‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 149 sur 154 · ENVOYÉE PAR LE ROY A LA ROYNE UE NAVARRE · texte numérisé non relu

ENVOYÉE PAR LE ROY A LA ROYNE UE NAVARRE

C’est vous , Seigneur, pendant en ceste croix Quy monstres bien que, cloué et lyé ,

Vous commandés aux princes et aux roys ,

L’humble haulsant , le fier humilié.

Et je, ton serf, Seigneur, t’ay supplié;

Tu m’as ouy, selon mon seur espoir,

En me donnant , ne m’ayant oublie,

Conqueslc , infans et desfensc et pouvoir.

0 seur, oyez que respond ce pendu :

— « Qui son estolle en mon sang lavera,

De tous périls il sera défendu ,

Tant du présent que cil qu’il adviendra ,

Et seurement son honneur défendra En assaillant et seurement pourvoir,

Et sous ma main par longs jours conservra Conqueste , eufans et desfense et pouvoir.

Reviens donc, seur, afin que de ta veue , Non de l’ouyr, ayes seur tesraoignaige Combien de gloire en ta maison est creue , Tant de conqueste , honneur, que de lignaige ; Et ton revoir y soit joinct dadvantaige ,

Et tous ensemble rendons humble devoir Au libéral , qui rend pour peu de gaige Conqueste , enfans , et desfense et pouvoir.

EMVOÏ.

Louenge à toy, ô infmy donneur,

Mon seul salut et mon certain savoir.

Tu m’as donné , dont je te rends l’honneur, Conqueste , enfans , et desfense et pouvoir.

[ Ms. Suppl, fr., 2286, fol. 115.]

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