‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 3 sur 57 · A UN DE SES AMIS · texte numérisé non relu

A UN DE SES AMIS

Saint François se plaint de la conduite des syndics et des habitans de contre son chapitre.

Le 10 mars 1608.

Monsieur mon cher frère tant aimé ,

Depuis que je suis en cette charge d'évêque5 rien ne m'a tant affligé que les mouvemens indiscrets des sindics

et habitans de contre mon chapitre , contre le

quel ils plaident; tâchez de les accomoder aimablement, ils ne veulent subir ni sentence ni expédient, ils méprisent tous mes advis, et tesmoignent une passion furieuse contre les curés et les ecclésiastiques; je suis donc affligé si cette violence n'est réprimée, car elle croîtroit tous les jours; d'ailleurs, je suis affligé qu'on châtie ces mutineries , parce que les mutins sont mes diocésains et mes enfans spirituels; mais toutes choses bien considérées, il faut un peu d'affliction aux enfans, affin qu'ils se corrigent, quand on voit que les remontrances n'ont servi de rien; il vaut mieux que je pleure leurs tribulations temporelles , que s'ils se précipitoient dans l'éternelle. Je ne désire, sinon que mon église demeure dans ses droits et que ces gens demeurent dans leur devoir.

iuc LETTRE

Communiquée par M. le comle de Sales, ambassadeur de Sardaigne près la cour de France.

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