LETTRE XXXV
AC ROI, A MADRID
1520 (avant le moi» de mars).
Monseigneur, le désir que j’avois d’obéir à vostre coumandement estoit assez grant , sans l’avoir redoublé par la cherité qu’il vous a pieu faire au pouvre Berquin ', selon vostre proumesse; dont je suis seure que celuy pour qui je croy qu’il a souffert aura agréable la miséricorde que pour son honneur avez fait à son serviteur et au vostre. Et ceux qui en vostre tribulacion ont oublié et Dieu et vous *, connoistront leur malice n’avoir seu faire ingnorer vérité à l’esperit que le Tout Puissant vous a donné; dont maindre ne sera leur confusion que la gloire perpétuelle que vous en rendra celui qui par vous augmente la louange de son nom ; dont il fera le vostre immortel en ce monde et en l’aultre. Et de cete grâce me sens tant obligée, que j’ay supplié Madame faire pour moy ce que je confesse m’estre impossible. Et ne vous saichant rendre aultre
1 Voyez t. I, lettre 54, p. aig et aao.
’ On avait voulu profiter de l’absence dn Roi captif, pour perdre les fauteurs des nouvelles opinions religieuses. François I", sollicité par Marguerite , avait envoyé d’Espagne l’ordre de suspendre les recherches et de ne pas inquiéter ces hommes d’excellent savoir.
grant mercy que d’obéissance, ne fauldra d’ung seul jour à vostre coumandement
Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.
[ Ms. lettre 73.]