BIBLIOTHÈQUE DU LINGUISTE
L’apprenti linguiste commencera par s’abonner au Journal de Kuhn, et il fera bien de se procurer les quinze volumes déjà pubbés de ce recueil. Un excellent index l’aidera à se retrouver * dans les dix premiers tomes. II y joindra le Recueil publié par MM. Kuhn et Schleiclier, sous le titre de Beilrâge zur vergleic/ienden Sjirachforschung (quatre volumes) .
Pour l’ensemble des langues indo-européennes, les deux ouvrages à étudier sont la grammaire comparée de M. Bopp (2* édition), et le Compendium de M. Scblcichcr (2* écütiou, 1866). Pour le grec et le latin, une grammaire comparée, dont deux volumes ont déjà paru, est pubUée par M. Léo Meyer (1). La Revue de l" Instruction publique (1866) a donné la première partie d’une phonétique du sanscrit, du grec et du latin, que fera paraître prochainement M. Baudry. Nos lecteurs connaissent les Motions élémentaires de grammaire comparée de M. Egger (6* édition, 1865).
C’est dans les ouvrages de M. George Curtius que l’on trouvera les études les plus neuves et les plus approfondies sur la langue grecque. Nous citerons en partieuher ses Principes de l’étymologie grecque {Gmndzüge der griechischen Etymologie, 2* édition, 1866), son Traité sur la formation des temps et des modes en grec et en latin (2), et sa Grammaire
(!) Il y faut joindre un opuscule du même auteur : Gedrüngte Yergleichung der griechischen und lateinischen Déclination. 1862.
(2) Die Bitdung der Tetnpora und Modi im griechischen und lateinischen.
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grecque (Prague, 7* édition, 1866), avec le volume d’Éclaireissements qui l’accompagne (1).
En français, nous possédons un excellent Traité de la formation des mots dans la langue grecque , dû ü M. Ad. Regnier (Hachette, 1855).
Pour la langue latine, le meilleur guide sera M. Corssen. Ses principaux livres sont : Aussprache, Vocalismus xmA Betonung der lateinischen Spracke (1858), Kritische Beitràge zur lateinischen Formenlehre (1863), Kritische Nachtrage zur lateinischen Formenlehre (1866). A ces ouvrages on joindra avec fruit une brochure de M. Bûchcler ; Grundriss der lateinischen Déclination (1866).
En français, nous avons le livre de MM. Weil et Benlœw : Théorie générale de l'accentuation latine (Durand, 1855).
Pour le sanscrit, les grammaires abondent : nous recommandons celles de M. Bopp (3* édition, 1863), et de M. Max MOller (1866). Comme dictionnaire sanscrit, on peut choisir, selon qu’on voudra un ouvrage plus ou moins complet, entre le grand Dictionnaire de Pétersbourg (sanscrit- allemand), dont les quatre premiers volumes ont paru, le Dictionnaire sanscrit-anglais de M. Benfey (1866), et le glossaire sanscritlatin de M. Bopp (3* édition). Les textes faciles, accompagnés de la transcription en caractères latins, d’une traduction mot à mot et d’explications grammaticales, ne manquent pas non plus. On a, entre autres, pour les commençants, l’épisode de la mort de Jajnadatta, publié par Chézy (2), et les premiers livres de VUitopadésa, édités avec la transcription et une traduction interlinéaire par M. Max Mûller. Aux étudiants déjà un peu plus avancés , on peut recommander surtout le Nalusic Bopp (3), accompagné d’une traduction latine littérale
(1) Griechiiche Schulgrammatik. — ErUtulerungen zu meiner griechiscfien Schutgrammafik.
(2) Yajnadattabadha, ou la mort d’Yajnadatta, épisode extrait du Ràmiyana, donné avec le texte gravé, une analyse grammaticale très-détaillée, une traduction française et des notes, par Chéxy, et suivi d’une traduction latine littérale par J.-L. Burnouf, Paris, 1826. — Le texte en caractères dévanâgaris a été donné par Loiseleur Deslongschamps, en 1829.
(3) Nalus, Maha-bharati episodium.
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(2* édition , 1832), et la Bhagavad-GUâ, publiée et traduite en latin par Schlegel et Lassen (1).
Pour s’initier à la langue des VédaB, on co mm encera utilement par le li\Te de Rosen : Rig-veda-sanhitâ, liber primus, somkrite et latine (1838), en y joignant le livre de M. Ad. Régnier : Études sur F idiome des Védas et les origines de la langue sanscrite. Paris, 1853.
Le complément presque indispensable de tous les ouvrages sanscrits, ce sont les Radices linguœ sanscritœ, de Westergaard (1841).
Sous le titre de Piccola enciclopedia indiana (Fireiue, 1867), M. A. de Gubematis publie un dictionnaire sanscrit rempU d’informations grammaticales , littéraires et historiques , que le lecteur consultera avec profit et agrément.
L’étude du zend est aujourd’hui beaucoup plus aisée qu’eUc ne l’était encore naguère, grâce à la grammaire de M. Spiegel (2), et à l’excellent Manuel de M. Justi (3). Pour se familiariser avec l’écriture zende, on pourra prendre les textes publiés par M. Kossowicz (4) (1865). Toutefois ces ouvrages ne dispenseront pas de lire Eugène Bumouf : Commentaire sur le Yaçna (1832), et Etudes sur la langue et les textes zends (1840- 50).
Le dialecte perse des inscriptions est proche parent du zeiid. Pour l’étudier, on pourra prendre Spiegel, Die altpersischen Keilinschriften (1862).
Nous retournons aux langues de l’Europe, en eommençant par les langues germaniques. L’ouvrage le plus complet et le plus intéressant qui ait été publié sur cette famille d’idiomes, c’est la célèbre Grammaire aUemande de J. Grimm (5). On y pourra joindre , comme introduction , l’attrayant opuscule de Sehleicher : Die deutsche Sprache (1860). On lira aussi avec intérêt un mémoire de M. Ad. Régnier, sur l’iiistoire des
(1) Bhagavad-GUd. 3* édition. 1866.
(2) Grammalikder allbaktrischen Sprache. 1867.
(i) Handbuch der Ènu/ipracAe (Dictionnaire, grammaire, chrestomathie).
(4) Deceni Send-ÀvesUe excerpta. 1865.
(3) Deutsche Grammaiik, 4 volumes. Le tome premier a eu deux éditions. L'ne troisième édition du même tome est restée inachevée.
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langues germaniques depuis UUilas jusqu’à nos jours, inséré dans le Recueil des mémoires présentés par divers savants étrangers à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. III, page 276.
Pour le dialecte gothique, la grammaire la plus détaillée est celle de Gabelentz et Lobe. Le commençant qui voudra se familiariser avec la langue d’Uliilas pourra prendre Stamm, Utfilas, Texl, Grammatik und Wôrterbwh (3* édition, 1865).
Le Dictionnaire historique de la langue allemande, entrepris par les frères Grimm et continué après leur mort par MM. llildebrand et Weigand, est un modèle du genre.
La famille des langues celtiques a été étudiée par Zeuss, Grammatica celHca (1833). On y ajoutera : Whitley Stokes, Irisk glosses, Dublin, 1860.
Pour les langues slaves, l’ouvrage classique est celui de Miklosirh, Vergleichende Grammatik der slavüchen S/jrachen, Vienne, 1857. Pour le litliuanien, M. Schleicher a publié un Manuel comprenant une granunaire et une chrestomathie (1).
L’étude des langues romanes doit avoir pour base la grammaire comparée de Diez (2), à laquelle il faut joindre son Lexique (3). Pour l’ancien français on consultera les grammaires de Miitzncr (1) et de Burguy (5). Comme clu'estomathie, le meilleur livre publié juiMju’à présent, pour l’ancienne langue française, est l’ouvrage de Bartsch (6). Ou y peut ajouter la Chanson de Jioland, dont M. Théodore MûUer a commencé une édition que doit accompagner un glossaire (7) .
Nous n’avons pas besoin de rappeler le Dictionnaire histo-
(1) Handbuch der litauischen Sprache. Prague. 1856.
(2) Grammatik der romanischen Sprachen, 2' édition. Bonn. 18.56.
(8) Etymologisckes Wûrierbuc/i lier romanischen Sprachen. Bonn. 1861.
(4) Franzûsische Grammatik , mit besonderer Berücksichtigung des tateinischen. Berlin. 1856.
(5) Grammaire de la langue d'oïl, ou grammaire des dialectes français aux douzième et treizième siècles (18.53-56;. 3 volumes (le 3* volume forme un glossaire).
(6) Chrestomathie de l'ancien français, accompagné d'une grammaire et d'un glossaire. Lepiig. 1866.
(7) /» Chanson de Roland. Güttingue. 1863.
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riquc de M. Littré, ni les travaux que ce savant a* réunis sous le titre à’ Histoire de la langue française (4® édition, 1867).
Il y faut ajouter V Étude sur le rôle de l'accent latin dans lu langue française, de M. Gaston Paris (1862).
Si aux études techniques le lecteur veut joindre les recherches philosophiques sur le langage, les ouvrages de Guillaume de Humboldt (1), ceux de M. Steinthal, le livre de Heyse (2) et celui de M. Renan (3), lui fourniront une ample collection d’idées et d-’ ob se r v ati ons.
Nous arrêtons ici ce résumé, natiurellement très-incomplet (4). En le donnant, notre intention était seulement de lUriger les premiers pas de l’étudiant qui, une fois entré dans la voie, saura bien aller où le poussent ses préférences et sa vocation.
(1) Œuvres complètes. Berlin, 1846. Voir surtout l'InU^ucüon à la langue kavie. Un opuscule de Guillaume de Humboldt a été traduit en français : De l’origine (tes formes grammaticales et de leur influence sur le • développement des idées. Trad. par Alf. Tonnellé. On en peut rapprocher l’opuscule de Jacob Grimm sur l’origine. du langage, qui a été également traduit en français (librairie Franck],
(2) System der Sprachmssenschaft. Berlin. 1856.
(8) De l’origine du langage. 4* édition.
(4) Pour les autres familles de langues, voir B. Julg , Literatur der Orammatiken, Lexika und WOrtersesmmtungen aller Sprachen der Erde,
Berlin, 1847.