‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 21 sur 57 · A MONSEIGNEUR DE BELLEY · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR DE BELLEY

Sur la renonciation à la dignité épiscopale.

Anncci,lel4 août 1013.

Monseigneur,

11 y a environ un mois seulement que je receu la lettre qu il vous pleust de m'escrire le second du mois de juillet; depuis j'ai tousjours esté ou en voyage ou malade, et n'ai sceu vous rendre la réponse que vous désiriés,ou, pour mieux dire, la réponse que vous ne désiriez pas , si j'ai bien sceu connoître l'inclination en laquelle vous estiés, lorsque vous me fistes la faveur de m'escrire. Maintenant vous pouvez penser si je puis bien satisfaire à votre demande puisque à la faiblesse ordinaire de mon esprit, l'extraordinaire de mon corps accablé des lassitudes que la fièvre m'a laissé, apporte un nouveau surcroit d'imbécillité. Mais un si bon entendeur, comme vous êtes , verra assez mon intention quoique mal étallée.

« Prima propositio. Velle deponere onus épiscopale » ob causas rationi congruas, non modo nullum est

■ peccatum , sed etiam actio est virtutis, vel modestiae

■ vel liumilitatis, vel justicia? , vel ebaritatis.

» 2a propositio. ls censetur rationibus veris moveri » ad epbcopatUDl deponendum qui bona Jfide su uni

» dese judicium, suum de deponendo episcopatu desi- » derium, suasque denique quibus nititur rationes vel » consilio prudentis, vel saltemjudicio superiorum pa- » ratus est submittere, ac in utramque partem eadem » alacritate suum obsequium conferre.

» 3a propositiô. Quamvis cogitatio desideriumve epis- » copatum deserendi eo quo licet modo nullum sit pec- » catum, plerumquetamen non caret hujus modi pro- » positum magna tentatione. Acceditque frequentissimè » dœmonum opéra, ratio est, quia dum in procuranda » oneris depositione tempus impenditur, vix ac ne vix » quidem satis in eo sustinendo satis opère insumitur, •» et qui de repudianda uxore cogitât, vix intérim de » ea rectè diligenda sollicitus est; satiùs ergo fuerit se » ipsum ad meliorem navandam operam deinceps exci- » tare quam quia tibi non videris rectè hactenùs na- » vasse, omnera operam velleabricere. Porro meliùs est » levare oculos in montes , unde veniat auxilium nobis » et sperare in Domino , libenterque gloriari in infirmi- » tatibus nostris ut inhabitet in nobis virtus Christi , n quam more filiorum epbrem converti retrorsum in » die belii : qui enim confidunt in Domino assument » pennas velut aquila, volabunt et non déficient: defi- » cientes autem quem admodum fumus déficient : et » qui ad sarcinas formidolosus revertitur, otium qui- » dem babet, sed non majorem quam qui prœliatur « securitatem.

» 4a propositio. Videor mihi audire Cbristum dicen- « tem : Simon Joannis, aut Petre Joannes diligis me? ;> Petrumque Joannem respondentem : Tu scis quia amo » te , tum demum Dominum graviter prœcipientem : » pasce oves meas, nulle major probatio dilectionis » quam exhibitio hujus operis. »

DE S. FRANtOIS DE SALIZS. 101

Au demeurant, une jeune fille de Chambéry s'estant laissée porter trop avant en l'amour eVun jeune honnne de votre ville, et se défiant que les père et mère d'icelui n'apportent quelque difficulté au mariage nécessaire pour couvrir son honneur et pour accomplir les mutuelles promesses sous lesquelles elle proteste d'avoir encouru le hasard de sa réputation', elle m'a fait prier d'intercéder vers vous, Monseigneur, affin qu'il vous

plaise, d'employer votre charité vers les père et

mère du jeune homme pour les disposer à consentir à un' honorable conclusion de l'amour d'icelui et d'elle. Attendu même qu'elle est d'une parenté fort raecomandable, fille de la sœur de M. Boursier, ancien secrétaire de S. A. Le gentilhomme son cousin germain vous déduira mieux que je ne vous sçaurois écrire ses intentions, lesquelles étant bonnes et raisonnables, à mon advis,jene fais nulles difficulté de vous supplier de rechef de les avoir en recommandation et moi surtout en vos saints sacrifices, puisque je suis plus que nul homme du monde.

Monseigneur,

Vostre très humble , très obéissant frère et serviteur ,

P. S. Hélas! Monseigneur, onm'aadvertitquele grand ancien archevêque de Vienne, est trépassé; de medio terra' sublatus estjustusjustus vivatetrequiescatetpro Mo alias superveniat. Je me resjouis de la réciproque consolation que vous et M. Le Graad aurez eu en votre entrevue.

i58« LETTRE.

L'original esl conservé aux archives de la cour de Turin.

A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur l'union du prieuré du Saint-Sépulcre d'Annecy au chapitre de l'Eglise cathédrale.

7 octobre 1613.

Monseigneur,

Le pauvre chapitre de l'église cathédrale de Genève a demeuré, il y a tantost un siècle, en cette ville de Neci, sans y avoir ni mayson ni église que de louage : maintenant il se présente une occasion de luy faire avoir l'église et le prieuré du sépulcre , par la résignation de celuy qui en est pourveu : mais, Monseigneur, avant toutes choses, le bon playsir de V. A. est requis, lequel ledit chapitre la supplie très humblement de luy octroyer, comm' un aumosne à (Jes pauvres bannis et dejettés de leur siège par les ennemis de Dieu et de V. A. S., laquelle certes pour cela ne les rendra pas riches puisque ledit prieuré n'est que de cent ducatons de revenu, mais elle les accommodera beaucoup , ce bénéfice estant en cette ville et fort à la bienséance de cette compaignie qui ne cessera jamais non plfls que moy de souspirer et aspirer devant la Divine Majesté jusques à ce que sous les

auspices de V. A. elle retourne en son ancien séjour î ce sont les souhaits perpétuels.

Monseigneur,

De voire très humble très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

François , Évesque de Genève.

1 5ge LETTRE.

L original est conservé aux archives de la cour de Turin.

A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Saint François recommande à S. A. , M. d'Alemoigne , de la maison de Martignieu.

Anneci, 16 octobre 1613.

Monseigneur,

La grande connaissance quej'ay de la sincère et très fidèle affection que toute la mayson de Matignieu, et particulièrement le sieur d'Alemoigne a pour le service et obéissance de V. A. S. me fait entreprendre de la supplier très humblement de gratifier ledit sieur d'Alemoigne de Vaccueil qu'elle a accoustumé de faire à ses plus asseurés serviteurs. Il a sea biens au baillage de Gex, mais ayant succé avec le lait l'inclination et résolution de consacrer sa personne et sa vie à l'obéissance de V. A., au

péril de tous ses autres biens estimant celui-cy le plus grand, il en va faire l'offre et la protestation, et je l'accompagne par cet escrit comme tesmoin oculaire de la perpétuelle et invariable fidélité et de feu son père et de luy envers la couronne de V. A., parmi tant de divers accidens, qui ont tiré leurs biens bors de sa sujétion. Dieu, par son infinie bonté, soit à jamais à la dextre de V. A. pour la conduire en toute sainte prospérité : c'est le soubait ordinaire ,

Monseigneur ,

Devostre très humble, très obéissant et très fidèle serviteur et orateur,

François , Ev. de Genève.

6o« LETTRE.

L'autographe appartient h madame la marquise de Camerano née de Toruon , à Turin.

A MONSIEUR LE COMTE DE TORNON

Saint François se réjouit avec lui de sa nomination à l'ambassade de

Anneci , 4nov. 1613.

Monsieur ,

J'estois à Belley quand M. fcle Blonnay passa en cette ville , et à mon retour je trouvay la lettre qu'il vous pleut m'escrire le 1 8 du mois passé , par laquelle vous

me escmiés au récit qu'il me fera pour certaines particularités en l'ignorance desquelles je demeureray jusque à son retour de Chablais, mais avec bonne patience puisque ce que je dois désirer de plus de savoir m'est si amplement témoigné par vostre escrit, c'est que vous vives en santé, et inoy en vostre bienveillance , laquelle mesme s'estend à faire de pensées si honorables pour mes frères comme est celle que vous me signiliés, quoique couvei tement et que le dit sieur de Blonnay a plus ouvertement fait entendre à mon frère de Thorens qui gratifia de sa visite, en son passage; monsieur, que je vous puisse dire sur cela sinon que puisque le bon génie de vostre naturel vous pousse à nous aimer tant, sans mérite, je le prie de continuer ; et bien que l'insuffisance et la petite médiocrité des moyens de mes frères leur empeschc la réception du bien et de l'honneur que vous leur désirés, si est-ce que la proposition seule ne leur peut estre que fort désirable, car elle donnera , pour le moins, quelque commencement de bonne impression d'eux au prince, et eux donques et moi vous sommes extrêmement obligés, monsieur, par cette nouvelle obligation qui nous rend toujours plus vos serviteurs.

Au demeurant, quoy que cette nouvelle légation que S. A. vous impose ayt beaucoup de charges, elle a aussi beaucoup d'honneurs, entre lesquels celuy-là d' estre envoyé comme réparateur des désordres et manquemens qui sont survenus en son service, me semble fort grand et digne qu'il vous soit déféré. Allés donque, monsieur , en bon voyage, et revenés bientost avec le contentement que S. A. mesme espère de vostre travail et industrie en un tant important service. Nous avons ici le bon M. le président de Buttet, extrêmement malade, de la vie duquel les médecins sont encore entre les craintes et

l'espérance, presque tous les gens de bien en sont en peine et témoignent combien ils l'estimoyent. Il ne se peut pas dire combien M. l'évêque de Belley fait estât de votre amitié, ainsy qu'il m'a souvent repété pendant dix jours entiers que j'ai esté avec lui. Il escrit toujours incessamment et blasme tousjours ce qu'il m'a cidevant escrit. Nous avons eu M. le marquis de Lans qui revient demain de la Roche ici. Ce sont toutes nos nouvelles, au moins les miennes, de moy qui vis hors des affaires, et de commerce de ceux qui les manient; et en attendant desvostres, par madame ma cousine, comme vous me faites espérer, je prie Dieu qu'il vous accompagne tous deux et comble de bénédictions et suis , Monsieur,

Votre très humble serviteur,

Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de Pignerol.

A MADAME DE CHANTAL

Sur l'amour de Dieu dans les changemens , et sur la fin de l'année.

Le dernier jour 1613

Oui, ma très chère fille, ma mère, il faut aimer la très sainte volonté de Dieu aux petits , et grands chan-

gemcns, telle qui m'empêche délier à vous aujourd'hui est petite et grande, jcvous la dirai à notre première vue; dépendant, faites vos petits et grands changemens avec le plus de perfection qu'il vous sera possible, après y avoir bien pensé devant Dieu, je me suis résolu qu'il faut affermir notre congrégation à faire ses changemens ce jour au quel Dieu fait les siens , nous fesant tous passer d'une année cà Vautre, donnant une leçon annuelle de notre instabilité, de notre changement, du renversement et de l'anéantissement des années qui nous mènent à l'éternité.

L'original se conserve dans les archives de la Visitation d'Annecy.

A MADAME DE LA FLECHERE

Saint François lui parle de la santé de M. de Charmoysi et de quelques autres affaires.

Vous n'aurez pas si tôt monsieur de Charmoisi, ma très chère fille, car il est si galleux et plein de foroncles qu'il ne peut bouger. Or, Dieu vous aidera en tout, sans doute , puisque vous avez toute votre confiance en lui. Monsieur Bonfils est à Ghambéri. Le père commissaire vous écrit la ci-jointe, par la quelle vous verrez ce qu'il désire. Je crois bien qu'il se pourra faire que made-

moiselle de Chantai vienne quand on vêtira mademoiselle Davise, et seroit à propos de faire la vue, mais je n'ai point vu notre mère depuis votre départ qu'une seule fois à la messe, et je lui parlerai et vous avertirai

assez à temps. Elle fait pron la pauvre chère mère,

et je crois qu'on l'a mise dès hier à l'essai pour commencer tous les exercices. Je ne reçus que hier bien tard votre lettre et celle de monsieur de Mont-Saint-Jean ; et déjà l'autre jour que notre mère me le fit scavoir, je lui érivis en un billet ce qu'il me semble être à propos de répondre , et je crois qu'elle vous l'aura communiqué. Je vous écris par cette mauvaise commodité qui me presse sans merci.

Dieu soit à jamais au milieu de votre cœur, ma très chère fille.

1 63e LETTRE

Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de Pignerol.

A MADAME DE CHANTAL

Sur le jour de la naissance de madame de Chantai.

Le 25 janvier 1614.

Ma très chère fille ,

Vous m'avez fait plaisir en me faisant sçavoir que c'est aujourd'hui le jour de votre naissance, car je n'y

pensois pas; Job désiroit que le jour de sa naissance périt , et moi , je souhaite que le jour qui a vu naître ma très chère mère, soit compté entre les jours heureux et bénis es siècles des siècles; cependant, ces jours de nos naissances doivent nous humilier en nous faisant voir le néant d'où nous venons, et nous encourager en faisant voir la lin pour la quelle Dieu nous a donné commencement.

i64e LETTRE.

L'original existe aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur l'établissement de la Congrégation des Pères Barnabites à Annecy.

Anneci , le 25 janvier lGl-i.

Monseigneur,

L'espérance que ce peuple de Neci et de Geneveys a conceue de voir ce collège, qui est maintenant presque en friche , remis à la congrégation des pères Barnabites, n'a ni rayson ni fondement que sur la bonté paternelle de V. A. S., la quelle en a eu aggréable le projet; non seulement parce qu'il estoit propre pour le profita publiq temporel de ses très humbles sujetz, mais aussi, pour L'utilité qu'il rapporteroit au salut des âmes. À cett' occasion , Monseigneur , je supplie de rechef V. A. S. , en toute humilité, de le faire puissamment réussir à la

1 10 LETTRES INÉDÏTES

gloire de Dieu, que je prie incessamment la vouloir à jamais prospérer , et suis ,

Vostre très humble, très obéissant et très fidelle orateur et serviteur ,

François, Evesque de Genève.

i65e LETTRE

Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de PigneroL

A MADAME DE CHANTAL

Saint François lui annonce son départ pour Gliambéry.

Annecy, 25 janvier 1014.

Voici le jour de mes adieux, car je dois partir demain pour aller à Ghambéri où le recteur des Jésuites m'attend et me dit recevoir ces cinq ou six jours de carême prenant, je prétends de me revoir partout, et de remettre toutes les pièces de mon cœur en leur place.

iG6« LETTRE.

L'original est conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CÏIARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.

Sur rétablissement des Pères Barnabites à Annecy.

* Anncssi, S juillet ICI 4.

Monseigneur ,

Le bien de la venue des Pères Barnabites en cette ville est de si grande considération, que V. A. , la quelle la si saintement désiré, le fera sans doute puissamment réussir non obstant les petites difficultés qui se présentent, qui ne procèdent que d'une bonne affection, à la quelle Y. A. donnera , s'il lui plaît , la mesure et discrétion, en sorte que si le Père général des Barnabites ne pouvoit ouctroyer la dispense qu'on requiert, sa congrégation ne laissast pas pour cela d'estre introduitte dans ce collège, où en tous événemens ell' apportera un utilité incomparablement plus désirable que tout ce qui s'y est fait jusques à présent. J'en supplie donq en toute humilité V. A. S., que Dieu fasse à jamais prospérer selon l'extrême et continuel soubait,

Monseigneur,

Vostre très humble, et très obéissant servi-

François, Evoque de Genève.

167e LETTRE.

L'original appartient à madame la marquise de Gamerano , née de Tornon.

A MONSIEUR LE COMTE DE TORNON

Sur le duc de Nemours , et sur la réimpression de l'ouvrage de Y Introduction à la Vie Dévote.

3 août 1GI4.

Monsieur,

J'ay donné en main propre de Monseigneur le duc de Nemours les deux lettres que vous m'aviez adressées, comme je feray tousjours fort exactement tout ce qui sera de vos volontés et en mon pouvoir. Au demeurant je suis icy auprès de ce prince comme n'y estant point. D'autant que la multitude des affaires que cette levée d'armée luy donne, m'empesche de pouvoir si souvent jouir de l'honneur de sa présence, comme peut-estre je ferois en une autre sayson.

Laissant à part le vieil enseignement : Episcopum in coulis non in aulis invenire par est. Si vous venez assez tost pour le treuver icy, vous verrez que je ne brusle point mes ayslerons à ce flambeau. Je ne nie pas certes , que le favorable tesmoignage que vous rendez à ce pauvre petit livret de l'introduction , ne m'ayt grandement encouragé, et plus en vérité, que celuy de plusieurs grans personnages qui, sans me connoistre, me l'ont

beaucoup recommandé par lettres. Je le revoy maintenant, parce qu'on le réimprime en petit volume, et j'y trouve une infinité de fautes, partie de l'imprimeur, partie de lautlieur, que je corrige tendrement, ne voulant pas , s'il se peut , qu'on connoisse sensiblement autre changement que celuy de la correction de l'imprimeur.

Monsieur du Noyeret a esté grandement consolé d'avois sceu, selon vostre désir, la souvenance que vous avez eue de luy en mescrivant. Je suis après à desmeler le reste de son affaire dont je ne puis venir à chef, ayant deux rudes parties au conseil secret de sa grandeur.

Ces bonnes dames de la Visitation escrivent à madame ma cousine d'une petite ambition qui leur est venue, en la quelle pourtant elles regardent à la gloire de Nostre- Seigneur. Pour moy quant à présent, je n'en ay point de plus grande que d'estre fortement avoué de vous,

Monsieur et d'elle, Très humble, très affectionné serviteur, François , Evêque de Genève.

P. S. M. des Portes a vostre lettre et le contentement d'avoir plus heureusement terminé son affaire qu'il ne pensoit.

i68« LETTRE.

L'original appartient à madame la marquise de Camérano, née de Tornon.

A M. LE COMTE DE TORNON, COMMANDANT -GENERAL EN DE ÇA DES MONTS, EN LARSENCE DE SON EXC.

Sur le voyage que saint François fait dans le Valais , pour le sacre de Monseigneur de Syon.

Annessi, 28 norembre 1614.

Monsieur,

L'hors que monsieur de Charbennen fut icy, j'estois en un petit voyage que j'ay fait en Tharentayse pour la consécration de l'église que les capucins y ont dressée nouvellement, selon la recommandation que Monseigneur l'Archevêque [de ce lieu-là m'en avoit faicte à son départ. Et dans deux, jours je vay en Valey, où on doit sacrer Monseigneur de Syon, le second dimanche d' l'advent; ce sera un voyage un peu plus long et qui me tiendra hors de cette ville presque jusque aux festes. Cependant, les nouvelles de la paix se fortifieront, Dieu aydant, et madame ma cousine arrivera près de vous , qui me gardera de luy faire présentement réponse. J'ay apris par monsieur de Noyeret une partie de la négociation de Saint-Rambert , car il a jugé que vous désiriés que je la sceusse, puisque monsieur de Charbennen

avoit charge de me la communiquer. Si ce bon prince revient, je seray grandement trompé, car à ce que j'apprends, on le porte tousjours plus avant de delà, et il nie le signifie luy-mesme par une lettre qu'il m'a [fait la faveur de in escrire. Je prie Dieu qu'il vous comble de contentements, monsieur, et suis sans façons,

Votre très humble serviteur , François , Evêque de Genève.

L'original est conservé aux archives de la cour de Turin.

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