ET LES OUVRAGES DE M. MAX MILLER. XUJ
travaux que la poésie qu'il affectionnait, la perfection de la forme n'était-elle pas chez lui toute naturelle ? Et ce long commerce qu'il a eu depuis lors avec les antiques Rishis, les premiers-nés des poètes aryens, n'a-t-il pas été bien fait pour donner à ses couleurs des teintes plus fraîches , et à ses images le charme des premiers jours ?
Quand M. Max Mùller eut passé une année à Berlin, Gottfried Hermann chercha à le fixer dans cette ville de Leipsick* où s'était écoulée sa propre vie dans le plus noble dévouement à la science. Mais un autre foyer de lumière l'attirait, et, en i845, il vint à Paris pour suivre le cours d'Eugène Burnouf au Collège de France, comme Bopp s'y était rendu en 1812, et Bunsen en 1816, pour profiter des leçons de Silvestre de Sacy (1). Il ne tarda pas à devenir un des disciples privilégiés de son illustre maître, et ce n'est pas un des moins beaux traits du caractère de M. Max Mùller que cette affectueuse reconnaissance et cette vénération profonde, qu'il aime, en toute circonstance, à témoigner envers celui qui l'a confirmé dans sa vocation, et qui lui a ouvert et tracé la voie.
(i) Sur l'état des études orientales à Paris dans les premières années du siècle, voir la Notice que M. Barthélémy Saint-Hilaire a consacrée à Eugène Burnouf dans le Journal des Savants (août 1852), et l'Introduction de M. Bréal à sa traduction de la Grammaire comparée de Bopp (p. xn). Pour les études indiennes, Londres devint naturellement un centre important, et tous les plus grands indianistes français et allemands y sont allés pour étudier les manuscrits de la riche bibliothèque de la Compagnie des Indes, et pour recevoir les conseils des Wilkins, des Colebrooke, ou des Wilson.