‹ Nouvelles leçons sur la science du langage: cours professé à l'Institution royale de la Grande (volume 3)Chapitre 7 sur 51 · ET LES OUVRAGES DE M. MAX MÙLLER. XJ · texte numérisé non relu

ET LES OUVRAGES DE M. MAX MÙLLER. XJ

entendues s'en souviennent encore. Dans diverses occasions publiques, et notamment dans les fêtes qui furent données pour célébrer le 4°° e anniversaire de l'invention de l'imprimerie , les pièces de vers qu'il composa obtinrent les suffrages les plus flatteurs.

En 18449 M. Max Mùller se rendit à Berlin pour suivre le cours de grammaire comparée de Bopp, et pour étudier la précieuse collection de manuscrits sanscrits qui avait été réunie par sir Robert Chambers pendant son séjour dans l'Inde, et qui, après sa mort, avait été achetée en Angleterre par te gouvernement prussien, à la sollicitation de Bunsen. Il fut assez heureux pour faire la connaissance d'Alexandre de Humboldt et de Boeckh, et l'on comprend sans peine quelle influence durable l'exemple et les conversations de tels hommes ont dû avoir sur une nature d'élite, qui est entrée en contact avec eux à l'âge où toutes les impressions sont les plus vives et les plus profondes. M. Max Mùller profita aussi de son séjour à Berlin pour assister aux leçons de philosophie de Schelling, et pour étudier le persan sous Rùckert. Le célèbre auteur des Sonnets cuirassés ne se faisait pas volontiers professeur, et tes premières relations qu'eut avec lui M. Max Mùller ne furent guère encourageantes. Mais on ne rebute pas aisément un esprit aussi avide d'apprendre; et, pour gagner les bonnes grâces d'un maître qui se décidait si difficilement à communiquer aux autres les trésors de sa science, M. Max Mùller lui apporta un jour la traduction en vers allemands du poème

Xlj NOTICE SUR LA VIE

de Kâlidâsa, le Mégkadûta ou a Nuage messager » (i). Rûckert, qui excellait lui-même dans ce genre de composition auquel se prête si heureusement le génie de la langue allemande , fut vivement frappé de la beauté de cette traduction où le jeune poète reproduisait de la manière la plus parfaite jusqu'au mètre de l'original. Il engagea M. Max Mùller à publier son poème, ce qui fut fait un peu plus tard (q), et dès ce moment il devint pour lui un ami dévoué.

Dans un des très-intéressants articles que M. Barthélémy Saint-Hilaire a consacrés à notre auteur dans le Journal des Savants, après s'être complu à mettre en relief ce fait, que dans les ouvrages de M. Max Mùller la science la plus exacte et la plus austère est constamment présentée sous la forme la plus poétique et la plus séduisante, cet écrivain éminent recherche quelle a été l'origine de cette alliance de qualités qui semblent presque s'exclure, tant elles se trouvent rarement réunies. Quant à nous, après avoir suivi M. Max Mùller depuis son enfance, nous n'avons pas à nous adresser la même question, ou plutôt, elle est, pour nous, résolue d'avance. Fils de poète, richement doué des plus heureux dons de la nature, familier depuis ses années de collège avec les grands [modèles de la Grèce et de Rome , n'ayant jamais cherché d'autre délassement après de pénibles

(1) Dans son volume intitulé Firgile et Kâllddsa, M. André Lefèvre a traduit en beaux vers français les Bucoliques et le Môghadûta.

(2) Kônigsberg, 1847.

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