LETTRE VIL
AC ROI, A MADRID
( Juin I5Î5. )
Monseigneur, ensuivant ce qu’il vous a pieu mander par le mareschal de Montmorency, Madame m’a commandé faire le voyage à quoy je mettray peine d’estre bien toute preste à partir, coume plus au long vous dira ledist mareschal, et me tiendray trop tenue
■ François I" arriva à Madrid au commencement de juin.
■ D’Espagne.
à Nostre Seigneur si par ce moyen estoit son contentement satisfait de vostre deslivrance. Mais, Monseigneur, vous savez que le chemin est long, et vous connoissez ma force. Par quoy ayant peur de n’y estre sitoust que je le desire, vous supplie très humblement coumander à vos ambassadeurs de faire en sorte que je puisse savoir à quelle fin peuvent tomber vos affaires, sans les retarder en riens pour ma venue , qui ne sera fondée seulement que sur le désir que Madame y a. Puisqu’elle ne vous peult donner la consolacion de sa veue ', illuyplestqueje soyesi heureuse quede m’y envoyer. Je ne vous diray point combien cete obéissance à tous deux m’est agréable, car vous savez. Monseigneur, que ce ne peult estre assez selon mon obligacion et désir. Suppliant celuy en quy gist l’espoir de tout nostre bien me donner la grâce que je face chose satisfaisant vos deux esjierits, quy ne sont que ung, soubs l’obéissance duquel veult vivre et mourir
Vostre très humble et très obéissante subjecte et seur Marguerite.
[Ms. n° 113.]
' Le Roi avait prié sa mère de le venir voir en Espagne : « Parquoy je vous supplie croire que Dieu fet tout pour le mieus, et vous en venir bientoust, car jamais n’eust tant d’anuye de vous voir qu’à cete heure vostre très humble et très obéyssant fils Françoys. » ( F. Bétli. Ms. 85o6, fol. i.)