LETTRE LXXV
AC ROI
(Au commencement d’août 1534. )
Monseigneur, ce porteur vous rendra conte , s’il vous plest, de la santé où il laisse ce qui est icy vostre, qui est selon que nous avons seureté que la vostre se porte ; si bien que je n’ay cause que de louer Dieu et attendre vostre retour avecques tel désir que vous , Monseigneur, pouvez sentir; ce qui ne se peult dire par lectre. Et pour plustoust recouvrer ce bien tant et tant désiré, après que M. de Chasteaubriant ' et les parens de M. de Rohan auront advisé au mariage qu’il vous plest trouver bon je m’en yray le fere le plus avant au chemin que vous tiendrez que je pourray. Car il n’y a rien en ce monde qui me peust retarder une heure le bien qui n’a point de pareil ; car le temps que j’ay esté sans vous voir m’a esté si long , qu’il ne me semble point que jamais je puisse trouver la veue
' Jean de Laval, seigneur de Chateaubriant, mari de Françoise de Foix.
* D’Isabeau d’Albret avec Réné de Rohan, dont le contrat fat signé le 16 août.
dont raaulgré moy j’ay esté trop séparée. Par quoy, Monseigneur, je vous supplie , si ma vie vous plest , me fere mander le chemin que vous tiendrez, afin que je ne perde ung jour l’heur tant attendu , coume j’ay prié ce foible porteur vous dire , qui confesse coume moy que en vous voyant, ceux de qui vous estes la fin de leur amour tiennent en vous leur force, santé et résurrection ; ce que espère en bref avoir
Vostre très humble et très obéissante subjecte et seur Marguerite.
[Me. n» 97.]