IX. P, sanscrit p; grec, latin, celtique, slave p
PH, gothique f et b.
B, ancien haut-allemand f et v.
9° Le dernier cas qu’il nous reste à examiner est celui où nous trouvons dans des mots anglais ou gothiques une spirantc labiale, à laquelle devra être substituée la ténue labiale en sanscrit et dans les autres dialectes aryens, à l’exception de l’ancien haut-allemand, où le f reparaît généralement.
riNOt’lfcME LEÇON,
L’anglais. /'«re dans fare thee well «porte-toi bien», correspond au grec -piros « passage » . L’anglais icelfare « prospérité » , allemand wohlfahrt (même sens), serait en grec eitporia « passage facile, prospérité » , opposé à (/porta « difficulté de passer, gêne, pénurie, impuissance » . Nous retrouvons le même mot, mais légèrement changé, dans le sanscrit char « marcher » (1).
L’anglais feather « plume » correspondrait au sanscrit patira, qui signifie « aile d’oiseau » , c’est-àdire l’instrument du vol, de pat « voler » , avec le dérivatif Ira. Quant au latin penna «plume», il dérive de, la même racine, mais il est formé à l’aide "d’un autre suffixe. Ce serait patam en sanscrit, pesna et penna en latin.
L’anglais friend « ami » est un participe présent. Le verbe frijon en gothique signifie « aimer » , de là frijond. Nous trouvons en sanscrit prî « aimer » .
L’anglais few « peu » est le même mot que le français peu. Few, cependant, n’a pas été emprunté au franco-normand ; les deux mots sont des cousins éloignés. Peu remonte à paucus, few à l’anglo-saxon feawa, gothique fav-s, lequel est le véritable représentant gothique du latin pauct/s. L’ancien haut -allemand donne fS/i (2). '
(1) Voir Grimm, au mot /oAren.
(2) Kuhn, Zeitschrift, 1, 515. Pour des cxcciitions à la loi dé Grimm, >oir un savant article puhlid par le professeur Lottner dans Kuhn's Zeitschrift, XI, 161 ; et les observations de Grassmann dans le même Journal, XII, 131.
282 LEÇONS Sl'R LA SCIENCE DE LANGAGE.