LETTRE VIII
AD ROI, A MADRID
(Lyon, juin ou juillet 1 655. j
( Le départ de madame d'Alençon pour l'Espagne venait d’être décidé. )
Monseigneur, avant cete lectre, vous aurez seu par le mareschal de Montmorency la diligence queMadame a faite pour m’envoyer devers vous , quy a esté telle, que plus toust n’eust peu estre pour y aller, aiusin que l’entendez , coume j’espère vous dire le plustoust que mer et terre pouront estre passés 1 ; suppliant le Tout puissant ne me laisser retourner sans voir la fin que vous deux en desirez, et ne me rendre si indigne de vous fere service que par moy il y ait faulte. Car nonobstant la seureté que j’ay de mon cueur et affecsion, si ne puis je perdre la crainte de mon insuffisance; qui me fait du tout recourir à celuy qui peult, s’il luy plest, faire estre de riens quelque chose , et de glace feu ardent.
Vostre très humble et très obéissante subjecte et seur Marguerite.
[Ms. n° 131.]
■ Elle ne partit qu’au mois d’août. (Voyez Rtc. imp . , lettre ig, p. 182 .)