DE LA ROYNE DE NAVARRE AIT ROY
Agneau occis dès le commencement ,
Plein de verlu et de vie fonteine ;
O bras cloués , frappant très fortement , Rendant au Roy félicité pour peine ;
Main , luy donnant bénédiction pleine ,
Pour tous ces biens devez estre de nous
A tout jamais par gloire souveraine Loué, servi, aymé et craint de tous.
Donné avez aux eueurs de ses amys De leurs désirs parfaicte jouyssance ;
Rendu avez les meschants ennemys Hors de moyen d’avoir esjouissance ;
Très impuissants sont par vostre puyssance , Fortifiant celuy qui vit en vous ,
Le rendant plein de toute cognoissance Loué , servy, aymé et craint de tous.
Amour saillant du cueur du crucifix ,
Donnant au Roy des ennemys victoire Comme il vouloit ; luy donnant par ung fils Nom de grand père après honneur et gloire Dont l’humble seur par la doulce mémoire De tant de biens sans cesser, à genoulx , Soubhaite voir son frère après le croire Loué , servy, aymé et craint de tous.
ÏKVOÏ.
O Christ , l’espoir de mon Roy et mon maistre , Qui reposez en son cueur humble et doux ,
Soyez en luy, et qu’en vous il puisse estre Loué, servy, aymé et craint de tous.
[Suppl, fr., 2286, fol. 116.]