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NOTICE SUR LA VIL
blié depuis longtemps dans le domaine de la linguistique ».
En 1857, M. IMax IMüller publia son savant ouvrage sur le Bouddhixnte et les pèlerins bouddhistes (1), et dans les Oxford Kssuys pour cette même année parut son Essai sur la Mj tholfl^ie j;ornparée, qui a fait époque dans Thistoire de cette science, et qui a été, pour nombre de gens instruits, comme la révélation d’un monde nouveau. Kuhn et d’autres mythologues allemands avaient déjà fondé sur de fermes assises la science de la mythologie comparée, et leur immense érudition avait fait les.découvertes les plus importantes pour l’intelligence des croyances et des religions de l’antiquité. \ M. Max Muller, non moins érudit que ses devanciers et que ses émules, il était réservé de poser les principes généraux de cette science , d’en tracer la vraie méthode , et d’appeler l’attention du public sur ces études nouvelles, en les lui présentant avec ce charme de style dont il a le secret.
En i858, M. Max Millier fut nommé Eellow de . 4 ll Soûls’ College à Oxford, et membre correspondant de l’Institut de France. Dans la même année il publia ses Classiques allemands ^ depuis le quatrième jusqu'au dix-neuvième siècle , qui contiennent des pièces justificatives pour toute l’histoire littéraire de l’Allemagne. La préface nous donne un aperçu du développement de la vie intellectuelle et littéraire de l’Allemagne (a).
(1) Buddhism and Buddhist pilgrims (l.ondon, I8o7).
(2) The German classics,Jrom the fourlh to the nineteenth centunj (London, IR-SS).
ETT LES ouvrages DE H. MAX MÜLLER. X'xix
Dans le cours de l’année suivante, M. Max Müller publia son Histoire de Vancienne littérature sanscrite (i), dans laquelle il nous donne le résultat de ses longues années d’étude sur le Véda et sur ses commentateurs. L’illustre écrivain, que nous avons déjà souvent cité, a consacré à cet ouvrage cinq articles dans le Journal des Savants,- et nous sommes trop heureux de pouvoir rapporter ici l'hommage qu’il rend à notre auteur. « Le nouvel ouvrage de M. Max Müller, dit M. Barthélemy Saint-Hilaire, marquera dans les études védiques un progrès considérable ; il fixe et il éclaircit une foule de questions intéressantes et douteuses, et il trace à la littérature du Véda un cadre qui, selon nous, sera définitif. U a porté l’ordre et la lumière dans ce trésor immense et confus des monuments primitifs de la religion brahmanique, et son système repose sur des bases qui peuvent sembler inébranlables » (2). Nous ne nous pardonneiions pas si nous omettions de citer encore le bel éloge par lequel le même savant termine son étude approfondie sur X Histoire de la littérature sanscrite, et que les amis de M. Max Müller auront plaisir à relire avec nous : « Tel est le tableau neuf et curieux que M. Max Müller a tracé, en répandant dans son livre une abondance de renseignements et de faits que nul avant lui n’avait accumulés avec une science aussi sûre, ni pré-
(1) A Hislory 0 / Ancient Santkrit Lilerature, s» far as it illu- IratiîS tho primitive religion of (lie Brahmaiis (London, 18:>9 X1X-G07 pages). La deuxième édition a paru en 18C0.
(2) Journal des Savant*, 1860, p. 457.
NOTrCE SÜB LA VIE
sentes avec autant d’élégance et de charme. C’est le fruit de la plus vaste et de la plus difficile investigation dans des manuscrits encore bien peu connus, et de la plus rare sagacité dans des éludes où elle est au moins aussi nécessaire que dans toutes les autres. V Histoire de f ancienne littérature sanscrite est faite pour ajouter beaucoup à l’illustration dont est déjà entouré, à si juste titre, le nom de 'VI. Max Millier. Sa splendide édition du Rig-Véda aurait suffi pour le consacrer, sans parler de tant d’autres travaux ; mais celui dont je viens de m’occuper est d’un ordre tellement élevé, qu’on peut douter que, d’ici à bien long- ‘ temps, personne le surpasse ou même l’égale. L’érudition, avec les labeurs et les pénibles recherches qu’elle exige, semble exclure trop souvent ce talent éminent de style et de composition. Evidemment il y a là une réunion bien peu commune de qualités qui d’ordinair^paraissent incompatibles; et ce sera là une' distinction particulière pour M. Max Müller, au milieu de tant d’indianistes fameux, ses émules et ses amis (i). »
De telles paroles venant d’un tel juge durent toucher profondément M. Max Müller, surtout au moment où elles purent arriver jusqu’à lui, au mois de janvier iKGi. Wilson était mort dans le cours de l’année précédente, et le 7 décembre se réunissaient ceux de qui dépendait le choix de son successeur.
M. Max Müller se présenta comme candidat pour la
(I) Journal des Savants, 1861, p. 5'J.
ET LES OUVRAGES I)E M. MAX mOLLER. XXxj
chaire de son ami. Il ne fut pas élu. ('.ertos le titre de Boden Professor oj Sanskrit n’aurait pu rehausser en rien l’éclat de sa réputation européenne; mais ses amis anglais, ceux d’entre eux surtout qui aimaient le plus leur vieille Université, virent cet échec avec tristesse, et les savants du continent apprirent la nouvelle avec étonnement et avec d’unanimes regrets.
C’est en avril, mai et juin de l’année i8Gi, que M. Max Millier donna devant un auditoire d’élite, dans la Royal Institution of Great Britain à Londres, ces Leçons sur la science du lunga"e[i) qui furent publiées la même année, et que l’Institut de France honora du prix Volney en 1862. Cet ouvrage est maintenant arrivé à sa cinquième édition en Angleterre, et la réimpression qui en a été faite en .Amérique, ainsi que les traductions allemande, italienne, russe et française, ont déjà eu aussi plusieurs éditions.
Dans les Leçons de 18G1, après avoir défini l’objet de J[a science du langage, M. .Max Alüller avait résumé l’histoire de cette science depuis sa naissance dans les écoles de l’Inde et de la (irèce , jusqu’à son merveilleux développement dans les travaux des linguistes contemporains. Il avait donné une description générale du vaste réseau des langues humaines , et une brillante exposition des grands faits révélés par la science du langage, et qui intéressent à un si haut degré l’histoire, la philosophie et la religion. Mais,
(1) Lectures on the Science of l.anguage delirered at the Royal Institution of Great Britain in/ipril, May, and lune, 1801 (London. 1861).