‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 150 sur 154 · DE LA ROYNE DE NAVARRE AIT ROY · texte numérisé non relu

DE LA ROYNE DE NAVARRE AIT ROY

Agneau occis dès le commencement ,

Plein de verlu et de vie fonteine ;

O bras cloués , frappant très fortement , Rendant au Roy félicité pour peine ;

Main , luy donnant bénédiction pleine ,

Pour tous ces biens devez estre de nous

A tout jamais par gloire souveraine Loué, servi, aymé et craint de tous.

Donné avez aux eueurs de ses amys De leurs désirs parfaicte jouyssance ;

Rendu avez les meschants ennemys Hors de moyen d’avoir esjouissance ;

Très impuissants sont par vostre puyssance , Fortifiant celuy qui vit en vous ,

Le rendant plein de toute cognoissance Loué , servy, aymé et craint de tous.

Amour saillant du cueur du crucifix ,

Donnant au Roy des ennemys victoire Comme il vouloit ; luy donnant par ung fils Nom de grand père après honneur et gloire Dont l’humble seur par la doulce mémoire De tant de biens sans cesser, à genoulx , Soubhaite voir son frère après le croire Loué , servy, aymé et craint de tous.

ÏKVOÏ.

O Christ , l’espoir de mon Roy et mon maistre , Qui reposez en son cueur humble et doux ,

Soyez en luy, et qu’en vous il puisse estre Loué, servy, aymé et craint de tous.

[Suppl, fr., 2286, fol. 116.]

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