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traduisant ce passage du Deutéronome, « et vous abattrez les images sculptées de leurs dieux», emploie l’expression die Gôtzen ihrer Gôtler.
Ce qui arrive ainsi dans des dialectes différents peut aussi avoir lieu dans une seule et même langue; et ceci nous mène à considérer notre quatrième et dernière proposition.
4. Des mots différents peuvent prendre la même fonne dans une seule et meme larujue.
Les mêmes causes qui font que des mots parfaitement distincts dans l’origine, prennent entièrement, ou à bien peu de chose près, le même son en anglais et en allemand , peuvent produire une convergence semblable entre deux mots différents d’une seule et même langue. Il y a plus, si nous tenons compte des particularités de prononciation et de grammaire, dans chaque dialecte, il est présumable qu’une parfaite identité de son dans deux mots d’origine distincte, se présentera plus souvent dans une même langue que dans des idiomes différents. De là il semblerait s’ensuivre aussi que ces exemples de conveigenca verbale doivent être plus fréquents dans les langues modernes que dans les langues anciennes; car ce n’est que par le travail constant de la corruption phonétique, et par ce frottement perpétuel qui use les vives arêtes des mots, que nous pouvons expliquer celte assimilation verbale. Nombre de mots latins diffèrent seulement par leurs terminaisons; ces terminaisons furent généralement omises dans les dialectes romans modernes.
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et il en résulta que cos mots ne pouvaient plus être distingués par le son. 11 y a en latin l’adjectif novux, et le nom numéral novem; après la chute de la terminaison, il est resté des deux mots le français neuf. L’adjectif possessif et le substantif .w/iw/n ont été réduits à une même forme, so/i. C’est ainsi que tuum et tonum sont devenus Ion. Le substantif feu est le latin focus; l’adjectif feu n’est pas proprement du latin, ou, du moins, il a été dérivé du latin de la manière la plus barbare. De même que nous trouvons en espagnol somos, sois, son, ce sois étant un barbarisme pour représenter le latin estis; et que dans cette même langue on a formé un gérondif siendo qui semblerait présupposer une forme latine barbare, essendo, ainsi il se peut qu’on ait dérivé un participe passé fuitm du parfait fui, et que ce participe ait donné plus tard naissance à l’adjectif feu. Aussi écrit-on en français feu la reine, et la feue reine.
11 arrive parfois que trois mots latins sont absorbés eu un seul son français. Le son de met' exprime en français trois idées distinctes : mer, mère et maire. Or supposons que le français n’eût jamais été écrit, et qu’un dictionnaire de cette langue dût être rédigé pour la première fois par des missionnaires envoyés à Paris de la Nouvelle-Zélande, le mot mer n’y figurerait-il pas avec trois significations distinctes, aussi diverses que les acceptions que nous voyons souvent réunies en un seul article dans quelques-uns de nos vieux dictionnaires grecs et latins? Il est certain qu’un des avantages de l’orthographe fondée sur l’étymologie, c’est que de cette manière la distinction entre des mots comme mer, mère et maire, est aussitôt et netle-
meut marquée pour les yeux ; pourtant si ces mots ne produist^nt aucune conTusion dans le coure d’uue conversation rapide, ils ne causeraient puère plus de perplexité à la lecture , quand même ils seraient écrits, comme ils se prononcent, tous les trois de la même manière.
11 y a des cas où quatre et cinq mots, tous d’origine latine, se sont fondus en un seul son français. Ver est le latin verniis, vers le latin versus , verre le latin vitrum, vert le latin viridis, vuir le latin varius. Il n’y a qu’une faible différence de prononciation entre mai le latin tmijus, niais le latin inuffis, mes le latin mei, et maie, liiiche à pétrir le pain, peut-être le latin mactrn. On prononce absolument de la même manière sang de sangitis, cent de centum, sans de sine, sent de sentit, et s’en (comme dans s’en aller) de inde.
Là où l'orthographe est la même, comme par exemple dans louer, faire un éloge, et louer, donner à louage, on a ({iielqucfois essayé de montrer que la seconde acception était dérivée de la première, et que la double signification de louer vient de ce qu’un propriétaire fait valoir les avantages de ce qu’il veut donner en location. Pareillement on a cherché à rattacher l’adjectif /in au substantif, en disant que l’extrémité d’un objet en est souvent la partie la plus mince, la plus /i'/tc. Dans le premier cas, nous savons que deux mots latins différents sont représentés par le français louer; ce sont les verbes laudare et locare. Dans l'autre cas, nous avons à constater une seconde cause de la confusion des mots en français. Deux mots, l’un d’origine latine, l’autre d'origine germanique, se sont rencontrés snr le terrain neutre de la Krance, et après s’ètre dé-
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pouillés de leur costume national, ne purent plus être distingués l’un de l’autre. Le même fait s’est produit pour le verbe causer. Dans l’un de ses deux sens, c’est le verbe latin causure; dans l’autre, c’est l’ancien allemand chôsôu, l'allemand moderne AYwe/i «converser». Comme le français ne fait pas seulement des emprunts à l’allemand , mais aussi au grec , nous n’avons pas lieu d’être surpris, si dans un page nous rencontrons le grec ::ai5iov « petit enfimt ou esclave » , tandis qu’une paye est le latin pagina.
11 y a cependant des cas où des mots français, italiens et espagnols, tout en ayant pris en apparence des significations entièrement hétérogènes , doi\ent êtn* rapportés à une seule et même origine. Voler, se soutenir en l’air par le moyen des ailes, est clairement le latin volare; mais voler, dérober, semblerait à première vue demander une étymologie différente. Cependant il n’y a aucun mot simple , ni en latin, en celtique, en grec, ni en allemand, d’où il serait possible de dériver voler, dans le sens de dérober. Or comme nous avons observé que bien souvent un même mot latin, par un changement graduel de la prononciation , a produit deux mots français distincts, nous devons admettre ici un dédoublement semblable causé par un changement graduel de la signification. Nous ne pouvons, bien entendu, nous contenter de recourir à une supposition purement gratuite , et dire qu’un larron a été appelé volator, voleur, parce que, quand il est découvert, il s’envole, en quelque sorte, loin de ceux qui le poursuivent. Mais nous savons qu’en vieux français voler se dit embler, ce qui est le bas-latin i/nbulare, qu’on rencontre, par e.xeinple, dans la loi sa-
lique. Cet imbulare est le latin involare, qui se disait d’oiseaux qui s’abattent (1), d'hommes et de femmes qui , dans leur colère , se jettent les uns sur les autres (2), de soldats qui fondent sur l’ennemi (3), et de voleurs qui s’élancent pour saisir une chose qui ne leur appartient pas (4). Ce même mot muo/are est pris, en italien, dans le sens de « dérober », et dans le dia- ' lectc florentin on le prononce imbolare, comme le français cmbler. C’est ce verbe involare, avec le sens de « saisir » , qui devint par uu abrégement le français voler. Voler a donc signifié originairement non pas s’envoler, mais <i voler sur », comme le latin impetm « assaut » est dérivé de la racine put qui signifie en sanscrit « voler » , et d’où nous avons dérivé penna et fealher. Un dictionnaire complet des mots français de ce genre a été publié par M. E. Zlatagorskoi, sous ce titre Essai d un Dictionnaire des Homonymes de la Langue française (Leipsick, t862), et l’on pourrait composer pour l’anglais un dictionnaire semblable. Car en anglais nous trouvons aussi des mots romans d’origine différente qui sont devenus identiques pour la forme, et nous trouvons en outre des mots saxons pour lesquels le même fait s’est produit; il n'est.
(1) « Neque eiiiin debent (aves) ipsis nidis involare; ne, dum adsiliunt, pedibus ova cunrringant. » — Col. 8, 3, ü.
(2) « Viv me contineu, quin involcm in capillum, monstrum. ■> — Ter. Eun., 3, 2, 20.
(3; « Adeoque improvisi castra involavcre. » — Tac. HUt., 4, 33.
(4) « Remitte pallium milii meum quud invulasti ». — Cat. 23,6.
Ces passages .sont pris dans le Dictionnaire latin-anglais de White et Riddle, ouvrage qui mérite les plus grands éloges pour le soin judicieux avec lequel les sens des mots ont été coordonnés, et tous les articles pour ainsi dire édifiés étage par étage.
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môme pas rare de rencontrer des mots d'origine saxonne dont la forme est devenue identiquement la même que celle de mots qui sont d’origine romane. Voici un certain nombre d’exemples :
I. to btow to blow to cleave to cleave a hawk to hawk to last tast la*t tast to Ite to lie ear ear
anglo-saxon blûwan « soiifilcr ».
— blbwian « llcurir ».
— clifian n s’attacher ».
— clûfan « fendre ».
— hafuc (I faucon », allcm. Habicht.
allemand hûken « colporter ».
anglo-saxon gelirstan « durer ».
— lalost O dernier ».
— hlxêt • charge ».
— /«isf B forme (de cordonnier) ».
— liegan n se reposer ».
— leogan n mentir ».
— edre « oreille », latin auris.
— edr « épi de hic », gothique ahs,
[allemand Jehre.