actuel d’orthographe , avec ce qu’il a d'incertain, d’arbitraire, d’étranger à tonte méthode scientifique.

Quoiqu’on ait fait récemment des progrès considérables dans l’analyse des sons élémentaires de la voix humaine, les difticultés inhérentes au sujet ont été augmentées plutôt que diminuées par les profondes et laborieuses recherches qu’ont poursuivies séparément les physiologistes, les physiciens qui s’occupent d’acoustique, et les philologues. La voix humaine ouvre, si l’on peut ainsi parler, à l’observateur un champ oü se l'encontrent ces trois sciences distinctes. Le son, qui est comme la substance même de la parole, doit être analysé par le mathématicien et le physicien ; l’anatomiste examinera les organes ou les instruments de la parole ; l’histoire de la parole , les sons concrets et complexes dont se composent les langues et qui sont devenus ainsi les signes de la pensée, rentrent dans le domaine du linguiste. Dans de telles conditions il est absolument nécessaire que tous les intéressés réunissent leurs efforts pour tirer de toutes ces recherches éparses un heureux ensemble de résultats, et je saisis cette occasion de déclarer ici ce que j'ai d’obligations au D’' Rolleston, notre infatigable professeur de Physiologie, à M. G. Griffith, professeur suppléant de Physique expérimentale, à M. A. J. Ellis, et à d’autres encore pour l’empressement avec lequel ils m’ont aidé à me tirer de difficultés que , sans leur assistance , je

TKOISIÈNIC LEÇON. 125

n'aurais guère pu surmonter qu’au prix d’une énorme perte de temps.

Y a-t-il rien qui semble plus simple que r.4 B C, et cependant, si nous nous mettons à l’examiner, estil rien qui recèle plus de difficultés? Où trouvonsnous une définition exacte de la voyelle et de la consonne, de la différence intrinsèque qui les sépare? Les voyelles, nous dit-on, sont de simples émissions de la voix, les consonnes ne peuvent être articulées qu’avec l’assistance des voyelles? S’il en était ainsi, des lettres telles que n, f, r, ne pourraient être classées comme consonnes, car on n’a aucune peine à les prononcer sans le secours d’une voyelle. Puis, quelle est la différence entre a, i, u? Quelle est la différence entre une ténue et une moyenne, différence presque incompréhensible pour certaines races, comme, par exemple, les Mohawks et les habitants de la Saxe? .\ucun philosophe a-t-il donné une définition intelligible de la difi'érence entre le murmure, la parole, et le chant? Commençons donc par le commencement, et donnons quelques définitions des mots que nous aurons à employer dans la suite.

Posons une première distinction .v Tout ce que nous entendons peut se diviser en bruits et en sons. Les bruits, tels que le frémissement des feuilles, le grincement des portes, ou un éclat de tonnerre, sont produits par un ébranlement irrégulier imprimé à l’air. Les sons, tels que ceux que nous font entendre le diapason, les cordes tendues, les flûtes, les tuyaux d’orgue, etc., sont produits par des vibrations périodiques, ou, pour mieux dire, isochrones de l’air élastique. Que le son, le son musical, ou le ton sous sa forme la

LKÇI»>S SI;H srlKNCE IiU LAMJAIiE.

plus simple, soit produit par la tension , et qu’il cesse après que cette tension a cessé , et que les molécules du corps sonore sont retournées à leur état primitif, c’est une vérité qui semble avoir été vaguement devinée par les antiques créateurs du langage, car le mot grec M tono^ » ton, |)rovient d’une racine tan, qui a le sens di'étendre, allonger, l’ythagore avait sur ce point des connaissances plus précises (1). Il savait que, quand on veut obtenir de cordes de même qualité et de même tensiqn une note fondamentale, son octave, sa quinte, et sa quarto , les longueurs respectives de ces cordes doivent être comme 1 à 2, 2 à 3, et 3 à 4.

Quand nous entendons une note isolée, l’impression que nous éprouvons parait très-simple, et elle est pourtant très -compliquée. Nous pouvons distinguer dans chaque note :

t” Sa force, ou la mesure d’intensité avec laquelle elle frappe l’ouïe.

2" Sa hauteur, la place qu’elle occupe dans l’échelle des sons.

3° Sa qualité, ou, comme on l’appelle quelquefois, son timbre; en allemand Tonfurbe, c’est-à-dire « la couleur du ton ».

La force ou intensité dépend de l’amplitude des oscillations qui se produisent dans les molécules de l’air, agitées d’un mouvement vibratoire.

La hauteur dépend de la quantité de tem|»s que chaque molécule exige pour accomplir une oscillation complète, c’est-à-dire du nombre de vibrations exé^ entées dans un temps donné. Si, par exemple, le peu-

v1) Hi'liiiholU, Kinteitung, (i. 2.

TKOISIKME LK(;nX. 127

fiule d’ime horloge, qui bal la seconde, était disposé de manière à marquer des intervalles de temps plus courts, il ferait entendre des sons musicaux. Seize oscillations doubles dans une seconde sufHraient à produire un son; mais il serait si bas qu’à peine l’oreille pourrait-elle l’ai)précier. Dans la pratique , le son le plus bas que nous puissions entendre est produit par 30 doubles vibrations en une .seconde , le plus haut par 4,000. Entre ces deux limites sont comprises les 7 octaves ordinaires de nos instruments de musique. On dit qu’il est pourtant possible de produire des sons musicaux perceptibles tout le long d’une série de tl octaves, dont la note la plus basse est produite par 10 et la plus élevée par 38,000 doubles vibrations à la seconde, quoiqu’ici les notes les plus basses ne soient que de simples bourdonnements et que les plus hautes ne soient que des sons maigres difficilement perceptibles. la de nos diapasons, tel qu’il a été fixé récemment pour le (ionservatoire de Paris, exige 435 doubles ou 870 simples oscillations à la seconde (1).

(I) On il cuuluim.- du uumptur pur usi illatioii.s simples un France ut en Alleniagnc, i|aoii(iiu quelques écrivains allemands aduptcnl l'usage anglais de eompter par doubles vibrations ou par la longueur de l'onde entière. HelmholU emploie les* doubles et Seheibler b-s simples vibrations.

' I.a hauteur du diapason qui sert à ivgle r le ton des orchestres est variable avec les différents pays, et variable dans l'éti'ndue d’un même pays. En France, un arrêté du ministre d'État, pris le 16 février ISâO, a mis fin à cet état de choses aussi gênant pour l'exécution musicale que pool' les transactions du commerce. Cet arrêté, pris sur l’avis d’une commission composée de savants, de musiciens et de membres de l'administration des théâtres, institue un diapason uniforme iiourtous les étahlissemeiiLs musicaux autorisés par l’Etal, fixe le nombre de vibrations de ce diapason, donne le la pour

Kn Allemagne, le lu du diapasuu donne 44U vibrations doubles à la seconde. 11 est clair qu’au-delà des notes les plus hautes et les plus basses que nos oreilles puissent percevoir, il y a une série à l’infîni de notes musicales aussi réeUes que celles que nous entendons , mais qui sont hors de la portée de notre sens auditif. Il en est de même pour les autres sens. Nous apercevons le mouvement du pendule d’une horloge, et nous n’arrivons pas à apercevoir le mouvement plus lent de l’aiguille de la montre. Nous suivons le vol de l’oiseau, mais nous ne pouvons suivre le mouvement plus rapide d’un boulet de canon. Rien ne prouve mieux que ces remarques combien nous dépendons de nus sens : si ce sont les armes qui nous servent à découvrir la vérité, ce sont aussi les chaînes qui nous empêchent de prendre un trop haut essor.

Jusqu’ici , il y a des phénomènes qui peuvent nous étonner, mais tout est clair et intelligible. Quand nous entendons une note, nous savons, avec une exac-

l acrord dos oicheslros à 8*0 vibratiuns simples par seconde, urdimiic i|ue l’étalon prototype du diapason normal sera déposé au Conservatoire de musique ; par un arrêté ultérieur, le ministi c a décidé que tous les exemplaires du diapason normal seraient vérifiés et poinçonnés au Conservatoire par les soins de M. Lissajous.

Ces diverses mesures ont eu leur exécution ; le prototype construit dans les ateliers de >1. Sccretan a été vérifié par les soins de M. Lissajous au moyen de nombreuses expériences laites par des méthodes difl'érentes dont les résultats étaient concordants; il fait à 1/4 de vibration près 870 vibratiuns par seconde. Les diapasons du commerce, sans présenter une exactitude aussi rigoureuse, ne s'écartent pas, apres la vérification et le poinçonnage, de plus d'une vibration (kl diapason-type. L'uniformité du diapason e.st donc a.ssurée en France et le bienfait de cette mesure s'étend progressivement aux divers pays etrangers qui successivement et par la force des clioscs se rallient au diapason normal. [Tr.]

IIIUISIÉ.ME. LEÇON.

litude loulc malliémaliquc, à combien de vibrations j)ar seconde elle est due ; et, si nous voulons produire la même note, un instrument, tel que la Sirène, qui fournit, dans un temps donné, un nombre défini de vibrations, nous permettra d’arriver à ce résultat de la manière la plus mécanique et la plus sûre.

Quand dmx ondes d’une note entrent dans l’oreille dans le même temps qu’une onde d’une autre, l’intervalle entre les deux est une ortace.

Quand trois ondes d’une note entrent dans l’oreille dans le même temps que deux ondes d’une autre, l’intervalle entre les deux notes est une quinte.

Quand quatre ondes d’une note entrent dans l’oreille en même temps que trois ondes d’une autre, l’intervalle entre les deux notes est une quarte.

Quand einq ondes d’une note entrent dans l’oreille dans le même temps que quatre ondes d’une autre, l'intervalle entre les deux notes est une tierce majeure.

Quand six ondes d’une note entrent dans l’oreille dans le même temps que cinq ondes d’une autre, l’intervalle entre les deux notes est une tierce mineure.

Quand cinq ondes d’une note entrent dans l’oreille dans le même temps que trois ondes d’une autre, l’intervalle entre les deux notes est une sixte majeure.

Tout ceci n’est que la confirmation des phénomènes connus de Pythagore. 11 prit une corde élastique, et en la faisant porter sur une barre qui la divisait en deux, de manière à ce que les deux tiers de la corde fussent à droite de la barre, et que l’autre tiers fût à gauche, la portion de gauche, vibrant par elle-même, lui donna l'octave de la note inférieure de la portion de droite. De la même manière, en laissant :t/5 de la

SUK LA SCIE.NCE 1>L' LAMiAliE.

corde à droite, et 2/5 à gauche, la partie de gauche, une fuis entrée en \ibration, lui donna la quinte do la |iartie de droite.

Mais il est clair que nous pouvons entendre la incine note, c’est-à-dire e.xacteinent le même nombre de vibrations dans une seconde, produite par la voix humaine, par une flûte, un violoncelle, un fifre, ou une contrebasse. On a ainsi des notes toutes aussi hautes les unes que les autres, et qui diffèrent pourtant de caractère ; cette différence est ce qu’on appelle le timbre Au son. Mais quelle est la cause de ces différences de timbre? Par une espece de raisonnement négatif, on avait depuis longtemps supposé que, le timbre ne dépendant ni de l’amplitude, ni de la durée des vibrations, il devait être déterminé par leur forme. Toutefois le professeur Helraholtz fut le premier à donner la démonstration de ce fait. Pour y parvenir, il appliqua le

microscope aux vibrations de différents instruments de musique, et il put donner ainsi une exacte représen-

l'UUISlËMK LKi;OX.

tatiou graphique de leurs vibrations respectives , résultat qui n’avait été jusqu’alors qu’imparfaitement atteint par un instrument appelé le Phonautoyraphe. Les tracés que contient la page précédente indiqueront ce que signifie l’expression : « la forme des ondes » .

En poursuivant ces recherches, le professeur Helmhült/ fit une autre découverte très-importante, à savoir que les différentes formes des vibrations, formes d’où dépend ce qu’il appelle le timbre ou la couleur du son, entraînent en même temps la présence ou l’absence de certaines notes harmoniques, ou notes secondaires. D’où il résulte que c’est dire la même chose dans des termes différents que de parler de modifier le timbre ou de modifier les notes harmoniques.

Les notes harmoniques sont les notes secondaires que l’oreille entend en même temps que la note fondamentale qui est propre à la longueur de la corde. Ces notes harmoniques proviennent d’une corde vibrant comme si son mouvement était composé de plusieurs vibrations distinctes de cordes dont l’iinc aurait toute la longueur de la corde donnée, tandis que les autres auraient une moitié, un tiers, un quart, etc., de cette longueur. C’est ainsi que, si nous touchons la note ut, nous entendons, ert écoutant avec attention , l’octave (ut.), l’octave de la quinte (sol.), la double octave (utj), le mi, le sol, et le si bémol de la troisième octave.

LtgOMS SIJH l.K ÜUENUE OU EANGAt.E.

Ou peut prouver, par une très-simple et très-aimisaiite expérience, que les notes secondaires ne sont pas , purement subjectives, qu’il ne faut pas voir là un simple elfet de l'imagination. Si nous plaçons de petits soldats — une cavalerie très-légère — sur les cordes d’un piano, et qu’eiisuite on frappe une note, tous les cavaliers qui sont posés sur des cordes représentant les notes secondaires éprouveront une secousse, et pourront même être renversés, tandis que les autres resteront fermes en selle; c’est que ces cordes vibrent par l’effet de l’espi'ce de sympathie qui existe entre la note attaquée et ses notes secondaires. On peut faire la même épreuve au moyen de tuyaux sonores, disposés de manière à donner différentes notes. Si nous appliquons ces tuyaux contre notre oreille, et que nous sonnions ensuite une note à laquelle correspondent précisément les notes secondaires que doivent donner les tuyaux secondaires, ces notes retentiront à grand bruit et nous déchireront presque les oreilles comme un hurlement; taudis que, si les tuyaux ne correspondent pas aux notes harmoniques de la note donnée, les tuyaux sonores seront très-loin de produire le même effet.

Mous voyons ainsi, répétons-le, que ce qui nous semble une impression simple, la note unique touchée sur le piano, se compose en réalité d’un grand nombre d'impressions qui, réunies, forment l’impression collective dont sont frappées nos oreilles et que perçoit notre esprit. IVous n’avons pas conscience des notes harmoniques qui suivent chaque note et qui en déterminent la qualité; mais nous savons, pourtant, qu(‘ ces notes accessoires frappent nos oreilles, et que nos

Digitiztxj

TROISIÈME LEÇON

sens en sont affectés et les perçoivent. La même remarque s’applique à tout le domaine des connaissances qui nous sont fournies par les sens. Il y a une . profonde différence entre la sematinn et la perception.

Il y a beaucoup de phénomènes que nous commençons par percevoir et que nous percevons de nouveau aussitôt que notre attention est appelée sur eux, mais qui, dans le cours ordinaire de la vie, sont pour nous comme s’ils n’existaient pas. Dans les premiers temps de mon séjour fi, Oxford, j’étais constamment distrait par le bruit des cloches ; plus tard , je cessai même de remarquer la cloche du dîner. Il y a certaines boucles d’oreilles qui sont en ce moment très à la mode. Ce sont de petites clochettes d’or avec des battants de corail. Elles produisent naturellement un tintement continuel que tout le inonde entend, excepté la personne même qui porte ce bijou. Dans ce cas pourtant et dans d’autres semblables, la différence entre la sensation et la perception n’est due qu’au manque d’attention. II est d’autres cas où nos sens sont réellement incapables de distinguer, |ans l’aide de la réflexion et de certains procédés, ou de certains instruments, les différents éléments dont se compose l’impression objective que produit sur eux le monde extérieur. Nous savons aujourd’hui , pour prendre un exemple, que la lumière blanche est une vibration de l’éther, et qu’elle est constituée par la réunion des couleurs distinctes du spectre solaire. Le prisme nous permettra d’analyser ce composé , et d’en séparer les divers éléments constituants. L’impression produite sur nous par la lumière blanche est pourtant celle d’un phénomène simple, et nos sens sont trop grossiers pour

en isoler, par un effort quelconque, les différents éléments.

Nous serons maintenant mieux en état de comprendre ce que je considère comme une très-importante découverte du professeur Helmholtz(l). Il avait été prouvé par le professeur G. S. Ohm qu’il n’y a qu’une vibration sans harmoniques, à savoir la simple vibration du pendule (2). Il avait été aussi prouvé par Fourier, Ohm, et d’autres mathématiciens, que toutes les vibrations, que tous les sons complexes pouvaient être réduits à un certain nombre de vibrations simples ou vibrations du pendule (3). Mais c’est au professeur Helmholtz que nous devons de pouvoir maintenant déterminer exactement le caractère de beaucoup de vibrations composées, et de reconnaître la présence ou l’absence de ces notes harmoniques desquelles dépend, comme nous l’avons vu, la qualité, la couleur, ou, pour employer l’expression technique, le timbre du son. C’est ainsi qu’il trouva que, dans le violon, si on le conip*are à la* guitare ou au piano, la note fondamentale est forte, que les notes secondaires de deux à six sont faibles , tandis que celles qui sont de sept à dix sont beaucoup plus distinctes (4). Dans la clarinette les harmoniques impaires sont seules perceptibles, dans le hautbois les harmoniques paires ont la même force (5).

Voyons maintenant ce qui dans tout cela s’applique

(1) Helmhoitz, l. c., p. S2.

(2) Ibid., p. 38.

(3) Ibid., p. 54.

(4) Ibid., p. 143.

(T,)Jbid., p.M«2.

TnOlSifîMK I.Ki;ON.

au langage. Quand nous parlons, en réalité nous jouons d’un instrument de musique, et d’un instrument plus parfait qu’aucun de ceux qui aient jamais été inventés par l’homme. C’est un instrument à vent, où les cordex vocales constituent l’appareil vibratoire, tandis que la bouche, avec les différentes formes qu’elle prend, joue le rôle du tube extérieur, des tuyaux à travers lesquels passent les ondes sonores. J’essayerai de vous décrire, aussi bien que je pourrai, avec l’aide de quelques figures, la structure générale de cet instrument, quoique en agissant ainsi je ne puisse que vous communiquer les renseignements, nécessairement trèssommaires, qu’il m’a été donné à moi-ménie de recueillir auprès de notre excellent professeur de physiologie à Oxford, le D' Rolleston. Il a eu l'obligeance de me montrer et de m’expliquer au moyen de la dissection, et avec l’aide du laryngoscope nouvellement inventé (petit miroir qui permet à l’observateur de faire pénétrer son regard jusqu’à l’endroit où le canal aérien se partage en deux tubes bronchiaux), les os, les cartilages, les ligaments et les muscles, dont la réunion forme cet instrument extraordinaire sur lequel nous jouons, si l’on peut ainsi parler, nos mots et nos pensées. Quelques parties de cet instrument sont extrêmement compliquées, et je ne me hasarderais pas à me faire même l’interprète des vues différentes et quelquefois contradictoires qu’ont présentées Müllor, Hrûcke, Czennak, Funke, et d’autres physiologistes distingués, sur le mécanisme des différents cartilages, le thyroïde, le cricoïde, et V aryténoïde, qui à eux tous constituent les leviei-s du larynx. Heureusement il arrive (|ue les organes qui jouent le rôle le plusimpor-

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