‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 122 sur 154 · LETTRE CXXVI1I · texte numérisé non relu

LETTRE CXXVI1I

AU ROI

( Pau, — Poctobre — ? IM2. )

Monseigneur, quant j’auray fait tout ce qui me sera possible pour vous mercier très humblement de l’honneur qu’il vous a pieu me faire de m’envoyer visiter par ce porteur, si demeureray je tant obligée à vous, que, puisque l’escripture ne vous peult sactifaire, il me semble que en me taisant je dois recevoir cete obligacion avecques les aultres , où la nature et les occasions que vous m’en avez données m’ont lyée sy fort ,

1 Voyez ci-dessus la note p. ai6.

que moy et tout ce qui est en ma puissance vous est de sy longtemps acquis que je ne puis avoir aultre façon de mercis, sinon de vous offrir continuellement ce qui est vostre. Et combien que cete offre demeure inutile parfaulte d’occasion ou de vostre coumaudement, sy demeurera ma voulonté sy affecsionnée et preste d’obéir, que mon impuissance en lieu de faulte me sera penitence. Et pour ce. Monseigneur, que du lieu où je suis, de la santé et des affaires que je y ay, je feroys tort à vostre venue ' et à la suffisance du sieur de Fontaines de vous en fere longue lectre , l’ayant par force mené jusques en ce lieu de Pau, et luy ayant, coume à vostre serviteur, dist tout ce que j’entens , ne vous suppliray sinon le croire, et tenir pour plus que très humblement recommandée h vostre bonne grâce Vostre très humble et très obéissante subjecte

* Il paraît, d’après cela, qu’elle attendait son frère. François 1" l’alla visiter à Nérac, aux fêtes de la Toussaint i54a.

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