‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 67 sur 154 · LETTRE LXIX · texte numérisé non relu

LETTRE LXIX

AU ROI

( Avant septembre 1631 . )

Monseigneur, après vous avoir perdu de veue, Madame vint icy ouïr compiles avecques les religieuses, et le soir se trouva si bien, qu’elle tint des propous pour mener la guerre à toutes, que, s’il vous plest, ce porteur vous dira ; car elle lui coumanda s’en retourner devers vous , pour ce qu’elle l’estime millieur houme de chasse que de religion. Toutesfois, Monseigneur, après s’estre couchée de bonne heure et avoir dormy, avant mynuist elle s’est réveillée avecques une grant douleur d’estoumac, et a esté longtemps à tirer en grant peine pour voumir, et a fait ung grand voumissement et grans selles , en telle abondance, que maistre Jean Goinret ' dist que nacture

' Médecin de la cour dont Marguerite parle souvent avec estime dans ses lettres à Montmorency. (Voyez t. I, p. 220.) — « Le plus ancien livre imprimé à Alençon que j’aye vu , dit M. Odolant Desnos , est Le sommaire de toute médecine et chirurgie, par maistre Jehan Gouëvrot (sic), docteur en médecine, médecin du roy très chrestien François, premier de ce nom, de madame la Régente, des roys et royne de Navarre. Alençon, i 53 o, in-16, gotli. 88 feuillets »( A fera. hist., p. 5i2.)

a fait ce que trois médecines eussent seu faire. Et despuis elle a bien dormy, et à cete heure m’a asseurée qu’elle se treuve fort bien, et m’a coumandé que je le vous escripve avecques ses très humbles recommandacions. Parquoy, Monseigneur, obéissant au vostre et au sien coumandement , vous mandant nouvelles de sa bonne santé, suis seure de faire chose qui vous est agréable, qui est le bien de ce monde que plus desire Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.

[Ms. n” 119.]

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