‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 27 sur 154 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

AU ROI, A MADRID

( Vers le milieu de décembre 1525.)

Monseigneur, remettant toutes choses sur la créance de ce seur porteur, tant de la santé de Madame, de messieurs vos enfans, que du bon estât en quoy est vostre réaulme, une seule vous veux bien dire, c’est que je vous supplie, ainsin très humblement que je dois et puis , qu’il vous plese croire que le plus grant bien , honneur et consolacion que me pouvez jamais donner, c’est qu’il vous plese ne penser que, pour servir à vostre desirée deslivrance, je seusse porter ne souffrir chose, quelque pénible quelle soit, que je n’estime le plesir que je puis avoir plus agréable. Et si connoissez que sus quelque point l’on fasse difficulté, ne pensez me fere ennuy de m’y fere servir non seulement de bien , mais d’empeschement de mal ; et sur ce propos , il vous plera ne croire ce que vous en dira le sieur de Brion, car il glose tousjours mes paroles; mais je vousproumets la foy que à vous, comme frère, père , mary et mon tout en ce monde je doy, que tout ce qui se peult penser d’impossible, quant à moy m’est si facile, désirant vous fere service, que si ma vie allongée pour cette fin n’est emploiée, je l’estimeray pire que dix mille morts. Mais si Dieu me fait cete grâce, en quelque façon qu’il luy plera , que je serve

à vostre liberté, il n’y a peine qui après tel bien seult fere estimer aultre que bienheureuse

[Ms. n° 11.]

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