‹ Nouvelles lecons sur la science du langage cours professe a l'institution royale de la Grande Bretagne en l'annee 1863 (volume 2)Chapitre 43 sur 44 · III. Com corn sage sage to see a see scale scale scate Sound · texte numérisé non relu

III. Com corn sage sage to see a see scale scale scate Sound

anglo-saxon cor» « hic ».

latin cornu o cor ».

anglo-.saxon salwige « sauge ».

latin sapiens « sage ».

anglo-saxon seohan « voir ».

latin sedes « siège » (épiscopal), anglo-saxon scalu « plateau o (d’une balance). — scealu « écaille » (de poisson), latin scala « échelle ».

anglo-saxon sund « sain »

LEÇONS St’Il LA SCIENCE l>t LANGAGE.

■Sound atif'lo-savoti .S'mtic? o mer, détroit ».

tound latin sonus u son ».

Sound — subundare « sonder » (1).

Quoique le nombre de ces mots équivoques doive aller en croissant, ainsi que je l’ai déjà dit, avec les progrès de la corruption phonétique, cependant il se rencontre aussi de ces mots dans les langues que nous avons coutume d’appeler anciennes. A quelque haute antiquité que ces langues remontent, il n’est aucune d’entre elles où l’œil de l’observateur pénétrant ne découvre la preuve qu’elles ont existé bien antérieurement à l’époque la plus ancienne où il lui suit donne de les connaître. En latin, en grec, et même en sanscrit, l’altération phonétique s’est fait sentir, polissant l’àpreté primitive du langage, et produisant de temps à autre exactement les mêmes effets que nous venons d’étudier en français et en anglais. Ainsi, le latin est n’est pas seulement le sanscrit asti, le grec ècTt, il représente aussi le latin edit « il mange » . Or, comme en allemand ist a également ces deux significations, qu’on distingue cependant par nne orthographe différente, on a pris de grandes peines pour prouver que le verbe substantif fut dérivé d’un verbe qui signifiait originairement « manger » , l’acte de manger étant su|>posé avoir été l’affirmation la plus naturelle de notre existence.

Le grec m signifie à la fois « flèche » et « poison » , et ici encore on a voulu dériver soit flèche de poison.

(I) Vuir (le longues listes de mots semMabIcs dans .Mâtzner, £nglitche Grammatik, J, p. 187; Koch, Jtislori.se/ie Grammatik der englisctien Sprache, I, p. 223.;

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SIXIÈME LEÇON

soil poison de llf’che (1). Quoique ces deux mots se i-enconl relit dans le grec de l'époque la plus ancienne, ils sont néanmoins l’un et l’autre des modifications secondaires de deux mots primitivement distincts, ainsi que nous pouvons le voir eu nous référant au sanscrit, où flèche se dit ishu, tandis que poison se dit visha, le latin virus. C’est par l’influence de deux lois phonétiques (l’une permettant la chute d’une sifflante entre deux voyelles, l’autre permettant d’élider le v initial, appelé aussi digamma), que visha et ishu ont convei'gé vers le grec èl;.

Il y a en sanscrit trois racines qui prennent en grec une seule et même foriue, et qu’il serait presque impossible de distinguer, n’était la lumière que répandent sur elles les idiomes congénères. Nah, en sanscrit, signifie <i lier, réunir »; snu, en sanscrit, signifie « flotter » ou « nager»; nas, en sanscrit, signifie (I venir » . Ces trois racines revêtent en grec la forme

^et», fut. vulidj (sanscrit N.\H), signifie « filer», originairement « réunir » ; c’est l’allemand ndheti « coudre » , latin Itère. Ici nous, nous n’avons à remarquer (|ue la perle de l’aspirée primitive h, qui reparaît cependant dans le verbe grec vi(tiw « je file » , et dont l’existence antérieure peut aussi être découverte en latin, où le c de necto « nouer » présuppose la gutturale primitive h.

SNII, snauti, « courir », existe en grec sous la forme

(1 11 y a à faii'c ici un rapprochemenl curiciiv : c’csl iiu’oii observe ce même rapport de son cl de sens entre les mots Tt;ov « arc » et TOîis'.v « poison pour empoisonner lesücches » (d’où l'anglais intoxicolion « ivresse »).

vé(d. Ce veuj est pour oveFw. S est élidé comme dans |xixo(Jç pour c|jLixpo'ç (1), et le digamma disparaît, selon riiabilude, entre deux voyelles. 11 reparaît, toutefois, dès qu’il ne se trouve plus dans cette position. De là le futur veu 5 op.ai, et l’aoriste éveuoa. De cette racine, ou plutôt de la racine encore plus simple et plus primitive, 7 iu, les nations aryennes ont tiré leur terme pour navire, originairement le nuyeiir : sanscrit naits, nâvas, grec vaO;. r/iô;; latin mvis. C’est de cette même racine que viennent encore les noms de la n^ge, gothique suaivs, latin /«>, rtivis, comme vivo, vixi{2). Des formes secondaires de nu ou .v«« sont le causatif sanscrit snavuyati, et la forme latine corresjiondante nare qui a donné ensuite nature. Par l’addition d’une gutturale, nous obtenons le grec vrlyw « je nage », d’où vf.ooî « lie », et Nâ'oî a rile ». L’allemand AW/en « barque» montre aussi la même tendance à remplacer le v final par une gutturale.

La troisième racine est le sanscrit NAS « venir », le védique nasati. Ici nous n’avons qu’à appliquer la loi euphonique du grec, laquelle e.xige l’élision du c entre deux voyelles; et de même que notre précédente règle concernant le digamma a réduit vtFwàv£w, cette loi euphonique réduira la forme originelle veow au même vfw. Et de même que dans le cas précédent, la cause étant enlevée l’effet a disparu aussi, c’est-à-dire que le digamma a reparu dès qu’il s’est trouvé suivi d’une consonne , de même ici le <j remonte à la sur-

(1) Cf. Mehlhorn, §U4. Aussi fallu; fungus. Fcstus

cite en latin smillo et mUto, strilavus et tritaeus.

(2) C'est-à-dire que nivis dst pour iii{g)vis comme rt'ro est pour r>f(p)eo. [Tr.l

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face quand une consonne le suit, ainsi que nous le voyons dans vostoî « retour », de vttoôai.

Si maintenant nous avons établi que la vraie étymologie n’a rien à faire avec le son, quelle autre mé- , lliode doit être suivie pour démontrer qu’une dérivation donnée pour un mot est véritable et certaine? Notre réponse, la voici : c!est qu’il faut découvrir les lois qui règlent les changements des lettres. Si c’était par pur accident que le mot primitif pour lunne prit en sanscrit la forme aini, en grec la forme Saxpu, en latin la forme lacnima, en gothique la forme tagr, vouloir faire de l’étymologie une science serait rêver l’impossible. Mais cela n’est pas. Malgré l’apparente dissemblance de l’anglais tear et du français larme, il n’est point, sur la longue route qui mène de l’un à l’autre de ces deux extrêmes , un seul pouce de terrain que la philologie comparée ne rende ferme et solide sous les pas du linguiste. Nous croyons donc , jusqu’à ce que le contraire nous soit prouvé , que l’ordre et la loi président au développement du langage comme au développement de toutes les autres productions de la nature, et que les changements que nous observons dans l’histoire du langage humain ne résultent pas du hasard, mais obéissent à des lois générales qu’il est possible de déterminer.

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