LETTRE XLI
AU ROI
(Mai 1527.)
Monseigneur, le seul bien des deux qu’il vous a pieu me faire est si grant, que je ne sais coume assez très humblement vous en mercier ; car voir vostre lectre est pour vivifier ung esprist mortifié, et savoir la santé de Madame , dont le mal m’avoit esté celé % peult ressuciter ung cueur mort. Regardez donques ,
■ Il paraît que Louise de Savoie était sujette à ces crises : « Madame acte merveilleusement malade... elle fistliier une pierre grosse comme ung pois; despuis elle s’est toujours portée de mieulx en inieulx. » (T. I, lettre a.)
’ « Jamais femme ne feut en la peine où je suis, saicliant la maladie de Madame avoir esté plus grande que l’on ne m’avoit escript; et de ce que vous m’advertissez de son amendement, je loue Nostre Seigneur. » ( A Montmokencv, a avril i5a7- ) — (T. I, lettre 47, p. aa4-)
Monseigneur, quel restaurant il vous a pieu m’envoyer, et si j’ay puissance pour le vous rendre, et vous jugerez que, en défault de ma force, vous devez recevoir la connoissance de mon obligacion , liée avecques ung désir d’estre digne d’y sactifaire si grant , qu’il me semble que vostre bonté et amour, qui mieux le sent que je ne le puis dire , se contente de moy. Et en cete foy, non fondée en mérite, m’asseure de vostre bonne grâce , qui est la résistance que je treuve en tous les ennuys que peult avoir une femme grosse ', laquelle, Monseigneur, vous supplie tenir pour très humblement recommandé le Roy de Navarre et moy, et penser que de ce quy sera au savoir et pouvoir des deux serez servy d’affection et léaulté. Et n’a desplaisir que de l’impossibilité de mieux
Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.
[Ms. n° III.]
' Elle accoucha de Jeanne d’Albret, le 7 janvier i 5 a 8 .