ENVOYÉE PAR LE ROY A LA ROYNE UE NAVARRE
C’est vous , Seigneur, pendant en ceste croix Quy monstres bien que, cloué et lyé ,
Vous commandés aux princes et aux roys ,
L’humble haulsant , le fier humilié.
Et je, ton serf, Seigneur, t’ay supplié;
Tu m’as ouy, selon mon seur espoir,
En me donnant , ne m’ayant oublie,
Conqueslc , infans et desfensc et pouvoir.
0 seur, oyez que respond ce pendu :
— « Qui son estolle en mon sang lavera,
De tous périls il sera défendu ,
Tant du présent que cil qu’il adviendra ,
Et seurement son honneur défendra En assaillant et seurement pourvoir,
Et sous ma main par longs jours conservra Conqueste , eufans et desfense et pouvoir.
Reviens donc, seur, afin que de ta veue , Non de l’ouyr, ayes seur tesraoignaige Combien de gloire en ta maison est creue , Tant de conqueste , honneur, que de lignaige ; Et ton revoir y soit joinct dadvantaige ,
Et tous ensemble rendons humble devoir Au libéral , qui rend pour peu de gaige Conqueste , enfans , et desfense et pouvoir.
EMVOÏ.
Louenge à toy, ô infmy donneur,
Mon seul salut et mon certain savoir.
Tu m’as donné , dont je te rends l’honneur, Conqueste , enfans , et desfense et pouvoir.
[ Ms. Suppl, fr., 2286, fol. 115.]