LETTRE LXVII
AU ROI
(Ayant septembre 1531.)
Monseigneur, je n’ay craint vous ennuyer de cete lectre pour vous advertir de la bonne santé de Madame, qu’elle n’a peu recouvrer despuis vostre parlement jusques h cete après dignée, qu’elle a eu trois petits médecins qui luy ont fait oblier sa douleur; car
‘ Jean Stuart, petit-fils de Jacques II, roi d’Écosse. U était né en France ( i48a), fut gouverneur des pays d’Auvergne, Forez, Bourbonnais et Beaujolais, et mourut à Paris, en i533, sans enfants.
il n’est possible de faire millieure chère qu’ils lui ont faite. Mais ils ne sont pas contens dont vous estes party, car monseigneur d’Angoulesme 1 a bien desliberé, si une fois il vous peult trouver, de jamais n’abandonner vostre main, et dist que, si vous allez à la chasse du sanglier, que vous le garderez bien d’estre blessé. Croyez, Monseigneur, que Madame n’a pas oUy tous ces propous sans pleurer bien à bon escient, qui luy a faitgrant bien, car l’on dist que
Qui pleure lermes par amour,
N’en sent jamais mal ny doulour.
Et sus ce propous, vous asseurant de leur bonne santé, va supplier le Créateur bientoust parfaire la compaignie de vous et des deux, dont monseigneur d’Aire asseure qu’ils sont sains et bien traités, comme pourrez voir. Vous suppliant, Monseigneur, tenir en vostre bonne grâce très humblement recommandée selon sa foy
et mignonne Marguerite.
[Ms. n° 70.]
' Charles, duc d’Angoulême, né en janvier i5aa, par conséquent alors fort jeune.