‹ Nouvelles lettres de la reine de NavarreChapitre 69 sur 154 · LETTRE LXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXIII

AU ROI

( ? Fontainebleau, — 1634.)

Monseigneur, vous escuserez, s’il vous plest , mon acoustumée façon de faillir à vous vouloir suivre; car je n’ay jamais veu blasmer ignorance de desirer approcher de parfecsion ; qui me garde d’avoir honte de ma faulte, estant seure qu’il ny a si bon esprist qui ne me tienne compaignie à n’estre riens davant le vostre; qui donnera hardiesse à la voys de ces rochiers d’ainsiu parler :

D’ung ennuy pris elle ne se doit plaindre,

Mais le cacher, s’il ne se penlt estaindre,

Par lionneste dissimulation ,

En regrettant la consolacion

Du temps passé (pii ne se peut i atteindre.

DE LA HEINE DE NAVARRE. 123

O ! que je voy d’erreur la teste ceindre A ce Dante qni nous vient icy peindre Son triste enfer et vieille passion D’ung ennuy pris !

A quarante ans vouloir encores faindre D'avoir le mal que l’age doit refraindre *

Puis par despit courre à devocion Prenant tan (sic) pour ferme ficsion ,

C’est une fin plus qu’l ensuivre à craindre ,

D’ung ennuy pris.

Toutesfois , Monseigneur, pour estre de cet eaige ne laissera à ramentevoir son antique affecsion et continuel désir de demeurer en vostre bonne grâce plus que très humblement recommandée

Vostre très humble et très obéissante subjecte et mignonne Marguerite.

[Ms. n° 21. ]

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